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n°942.Que nous a réservé cette équipe du Maroc en phase de poules de la CAN 2023 ?

27.01.2024 à 01 H 01 • Mis à jour le 27.01.2024 à 02 H 40 • Temps de lecture : 4 minutes
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Sérieuse et appliquée dans le jeu, mais friable physiquement et inefficace devant, l’équipe nationale a pu compter sur ses valeurs sûres et moins sur ses remplaçants. Tour d’horizon des trois premiers matchs des Lions de l'Atlas qui les ont propulsés premiers de leur groupe malgré tout

Sept points en trois matchs de poule (comme lors du Mondial 2022 au Qatar). Une moyenne de 65 % de possession de balle. Une large revue d’effectif. Pas de blessés notables. Aucun suspendu pour la phase à élimination directe à venir. Cette première phase de Coupe d’Afrique des Nations en Côte d’Ivoire s’est apparentée à une longue course tranquille pour Hoalid Regragui et son staff, qui n’avaient que deux mots à la bouche en début de compétition : humilité et gestion. Un leitmotiv semble-t-il respecté à la lettre, tant sur les trois matchs contre la Tanzanie, la RD Congo et la Zambie, l’équipe du Maroc ne s’est jamais départie de son sérieux et du respect de ses adversaires, même quand ils semblaient à priori plus faibles (Tanzanie), plus coriaces (RD Congo) ou simplement plus accrocheurs qu’attendu (Zambie).


La gestion, qu’elle soit physique, mais aussi des temps forts et des temps faibles des matchs a été un facteur-clé de succès, les conditions de jeu extrêmes pouvant considérablement éprouver les organismes, notamment ce match à 40° degrés de chaleur et 75 % d’humidité face à au Congo que le Maroc a su ne pas perdre à défaut de pouvoir le gagner.


Est-ce à dire que tout a été parfait lors de ce premier tour ? Que les joueurs, titulaires et remplaçants, ont tous donné satisfaction ? Que la préparation physique a été optimale ?

Que les systèmes de jeu, et partant, l’évolution de l’animation au fil des matchs, ont été idoines ?


Des secondes mi-temps difficiles

Loin s’en faut. Hormis le premier match contre la Tanzanie que le Maroc s’est facilité en provoquant le carton rouge de Miroshi à la 70ème minute, l’équipe nationale a connu des secondes mi-temps difficiles, tant face à la RD Congo que la Zambie, même si ces derniers manquaient cruellement de talent pour cadrer leurs frappes et inquiéter le gardien Bonou.


La faute à une décrue physique flagrante, sur laquelle le sélectionneur congolais Sébastien Desabre a tôt fait de surfer en intégrant des « coureurs » selon ses dires, pour frapper là où ça fait mal.


Même scénario face à la Zambie. Un début de match maîtrisé, une ouverture du score, une gestion des évènements jusqu’à la mi-temps, puis patatras  les efforts deviennent plus difficiles à faire, les replacements défensifs plus aléatoires (le nombre de ballons importants dans le dos de la paire Aguerd-Abdelhamid face à la Zambie) et même l’animation offensive manque de lucidité dans le dernier geste. On ne marque ni contre le RD Congo ni contre la Zambie dans le second acte, pire, on subit et faisons le dos rond, en attendant la fin du match.


Et pourtant, les alternatives n’ont pas manqué : à chaque fois, Hoalid Regragui a procédé aux changements nécessaires, parfois en retard (notamment face au Congo où le premier n’intervient qu’à la 65ème minute), et souvent du poste pour poste tant le système de jeu reste immuable (4-1-4-1), et donc prévisible par nos adversaires.


Se pose alors la question cruciale de la qualité du banc. Est-il au niveau des titulaires ? Les paris du coach ont-ils été gagnants ?


Au regard de la perte de qualité et de maîtrise des matchs à partir de la 55’-60’ minute, la réponse est assurément non.


Si Yunis Abdelhamid a parfaitement suppléé Romain Saiss laissé au repos face à la Zambie pour risque de suspension et que Attiat-Allah a retrouvé avec bonheur son poste de titulaire au poste de latéral gauche, c’est surtout au milieu et devant que ça flanche une fois les changements opérés.


La révélation Richardson

Ni le talentueux Bilal El Khannous, et moins encore Amine Harit ne semblent pour le moment au niveau de cette compétition africaine. Des difficultés de placement, des pertes de balles dans des zones parfois dangereuses (surtout Amine Harit), aucun poids dans l’animation offensive, les seules satisfactions dans cette partie de terrain sont venues de Ismail Saibari, et surtout d’Amir Richardson. Ce dernier est, pour le moment, la révélation marocaine de ce premier tour : jeune mais entreprenant, novice mais mature tactiquement, son entrée face à la Zambie a stabilisé notre milieu défensif, par son abattage et sa justesse technique. Il est une parfaite alternative à notre système à une sentinelle face à la défense, quand dorénavant Regragui pourra le titulariser dans une animation à double pivot face à de gros calibres, costauds au milieu.


Devant, Adli, remuant et au geste souvent juste, et El Kaabi qui possède les mêmes qualités d’abnégation et de repli défensif qu’En-Nesyri, ont plutôt bien fait le job quand des minutes leur ont été accordées.


L’inconnue reste véritablement El Zelzouli, doublure de Boufal, certes doté d’une technique certaine, mais plombé par sa capacité à faire les bons choix une fois débarrassé de son vis-à-vis en un-contre-un.


Avec En-Nesyri, il reste le gros point d’interrogation d’une équipe nationale qui aura de moins en moins d’espaces et de situations pour tuer les matchs au fil de la compétition, et qui devra régler ce problème chronique de finition si elle ambitionne d’aller au bout.


Fort heureusement, les valeurs sûres de ce groupe sont au rendez-vous de cette grand-messe : Bonou, Aguerd, Hakimi, Amrabat, Ounahi et Ziyech sont présents et bien présents dans la compétition, pour le plaisir de nos yeux et ceux de Hoalid Regragui, tout heureux de voir que sa sélection tient jusqu’à présent son rang. Ce qui n’a pas été le cas de tous les favoris identifiés.

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