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Gestion locale
Conseil communal de Rabat: le projet du budget 2024 ne passe pas, Asmaa Rhlalou face au mur

20.10.2023 à 13 H 31 • Mis à jour le 20.10.2023 à 13 H 31 • Temps de lecture : 3 minutes
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Comme prévu, le projet du budget de la commune de Rabat s'est heurté à une forte résistance, tant des conseillers de l'opposition que ceux de la majorité. Lors de la séance de vote, seules 5 mains ont été levées en faveur du projet du budget au titre de l'année 2024, contre 62 qui ont voté contre et une abstention, apprend-on de Driss Errazi, membre du Conseil communal et président du Conseil de l'arrondissement de Hassan à Rabat.


Résultat : la commune de Rabat ne dispose pour le moment pas de budget pour financer les différents projets de la ville lumière. « Cela compliquera davantage la tâche de la présidente du Conseil communale, devenue persona non grata pour ses paires », indique ce conseiller communal.


Cette troisième session d'octobre, qui se tient ce vendredi 20, indépendamment du quorum, suite à l'incapacité de la présidente du Conseil communal, Asmaa Rhlalou, d'assurer le quorum lors des deux sessions précédentes, a connu l'absence de cette dernière.


D'après une source proche de Rhlalou, celle-ci « a été victime d'un accident, dans la matinée de ce vendredi, alors qu'elle se rendait au siège de la commune de Rabat pour présider la troisième session ordinaire d'octobre ». Elle a été transportée vers une clinique privée de la capitale pour « y recevoir les soins médicaux ».


Les présidents des groupes des partis politiques de la majorité au sein du Conseil communal se réuniront cet après-midi, juste après la fin des travaux de cette troisième session, pour « discuter des actions à prendre pour pousser Rhlalou à la porte », indique Errazi. Et de poursuivre : « Rhlalou devra programmer une session extraordinaire pour discuter du projet de budget, et nous nous maintenons en notre position. On ne votera pas en faveur du budget 2024 tant que Rhlalou est aux commandes du conseil communal ».


Il est à noter que le conseil communal de Rabat est actuellement le théâtre d'une lutte de pouvoir entre sa présidente, Asmaa Rhlalou, du parti du Rassemblement National des Indépendants (RNI), et les membres provenant aussi bien de la majorité que de l'opposition.


Composée des membres du RNI, du Parti de l'Authenticité et Modernité (PAM) et du Parti Istiqlal, la majorité a répudié la présidente du Conseil, évoquant des « décisions unilatérales  », et un « déficit de coordination et de communication  ». Face à une telle avalanche de récriminations, Rhlalou est devenue « persona non grata ».


Dans ce contexte empreint d'animosité grandissante et manifestement improductif, les secrétaires généraux des partis de la majorité ont tenté de concilier les différentes factions, sans succès. La dernière entrevue, datant du mardi 26 septembre, réunissait Aziz Akhannouch, président du RNI, et Rhlalou, en compagnie de quelques figures emblématiques du parti.


Au cours de cette réunion, le leader du parti de la Colombe a plaidé en faveur de l'éviction de la présidente, elle-même membre de son Bureau politique, une initiative qui a été loin de ravir cette dernière, résolue à honorer l'intégralité de son mandat.


Aussi, les présidents de ces groupes de la majorité se sont réunis en urgence, le 6 octobre dernier, pour « discuter de la situation actuelle de la gestion du conseil ». Ils ont étudié de près les «  irrégularités et dysfonctionnements » qu'ils attribuent à une gestion « défaillante » de la présidente. Ils critiquent son approche qu'ils jugent « impulsive et arbitraire », et l'accusent de prendre des décisions sans considération pour les intérêts des résidents de la capitale.


L'unique solution pour lever ce blocage semble être la démission de Rhlalou, autrement, il faudra patienter jusqu'à la fin de sa mi-mandat, dans presque un an, pour que les conseillers exigent son départ conformément aux règlements en vigueur. Ainsi, le risque d'une paralysie totale du Conseil communal s'intensifie, mettant par conséquent les différents projets majeurs de la ville en attente.

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