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Polisario
Brahim Ghali sort de son mutisme mais refuse de répondre aux questions qui fâchent

03.04.2022 à 11 H 17 • Mis à jour le 03.04.2022 à 13 H 54
Par Hind El Grari
Dans une interview accordée au quotidien madrilène El Mundo, le chef du Front Polisario s'est exprimé pour la première fois depuis que l'Espagne a annoncé soutenir le plan d'autonomie marocain sur le Sahara

Dans une interview accordée à El Mundo, parue ce dimanche dans Crónica, le supplément du quotidien madrilène, le chef du Front Polisario s’est exprimé pour la première fois depuis que l’Espagne a annoncé soutenir le plan d’autonomie marocain sur le Sahara occidental.


À propos de Madrid, Ghali a déclaré qu’  « ils nous ont abandonné à notre sort en 1975 et 47 ans plus tard ils répètent la même chose. Malgré tout, le peuple sahraoui a résisté et continuera de résister jusqu’à ce qu’il impose ses droits légitimes à l’autodétermination et à l’indépendance », clame-t-il, reprenant ainsi les termes déjà utilisés par des sources algériennes dans la presse au lendemain du revirement de l’Espagne sur le dossier du Sahara occidental.


Concernant son hospitalisation à l’hôpital Logrono, vivement critiquée par Rabat et au cœur de la brouille avec l’Espagne qui aura duré plus d’un an, il affirme que ce n’est pas à lui « de répondre à cette question. Une question purement humanitaire qui se mêle aux relations bilatérales entre deux pays », botte-t-il en touche, malgré les relances du média espagnol.


Autre question posée, celle portant sur le fait s’il serait soit prêt à éventuellement présider une « sorte de communauté autonome du Sahara marocain ». Ce à quoi le leader séparatiste a répondu qu’  « en premier lieu, il n’y a pas de Sahara marocain, il n’y a que le Sahara occidental dans le cadre de la légalité internationale. Cette variante ne me vient pas à l’esprit car je suis le président de la RASD, État membre fondateur de l’Union africaine et reconnu par plus de 80 pays », évacuant ainsi tout débat sur la question, alors que la plupart des grandes puissances, Washington en tête, estiment que l’option proposée par Rabat depuis 2007 est la plus réaliste. 


La sortie médiatique de Ghali intervient quelques jours avant la prochaine réunion du Conseil de sécurité prévue le 20 avril durant laquelle l’examen de la mission onusienne au Sahara (Minurso) sera fait par l’instance exécutive de l’ONU. Son représentant spécial, Alexander Ivanko fera le point sur la situation sur le terrain, et l’envoyé personnel d’Antonio Guterres, Staffan de Mistura, exposera les conclusions de sa première tournée régionale. Déjà, les positions entre le Front et Rabat sont plus que jamais irréconciliables.


Preuve de la fébrilité de Ghali a répondre aux questions qui fâchent :  sur les 22 questions qui lui ont été posées par El Mundo,  trois d’entre elles sont restées sans réponse. La première porte sur des déclarations du chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita. « En mai de l’année dernière, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est demandé si l’Espagne était prête à sacrifier sa relation bilatérale pour vous, avec ce geste qu’elle a eu en vous hospitalisant pour vous soigner du Covid. Selon vous, que s’est-il passé pour que la position marocaine ait fait changer d’avis Sánchez ? », demande-t-on. Aucune réponse ne sera fournie par le chef des irrédentistes de Tindouf, dont l’entourage a d’ailleurs préféré répondre par mail aux questions manifestement dérangeantes du média espagnol. 


La seconde question sans réponse de la part de Ghali concerne également une déclaration faite par Bourita : « Nasser Bourita vous a décrit, et ce sont des mots littéraux, comme « un violeur qui a toléré l’esclavage, la torture, les crimes de guerre, les enfants soldats et le génocide, et l’Espagne le sait avant tout le monde ». Qu’avez-vous à répondre à ces accusations ? », a interrogé le quotidien, sans pour autant trouver réponse aux accusations formulées par Rabat et faisant écho au procès tenu en Espagne contre le dirigeant du Front Polisario.


Enfin, la dernière question demeurée suspendue porte sur la réaction du Polisario face à la nouvelle position de l’Espagne :  « Ce changement de position du gouvernement espagnol pourrait-il amener les Sahraouis du Front Polisario à envisager à nouveau d’agir contre les intérêts espagnols, comme cela s’est produit dans les années 70 avec des enlèvements ou des mitraillages de bateaux ? », souligne-t-on.


Par ailleurs, à travers Abdullah Arabi, son délégué en Espagne, le Polisario avait déjà affirmé que les relations avec Madrid « allaient rester les mêmes ».

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