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Politique
La missive au ton acéré de Karim Tazi à Abdelilah Benkirane

15.12.2018 à 16 H 45 • Mis à jour le 15.12.2018 à 16 H 45
Par Issam El Yadari

Dans une lettre ouverte publiée sur le site Al3omq dont il est réputé proche, l’homme d’affaires Karim Tazi tutoie l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, pour lui demander des « ruptures vertueuses » incombant à tout un chacun, tout en critiquant le bilan du PJD, depuis le début de son premier mandat, en 2011.


Pour cette période, le businessman connu pour sa proximité avec la gauche, en particulier le PSU, affirme que le PJD « a choisi de ne même pas tenter de livrer bataille, invoquant tantôt l’existence de « crocodiles et de démons », tant le choix stratégique d’une politique de préservation de la stabilité du pays », peut-on lire.


Karim Tazi y dresse un constat amer de l’expérience du parti islamiste qui dirige la coalition gouvernementale : « celui de la dérobade historique des gouvernements PJD devant les batailles les plus cruciales, dérobade qui nous a valu de perdre les acquis du mouvement du 20 février, du discours du 9 mars et de l’adoption de la nouvelle Constitution », écrit celui qui a apporté publiquement un soutien moral et financier au mouvement contestataire au plus fort des Printemps arabes.


La lettre envoyée à l’ancien secrétaire général du PJD fait suite à une communication téléphonique reçue de Benkirane lui reprochant des déclarations données à la presse qu’il a jugées peu amènes à l’endroit de son bilan et celui de sa formation politique.


D’abord mis « sur le compte de l’aigreur d’un homme qui ne supporte pas d’avoir été écarté d’un pouvoir auquel il avait pris goût », Tazi, corrige son appréciation sur l’appel du leader déchu en admettant que « c’était de ma part une interprétation injuste et qu’il y avait également l’amertume légitime d’un homme qui a sincèrement servi son pays et qui a le sentiment de faire face à une immense ingratitude ». Il finit par conclure « nous pouvons avoir nos désaccords, nos franches disputes, et nos fâcheries plus ou moins entretenues dans le temps », et que « si tout cela se fait dans l’intelligence et la sérénité, nous construirons tous ensemble notre démocratie », écrit-il.

Par Issam El Yadari