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Scandale
Aziz Rabbah défie la justice et la presse en toute impunité

13.05.2018 à 15 H 24 • Mis à jour le 14.05.2018 à 12 H 44
Par Kenza Filali
Alors que le ministre de l’Energie et des mines se fait mousser dans les salons, bombant le torse après chaque réunion présidée par le roi à laquelle il participe, il refuse la notification par huissier qui lui a été adressée dans le cadre de l’affaire de la carrière illicite près de Rabat et traite les journalistes qui enquêtent sur ses turpitudes de « pauvres hères »

Brutus des islamistes, Rabbah est le prototype du ministre qui, arrivé à ses fins, piétine les institutions et hausse les épaules lorsque la presse fait état de ses turpitudes.


En 2012, sitôt catapulté ministre de l’Equipement et des Transports, il avait fait sensation en rendant publique la liste des bénéficiaires des agréments. Une initiative qui s’est révélée populiste puisqu’elle n’a été suivie d’aucune mesure concrète et institutionnalisée.


Lors des dernières législatives, il avait attaqué ses adversaires en les taxant de menteurs, de corrompus, cherchant à profiter des rentes de situation. Après une de ses sorties pour les partielles de Larache, il avait provoqué la colère du ministère de l’Intérieur qui avait promis une enquête sur ses propos diffamatoires dont on n’  entendra plus parler.


Aujourd’hui, en privé, il se complait d’être dans les petits papiers du Palais se moussant à propos des réunions de travail auxquelles il assiste sous la présidence du roi.


Il y a un peu plus d’un mois, il ne faisait pas cas du protocole et des usages que son rang de ministre l’oblige lorsqu’il s’est rendu en catimini à Londres comme le montre cette vidéo de Maghreb Intelligence pour assister à une réunion dans une mosquée salafiste de Regent Park sans même aviser l’ambassade de sa présence dans la capitale britannique.



Mais, c’est dans l’affaire de la carrière illicite exploitée par la société SOMIVAM à Ezzhiliga, non loin de Rabat, révélée par Le Desk, que le ministre PJD va démontrer à quel point il se refuse à admettre que son département, sinon lui-même, couvre l’exploitation d’une carrière d’argile totalement hors-la-loi, au motif de prospecter une mine de micaschiste.


Alors que le dossier prenait une tournure judiciaire et que le ministre refusait les convocations de la justice, celui-ci répondait à un journaliste qui le questionnait via WhatsApp que ceux qui enquêtent sur l’affaire n’étaient que de « pauvres hères » (massakine).



L’enquête publique en cours à Ezzhiliga dédiée à cette affaire a déjà recueilli plus de 100 signatures s’opposant formellement à l’exploitation de la société SOMIVAM. Une situation qui pourrait déboucher selon des sources locales à un nouveau petit Hirak si Aziz Rabbah continue de la traiter par dessus la jambe.

Par Kenza Filali