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Maghreb
Abdelaziz Bouteflika rentre en Algérie sans calmer la colère

10.03.2019 à 16 H 44 • Mis à jour le 11.03.2019 à 01 H 47
Par Reuters

Le président Abdelaziz Bouteflika est rentré dimanche en Algérie après avoir passé deux semaines dans un hôpital de Genève, sans calmer pour autant la colère de ses compatriotes contre sa candidature à un cinquième mandat consécutif lors de la présidentielle du 18 avril.


Agé de 82 ans, le président ne s’est pas exprimé en public depuis son accident vasculaire cérébral de 2013 et son retour annoncé ne semble pas devoir affecter la détermination des protestataires.


Le jet Gulfstream du gouvernement algérien en provenance de Genève, où Abdelaziz Bouteflika était hospitalisé depuis le 24 février pour des « examens médicaux », s’est posé vers 16h30 GMT sur l’aéroport militaire de Boufarik, au sud-ouest d’Alger, a rapporté la chaîne Ennahar.


« Bouteflika est le bienvenu s’il rentre au pays, mais nous ne voulons plus de lui à la présidence », avait déclaré plus tôt dans la journée Aziz, un étudiant qui manifestait dimanche, comme des centaines de milliers de ses compatriotes depuis deux semaines.


Alors que les Algériens restent mobilisés pour dire « non à un cinquième mandat », le chef d’état-major de l’armée, le général Gaïd Salah, a assuré dimanche que l’armée et le peuple avaient « la même vision de l’avenir », selon des propos rapportés par la télévision d’Etat. Il n’a pas mentionné explicitement les manifestations contre le chef de l’Etat.


« Le système Bouteflika est terminé », a commenté dimanche un éditorialiste d’Ennahar, une chaîne privée réputée proche du premier cercle du pouvoir, en constatant le ralliement aux protestataires de plusieurs alliés du président.


La décision du Front de libération nationale (FLN) au pouvoir de présenter la candidature du chef de l’Etat à un cinquième mandat donne lieu depuis deux semaines à des manifestations sans précédent depuis l’interruption des législatives de 1991, dont le premier tour avait été remporté haut la main par le Front islamique du Salut.


Dimanche, des milliers de personnes défilaient à nouveau dans les rues d’Alger, dont la plupart des magasins étaient restés fermés, tandis que les transports publics étaient suspendus.


« Nous voulons qu’une nouvelle génération gouverne et offre un meilleur avenir à nos enfants », a déclaré Ahmed, un retraité de 63 ans.

Par Reuters
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