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Diplomatie
Sommet UE-UA : Mohammed VI annoncé à Abidjan

17.11.2017 à 04 H 14 • Mis à jour le 17.11.2017 à 04 H 14
Par Ali Amar
Alors qu’une délégation du Polisario est déterminée à siéger au Sommet UE-UA à Abidjan les 29 et 30 novembre, le Maroc, après avoir mobilisé ses alliés en Europe et en Afrique pour l’exclure, change finalement de stratégie. Le roi Mohammed VI devrait ainsi marquer de sa présence les débats en Côte d’Ivoire, choisissant comme à Addis-Abeba, d’occuper le terrain

« Le royaume ne veut pas entraîner ses amis africains dans un combat subalterne. La communauté internationale ne reconnaît pas la RASD. La politique de la chaise vide ne sert donc à rien », voici en quelques phrases l’orientation que veut désormais donner Rabat à la bataille qu’il mène contre la « RASD » dans la perspective du sommet Union africaine-Union européenne d’Abidjan, prévu les 29 et 30 novembre.


Le Maroc pourrait être représenté « au plus haut niveau » à ce conclave– c’est-à-dire à celui de son chef d’Etat, le roi Mohammed VI lui-même, ont déclaré, sous couvert d’anonymat, plusieurs sources diplomatiques consultées par Le Desk, à Bruxelles et Rabat.


« La position de Rabat se veut désormais claire et conforme au discours que le roi a prononcé à Addis Abeba en janvier 2017 », confie par ailleurs une source proche du dossier à Jeune Afrique, canal privilégié de la communication stratégique du Palais royal.


Soulager Ouattara, prévenir l’Europe

Depuis des mois, le bras de fer que se livrent le Maroc et le Polisario soutenu par leurs alliés respectifs, a été sur le principe de la participation de la « RASD » impossible à trancher par la Côte d’Ivoire en faveur de son partenaire nord-africain, d’autant que le format du sommet a changé pour ne plus être celui dit du Caire, mais celui requis par l’Union africaine qui veut désormais être représenté dans le cadre de son union continentale en vis-à-vis égalitaire de l’ensemble européen.


Si les puissances européennes, acquises à la position marocaine sur le plan diplomatique, ont tenté de peser sur les tractations interminables tenues en coulisses à Bruxelles, le bloc UE a du « se laver les mains de cette bataille inter-africaine », explique au Desk une source diplomatique qui n’a pas manqué de relever l’activisme « féroce » de Amar Belani, l’ambassadeur de l’Algérie auprès des instances de l’UE en faveur du Polisario.


Il est donc à ce stade acquis qu’une délégation de la « RASD » posera pied à Abidjan, malgré les résistances d’Alassane Ouattara, qui en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, a joué des coudes en faveur du Maroc, mais a du, face à la logique panafricaine de ne pas exclure un de ses membres, se résoudre à accepter le forcing de l’axe Alger-Pretoria.


« Une délégation marocaine est déjà à pied d’œuvre dans la capitale ivoirienne pour préparer cette éventuelle visite royale », écrit Jeune Afrique, confirmant les rumeurs à ce sujet qui courent depuis quelques jours au sein de la diplomatie marocaine qui n’a eu de cesse d’utiliser le même phrasé que celui écrit par l’éditorialiste François Soudan dans son article, évoquant la volonté du Palais de ne pas entrainer ses amis les plus sûrs dans « dans des combats tactiques subalternes »


Et pour baliser le terrain de cette participation royale annoncée, le Maroc a envoyé des signes bien compris à l’Union européenne pour que ses adversaires n’interprètent pas la présence des indépendantistes sahraouis à ce conclave de haut niveau à Abidjan comme une reconnaissance de fait de la « RASD » par l’UE.


Pour ce faire, une question bien à propos est tombée le 15 novembre dans l’enceinte de la Commission européenne pour faire dire à l’une de ses porte-paroles que le fait que la « RASD » y participe « ne constitue pas une modification quant à la position européenne de non reconnaissance de la RASD ».

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Par @MarocAmar