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Tribune
Un ancien consul américain à Casablanca s’inquiète des « limites de la démocratisation » du Maroc

11.10.2017 à 23 H 37 • Mis à jour le 11.10.2017 à 23 H 37
Par Kenza Filali

« Le roi demeure le véritable centre du pouvoir conseillé par les mêmes proches qu’il a depuis son accession au pouvoir tandis que Benkirane est apparu (…) inefficace », écrit dans une tribune de l’Atlantic Council, Nabeel Khoury, senior fellow au Centre Rafik Hariri pour le Moyen-Orient. Cet ancien diplomate américain a servi deux fois au Maroc : il a été attaché de presse à l’ambassade des États-Unis à Rabat de 1994 à 1997 et consul général des États-Unis de 1998 à 2002.


Sur le plan économique, le Maroc conserve un faible rang sur les indices du développement, de la corruption, de la démocratie et de l’emploi des jeunes, rappelle-t-il.


Jugé partiellement libre sur l’indice de démocratie de Freedom House, à 41 %, le pays est resté dans la moitié inférieure des pays mondiaux classés pour 2016. L’indice de perception de la corruption de Transparency International a donné au Maroc une note de 37 sur un score de 100. Sur l’indice de développement humain de la même année, le Maroc se classait 123ème sur 188 sur l’indice de développement humain des Nations Unies (composé de l’espérance de vie, de l’éducation et du revenu par habitant), égrène l’auteur qui conclut que « cela place le Maroc dans le tiers le plus bas des économies mondiales, derrière la Palestine et les Philippines ».


Le pronostic de la Banque mondiale pour l’année à venir prévoit une bonne croissance de 3,8 %, mais compte tenu du niveau de corruption et de domination exercé par une élite commerciale puissante, le rapport conclut que « le taux de participation au travail déjà faible du Maroc continue de diminuer ». Ce qui fait dire à Khoury que pour l’avenir, « le Maroc continue de faire face aux principaux défis de la promotion d’une croissance plus forte tirée par le secteur privé et de la création d’emplois, ainsi que d’une prospérité partagée ».

 

« L’opposition politique est maintenant trop ancrée dans les institutions gouvernementales, les tribunaux ne sont pas totalement sous la coupe du régime et les organisations de la société civile sont trop actives sur les médias sociaux pour permettre aux disparitions et à la torture de passer inaperçues non seulement le monde entier », relativise l’auteur qui ne craint pas que le royaume sombre à nouveau dans les années plomb.


« Cela dit, les événements d ‘Al Hoceima soulignent les limites des progrès en matière de libertés civiles et de droits de l’Homme et la déception des défenseurs des droits de l’Homme après un premier optimisme dans la capacité de Mohammed VI à apporter des changements positifs », s’inquiète Khoury.

Par Kenza Filali