S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk

Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
En off

Performance
Non-réduction des accidents de la route: le PPS veut une mission parlementaire pour la NARSA

13.12.2023 à 15 H 45 • Mis à jour le 13.12.2023 à 16 H 01 • Temps de lecture : 4 minutes
Par Lina Ibriz

La performance de l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) pourrait bientôt passer sous la loupe d’une commission parlementaire. Ce 12 décembre, le président du groupe du parti du Progrès et du socialisme (PPS) à la Chambre des représentants, Rachid Hammouni, a soumis une demande au président de la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement pour la mise en place d’une mission exploratoire temporaire chargée de s’enquérir de la performance de l’Agence.


Cette mission, détaille la fiche technique jointe à la demande, a comme objectif d’évaluer la performance de la NARSA, notamment en matière de sécurité routière et de prévention des accidents de la route. A cet égard, la mission passera en revue le bilan de l’agence en matière de réduction des accidents routiers, les efforts fournis et les partenariats conclus dans ce cadre et examinera l’impact des actions qu’elle mène dans ce sens. Il sera également question d’examiner l’efficacité des procédures, mesures et approches adoptées par l’agence dans le cadre du contrôle technique, ainsi que le développement et l’adéquation des mécanismes du contrôle automatique des infractions.


La volonté du groupe du PPS de s’enquérir de la performance de l’agence que dirige Benacer Boulaajoul s’expliquerait par l’insuffisance constatée en matière de réduction des accidents de la route, mais également par l’ambiguïté qui entoure certains aspects de l’activité de la NARSA. Malgré les efforts fournis et les grands montants investis dans le cadre de multiples campagnes de sensibilisation, « nous sommes toujours très loin d’atteindre les objectifs fixés en matière de sécurité routière. Il y a aussi plusieurs points d’interrogations qui se posent en relation avec la gestion du secteur et que cette mission permettra d’élucider  », étaye Rachid Hamouni, contacté par Le Desk.


La mission s’arrêtera par ailleurs sur les capacités de l’agence et la gestion de ses ressources, et plus particulièrement le volet du service public et la relation avec les usagers. En outre, elle évaluera l'avancement de l’opération de renouvellement du parc du transport routier professionnel, les conditions et modalités d’octroi des cartes professionnelles, ainsi que les procédures de création et de certification des auto-écoles.


Pour répondre aux nombreuses questions concernant l’activité de la NARSA, la mission que propose de créer le leader du PPS à la Chambre des représentants devrait enchaîner les rencontres et réunions avec des responsables du ministère du Transport et de la Logistique, y compris le ministre, ainsi que le directeur de l’agence et ses autres responsables aux niveaux central, régional et provincial. La mission effectuera aussi des visites de terrains et des entrevues avec les professionnels du secteur.


Cette demande intervient également alors que l’Agence s’apprête à réaliser une évaluation de sa stratégie en matière de sécurité routière. En juin dernier, la NARSA avait lancé un appel d’offres pour la réalisation de cette évaluation, après avoir jugé « nécessaire d’effectuer un arrêt à mi-chemin pour l’évaluation la stratégie nationale de la sécurité routière ». L’objectif de cette évaluation, expliquait le cahier de prescriptions spécifique de cet appel d’offres, est « d’évaluer l’impact des actions entreprises durant cette période et redresser la situation dans le but d’atteindre les objectifs fixés pour l’année 2026 ».


Les parlementaires du PPS ne sont donc pas les seuls à estimer que l’action de la NARSA en matière de réduction des accidents de la route n’ont pas atteint leurs objectifs. L’agence en est consciente et la déception quant aux performances enregistrées en la matière a été aussi exprimée à plusieurs reprises par la tutelle. Mohamed Abdeljalil, ministre du Transport et de la logistique, avait fait part de ce constat lors de la tenue du Conseil d’administration de la NARSA en décembre dernier. Il avait alors qualifié les résultats de cette stratégie d’« encourageants », mais « insuffisants ».


En effet, la NARSA est loin d’atteindre l’objectif fixé à l’horizon 2026 de réduire de la moitié le nombre des décès causés par les accidents de la route. D’après les chiffres provisoires partagés lors du dernier conseil d’administration de l’agence, le nombre des décès n’a reculé que de 9,8 % en 2022 par rapport à 2015 (année de référence). Il est à noter que cette période a notamment été marquée par les mesures sanitaires pour faire face à la pandémie du Covid-19 et la baisse globale de la circulation qui s’en est en suivi, ce qui laisse penser que les mesures de confinement et de restrictions sur le déplacement ont largement contribué à la modeste baisse de 10 %.


Un autre indicateur de l'échec de la NARSA sur ce volet est le taux de mortalité parmi les usagers de deux roues, qui est en forte progression. Selon le bilan présenté par Abdeljalil, le nombre de décès parmi cette catégorie vulnérable des usagers de la route a augmenté de 31,1 % entre 2015 et 2022.

enoff - ©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite
Par