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n°835.Mondial 2022 : Ce qui a fait perdre le Maroc face à la France

16.12.2022 à 02 H 07 • Mis à jour le 16.12.2022 à 02 H 07 • Temps de lecture : 4 minutes
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Pourquoi Walid Regragui aurait dû croire jusqu’au bout en son 4-1-4-1 et ne pas changer de système contre la France

Le Maroc s’est incliné, mercredi, en demi-finale de la Coupe du monde face à la France, championne du monde en titre. Les Bleus n’auront pas brillé, et les Lions pas démérité. Mais, à ce stade de la compétition, la différence de qualité intrinsèque des joueurs d’un côté et la propension à commettre des erreurs de l’autre sont décisives et décident carrément du score du match.

 

Mais il y a d’autres facteurs qui ont affecté la performance du Maroc ce mercredi. Alors que le sélectionneur marocain Walid Regragui a employé un 4-1-4-1 durant toute la compétition, il a décidé contre la France de passer en 5-4-1. Nayef Aguerd, pourtant incertain, était annoncé titulaire, mais a été remplacé à la dernière seconde avant le coup d’envoi par Jawad El-Yamiq. Romain Saïss, dont la participation était également improbable, a été fixé au centre de la défense, Achraf Dari occupant sa droite.

 

« J’ai pensé qu’il était mieux de jouer avec une ligne de trois pour ne pas leur laisser d’espaces, puis avec nos latéraux, nous voulions forcer leurs ailiers, Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé à se replier pour défendre », a expliqué le sélectionneur en conférence de presse après la rencontre. Sur le papier, l’idée n’est pas si mauvaise, mais sur la pelouse, les lacunes du Maroc étaient flagrantes. « On apprend de ses erreurs et c’est le cas pour moi. Je ne regrette pas. Romain [Saïss] a dû sortir et c’était difficile. Nous avions décidé de débuter avec une ligne de cinq derrière pour qu’il ait pas à trop courir », a-t-il reconnu par la suite.

 

En abandonnant leur 4-1-4-1 étanche tout au long de la compétition, les Marocains ont semblé désorientés sur le terrain. Amrabat n’occupant plus ce poste de sentinelle devant la défense, les joueurs autour de lui ont perdu leurs repères sur le terrain. Les automatismes de pressing et de déplacement sans le ballon, qui ont fait toute la force des Lions, avaient été disruptés.

 

Un bloc défensif désorienté

Dès les premières minutes du match, il était clair que le Maroc jouait un cran plus bas que d’habitude. Cela offrait aux défenseurs centraux français d’avancer très haut sur le terrain pour lancer des passes qui casseraient les lignes marocaines. Justement, le 5-4-1 choisi par Regragui a fait perdre une ligne de pression aux Marocains. Habituellement, la ligne de 4 du milieu de terrain (Ziyech, Ounahi, Amallah, Boufal) évolue quelques mètres devant Amrabat. Mercredi, celui-ci étant placé au même niveau que ses coéquipiers du milieu de terrain, c’est tout le bloc marocain qui était contraint de jouer à reculons.


Dès les premières minutes de la partie, on peut clairement observer une confusion auprès des joueurs marocains. Ici, Azzedine Ounahi donne des consignes à Jawad El-Yamiq pour se replacer sur la même ligne que Romain Saïss et Achraf Dari et ainsi ne pas empiéter sur sa zone d'action. Le Desk

 

L’action du premier but français est assez symptomatique de ce défaut. En principe, Raphaël Varane n’est pas censé se trouver le temps et l’espace pour passer le ballon verticalement à Griezmann. Comme observé contre l’Espagne, le Portugal ou la Belgique, un milieu central marocain, en l’occurrence Selim Amallah, aurait réduit son angle de passe. Ce n’était pas le cas contre la France.


Sur le premier but français, Raphaël Varane est capable d'avancer sur plusieurs dizaines de mètres balle au pied et trouve l'angle de passe pour joindre Antoine Griezmann. La raison ? En abandonnant le 4-1-4-1, le Maroc perd une ligne de pression et joue plus bas qu'à son habitude. Le Desk

 

Avec la sortie de Romain Saïss, le Maroc a retrouvé sa configuration habituelle et la situation s’est immédiatement stabilisée. Sur les relances françaises, Ounahi et Amallah étaient tout de suite sollicités pour presser les défenseurs centraux français, particulièrement Raphaël Varane, ce qui a permis de réduire la capacité de nuisance des Bleus dans son jeu vertical.


Après la sortie de Saïss, le Maroc retrouve son 4-1-4-1 habituel. Le bloc monte d'un cran et les milieux centraux marocains peuvent harceler de nouveau la première rampe de lancement adverse, une stratégie qui lui a permis d'annihiler la Belgique, l'Espagne et le Portugal et d'atteindre ce stade de la compétition. Le Desk

 

En définitive, Walid Regragui a parié et il a perdu. Le Maroc a dominé la possession de balle (61 %) soit le double de sa moyenne depuis le début du tournoi. Malgré cela, les Lions ont pratiqué un football plaisant et ont même réussi à se procurer certaines occasions intéressantes, grâce notamment aux combinaisons entre Ziyech, Ounahi et Hakimi sur le flanc droit. Ce n’était pas assez pour inquiéter réellement l’adversaire, qui peut remercier son capitaine et gardien de but, Hugo Lloris, d’avoir miraculeusement annulé ce qui aurait pu être le but de la compétition - et de l’année - sur le retourné acrobatique de Jawad El-Yamiq.


Lire aussi notre éditorial : La marche était trop haute

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