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Département d'Etat US
Le cannabis équivaut potentiellement à 23% du PIB marocain

05.03.2017 à 22 H 01 • Mis à jour le 05.03.2017 à 22 H 06
Par Issam El Yadari
La production totale de cannabis au Maroc pour la campagne d'exploitation 2015-2016 était estimée à 700 tonnes métriques, ce qui équivaut potentiellement à 23% du PIB du Maroc (100 milliards de dollars), une fois transformée en haschisch, estime un rapport du Département d'Etat américain, soit 23 milliards de dollars

Le Département d’Etat américain vient de publier son rapport annuel sur l’état mondial du trafic de drogue et de substances illicites pour 2017. Selon le document (INCSR 2017) le Maroc se maintient comme premier producteur et exportateur mondial de cannabis.


Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la production totale de cannabis au Maroc pour la campagne d’exploitation 2015-2016 était estimée à 700 tonnes métrique, ce qui équivaut potentiellement à 23 % du PIB du Maroc (100 milliards de dollars), une fois transformée en haschisch, estime le rapport, soit 23 milliards de dollars.



Le document relève que les représentants du gouvernement marocain ont déclaré que le Maroc devenait une voie de transit pour la cocaïne originaire d’Amérique du Sud vers l’Europe. Les mules d’origine principalement ouest-africaine sont arrêtées chaque semaine à l’aéroport international de Casablanca avec des kilos de cocaïne dissimulés à l’intérieur de leurs bagages ou ingérés.


Saisies record de cocaïne sud-américaine

À la fin de 2016, les autorités marocaines ont réalisé deux saisies de cocaïne record, dont une saisie de 250 kilos impliquant l’arrestation de deux « cuisiniers » péruviens dans un laboratoire de conversion de cocaïne à Oujda et une saisie d’environ 1 230 kg d’un navire à Dakhla. Il s’agissait des deux plus grandes saisies de cocaïne jamais enregistrées au Maroc, poursuit le rapport.


Le 15 novembre 2016 au siège du BCIJ à Salé. Plus d'une tonne de cocaïne pure a été saisie dans la plus grande opération anti-drogue qu'a connue le Maroc. MOHAMED DRISSI KAMILI / LE DESK


Le hachisch est la drogue illicite la plus répandue au Maroc. Les autorités marocaines citent le « karkoubi », nom générique de plusieurs benzodiazépines toxicomanes, comme deuxième médicament le plus couramment utilisé.


Lire aussi : La production de cannabis au Maroc est-elle sous-estimée ?



Le gouvernement marocain a affirmé que ces psychotropes pénètrent dans le pays principalement en provenance d’Algérie, et ont été liés à un certain nombre de crimes violents commis par la plupart des jeunes hommes sous leurs effets hallucinogènes et agressifs.


Environ 25 % de tous les détenus marocains (environ 19 000) sont incarcérés pour des accusations de stupéfiants, souligne le rapport. Il existe un marché intérieur à la fois pour la cocaïne et l’héroïne, bien que relativement faible en raison du prix élevé de ces médicaments, explique-t-il. Le Maroc met à jour son code de procédure pénale pour permettre aux services chargés de l’application de la loi de mener des opérations d’infiltration et d’autres techniques qui ne sont pas actuellement autorisées.


Le gouvernement reconnait ses limites

La nouvelle loi devrait entrer en vigueur au printemps 2017. Le gouvernement marocain reconnaît ses limites actuelles et travaille dans le cadre existant avec ses partenaires américains et européens. En raison des rivalités entre les services chargés de l’application de la loi marocaines et des mandats de contrôle des drogues qui se chevauchent, certains commentateurs marocains de la société civile ont préconisé la création d’un organisme voué à la lutte contre le trafic de drogue.



En février 2017, la DEA a ouvert son premier bureau régional sur le continent africain à Rabat au Maroc, rappelle le bureau du Département d’Etat en charge du narco-trafic. Il n’existe pas de traité d’extradition entre les États-Unis et le Maroc, précise-t-il. L’entraide judiciaire entre les États-Unis et le Maroc est régie par un accord bilatéral qui est entré en vigueur en 1993. Les deux pays sont parties à des conventions multilatérales qui prévoient une coopération en matière pénale.

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