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n°767.Economie : Fitch confirme la notation « BB+ » du Maroc avec perspectives stables

14.05.2022 à 01 H 30 • Mis à jour le 14.05.2022 à 01 H 30
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L’agence Fitch Ratings confirme la notation « BB+ » du Maroc qui reflète une composition favorable de la dette, des réserves de liquidité raisonnablement confortables et un bilan de stabilité macroéconomique, reflété par une inflation et une volatilité du PIB relativement faibles avant la pandémie. Ces atouts sont contrebalancés par la faiblesse des indicateurs de développement et de gouvernance, une dette publique élevée et des déficits budgétaires et courants plus importants que ceux des pays comparables

Fitch Ratings a confirmé ce 13 mai la note de défaut des émetteurs en devises à long terme (IDR) du Maroc à « BB+ » avec une perspective stable.


Fondamentaux du crédit :L’agence Fitch Ratings confirme la notation « BB+ » du Maroc qui reflète une composition favorable de la dette, des réserves de liquidité raisonnablement confortables et un bilan de stabilité macroéconomique, reflété par une inflation et une volatilité du PIB relativement faibles avant la pandémie. Ces atouts sont contrebalancés par la faiblesse des indicateurs de développement et de gouvernance, une dette publique élevée et des déficits budgétaires et courants plus importants que ceux des pays comparables


Coup dur pour la reprise  : En 2021, la croissance du PIB a rebondi à 7,4 %, après s’être contractée de 6,4 % en 2020.


Fitch prévoit que la croissance ralentira à 1,1 % en 2022, en raison de la pire sécheresse depuis des décennies, entraînant une contraction de la production agricole, et un environnement international défavorable.


Fitch anticipe une reprise à 3 % en 2023 (pour se rapprocher de la médiane « BB » projetée à 3,5 %), reflétant l’amélioration des précipitations, la reprise du secteur du tourisme et les solides performances industrielles.


Fitch s’attend à ce que la politique budgétaire reste accommodante pour soutenir la reprise économique. Les répercussions du conflit en Ukraine et les perturbations prolongées des chaînes d’approvisionnement mondiales représentent les principaux risques à la baisse pour nos perspectives de croissance.


Détérioration des finances publiques : le déficit de l’administration centrale (CG) a diminué en 2021 à 5,3 % du PIB contre 7,5 % en 2020. Les recettes fiscales se sont redressées (en hausse de 9 % par rapport à 2020), en ligne avec une activité économique plus forte.


Fitch prévoit que les pressions sur les dépenses liées aux problèmes sociaux, combinées aux fluctuations des prix mondiaux des matières premières et à la sécheresse, pèseront sur les finances publiques en 2022. Pour atténuer l’impact de la hausse des prix, le gouvernement augmentera les dépenses consacrées aux subventions pour l’alimentation, le gaz butane et les transports. Les subventions devraient représenter 2,6 % du PIB en 2021, contre 1,1 % en 2021. Une partie de cela sera compensée par une augmentation des recettes de TVA, d’importation et d’impôt sur les sociétés en raison de la forte inflation.


Fitch s’attend à ce que le déficit budgétaire de la CG reste important à 6,6 % du PIB en 2022 et 6 % en 2023, dépassant la prévision médiane « BB » de 3,8 % en 2023.


Pression des dépenses du NMD  : Le nouveau modèle de développement (NMD) vise à augmenter les dépenses publiques de 4 % du PIB d’ici 2025 pour améliorer l’éducation et la santé et étendre les avantages sociaux. Cela comprend un système de protection sociale plus large qui augmenterait progressivement les dépenses annuelles à mesure que la couverture s’élargit, et de nouveaux personnels éducatifs et médicaux, ce qui représente une augmentation permanente des dépenses. Une partie du coût sera financée par une réduction des subventions, une compression progressive de la masse salariale ainsi que des recettes supplémentaires provenant de l’élargissement de l’assiette fiscale et d’une croissance plus forte. Néanmoins, Fitch estime que les dépenses actuelles resteront inférieures à l’objectif d’ici 2025, en raison de la lenteur de la mise en œuvre de la NMD.


Dette élevée, réduction des risques  : les déficits budgétaires importants et le ralentissement économique entraîneront une augmentation de la dette du CG en 2022 à 79 % du PIB et 81,6 % en 2023, contre 74,2 % en 2021.


Fitch prévoit que la dette du GG, qui comprend la sécurité sociale et les la dette des autorités augmentera en 2023 à 73 % (médiane « BB » 55 % du PIB), contre 69,8 % en 2020.


Fitch prévoit que la dette sera globalement stable à partir de 2023. Cependant, la flexibilité du financement budgétaire est étayée par l’accès à une large base d’investisseurs nationaux et un solide soutien des créanciers publics (71,5 % de la dette extérieure), contenant les risques de financement budgétaire. 77 % de la dette de CG était libellée en dirhams à fin 2021, limitant les risques de change.


Pressions sur le compte courant (CAD) gérables : Fitch prévoit que le CAD passera de 2,4 % en 2021 à 5,8 % du PIB en 2022, car la flambée des prix mondiaux des denrées alimentaires et de l’énergie et les perturbations des importations de blé dues à la guerre d’Ukraine pèseront sur la balance commerciale. Les exportations marocaines de phosphates compenseront en partie l’augmentation des importations, car les prix des engrais ont encore augmenté en raison d’une pénurie mondiale résultant des sanctions imposées à la Russie. Les recettes touristiques seront probablement plus élevées en 2022, mais inférieures au niveau d’avant la pandémie.


Fitch prévoit que le CAD se réduira à 3,7 % en 2023, à mesure que les prix des produits de base baissent et que les exportations continuent d’augmenter avec les revenus du tourisme.


Fitch anticipe que le stock de réserves de Bank Al-Maghrib (BAM) chutera en 2022 de 34,4 milliards de dollars fin 2021, mais restera au-dessus de cinq mois de paiements extérieurs actuels.


Pressions inflationnistes  : En 2021, l’inflation a été en moyenne de 1,4 %. Au 1er trimestre 2022, l’inflation s’est accélérée à 4 % en glissement annuel en moyenne, reflétant la hausse des prix de l’alimentation, de l’énergie et des transports.


Fitch prévoit une inflation moyenne de 4,7 % en 2022, avant de redescendre à 2,0 % en 2023, mais nos prévisions comportent des risques à la hausse. En mars, BAM a décidé de maintenir son taux directeur à 1,5 % pour soutenir l’économie et atténuer les effets de l’environnement international défavorable. Si les pressions inflationnistes persistent, BAM pourrait resserrer sa politique monétaire en 2022.


Choc des prix des matières premières : le Maroc demeure vulnérable aux matières premières et aux mouvements de prix à l’international.


Le Maroc importe 90 % de ses besoins énergétiques, et depuis que l’Algérie a fermé l’accès au gazoduc GME, le pays dépendra davantage du charbon ou des produits pétroliers pour la production d’électricité. Les importations d’énergie ont représenté en moyenne 6,3 % du PIB par an sur la période 2017-2021.


Fitch prévoit une facture énergétique plus élevée en 2022. De plus, le conflit a perturbé l’approvisionnement en blé à l’échelle mondiale. L’Ukraine et la Russie ont fourni environ 20 % des importations céréalières du Maroc. Face à une baisse de la production nationale, le Maroc devra chercher de nouveaux fournisseurs à un coût plus élevé, ce qui exercera une pression sur la balance commerciale.


Défis politiques et stabilité  : Les tensions sociales ont conduit à des manifestations récurrentes dans plusieurs provinces dans un contexte de chômage toujours élevé (12,1 % au 1er trimestre 2022). Les tensions pourraient persister dans un contexte d’inflation élevée et de pressions sur les ressources du pays dues à la sécheresse et à la guerre en Ukraine. Néanmoins, les troubles sociaux sont restés relativement contenus et n’ont pas compromis la stabilité politique.


ESG –  Gouvernance  : Le Maroc a un score de pertinence ESG (RS) de ‘5’  tant pour la stabilité politique et les droits que pour l’état de droit, la qualité institutionnelle et réglementaire et le contrôle de la corruption. Ces scores reflètent le poids élevé que les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale (WBGI) ont dans notre modèle exclusif de notation souveraine. Le Maroc a un classement WBGI moyen à 43,5 reflétant un historique de transitions politiques pacifiques, un niveau modéré de droits de participation au processus politique, une capacité institutionnelle modérée, un état de droit établi et un niveau modéré de corruption.


Sensibilités de la notation

Facteurs qui pourraient, individuellement ou collectivement, conduire à une action/déclassement de notation négative :


– Finances publiques  : une tendance persistante à la hausse de la dette publique/PIB au-delà de nos prévisions actuelles, reflétant d’importants déficits budgétaires ou la matérialisation de passifs conditionnels dans le bilan de l’État.


–  Macro  : Perspectives de croissance plus faibles ou volatilité du PIB plus enracinée, parallèlement à un affaiblissement du cadre politique. Cela pourrait entraîner la suppression de l’ajustement de l’encoche de superposition qualitative +1 sur macro.


– Finances extérieures  : Une détérioration de la résilience extérieure, par exemple à la suite d’une baisse importante des réserves internationales ou de déficits courants persistants entraînant une forte augmentation de la dette extérieure nette/PIB.


–  Structurels  : Evolution défavorable de la sécurité ou instabilité sociale affectant les performances macroéconomiques ou entraînant d’importants dérapages budgétaires.


Facteurs qui pourraient, individuellement ou collectivement, conduire à une action/amélioration positive de la notation :


–  Finances publiques : Une baisse importante et durable de la dette publique/PIB à moyen terme, soutenue par un resserrement du déficit public.


– Finances extérieures : Réduction durable du déficit du compte courant qui inverse la récente tendance à la hausse de la dette extérieure nette/PIB.


– Macro : Des perspectives de croissance à moyen terme plus solides soutenues par des réformes économiques et une diversification économique permettant des taux de croissance du PIB moins volatils.

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