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Grand angle

La mystérieuse société MarocVax du « Dr. Machour »

22.05.2021 à 20 H 52 • Mis à jour le 11.06.2021 à 15 H 57
Par et
ENQUÊTE
Opération d’Etat doublée d’intérêts privés bénéficiant d’un très juteux délit d’initiés ? Samir Machour (de son vrai nom Machhour), V-P de Samsung Biologics promu par la presse « héros national », a menacé de dénoncer Le Desk aux autorités pour nos révélations sur sa toute récente association avec Marita Group, la holding de l’affairiste bien en cour Rahal Boulgoute. Leur société, MarocVax, a noué un étrange partenariat avec un laboratoire chinois pour importer des vaccins…
Son nom a émergé sous les acclamations des médias en 2019, lorsqu’il a rejoint le staff exécutif de la firme coréenne Samsung Biologics. Il est revenu de plus belle aux devants de la scène quelques mois plus tard à l’aune de la crise du Covid-19 : en guest star à la télévision, chez Tourabi et Erramdani, au micro des talk shows radiophoniques, invité en gourou à des webinaires universitaires…


« Dr. Samir Machour », comme il se plait manifestement à être appelé ainsi, crève l’écran et suscite l’admiration à peine contenue des journalistes qui tapissent leurs articles à son sujet de superlatifs. On le présente alors en « héros national » qui a « joué un rôle majeur dans l’approvisionnement du Maroc en vaccins ». Comment ? À quel titre ? Pour quelle(s) transaction(s) ? Rien ne sera dit dans le détail ou officialisé. On se contente d’évoquer mezzo voce une action impérieuse, exécutée dans l’ombre, à la conjonction de la diplomatie, de la sécurité, du renseignement… Une affaire d’État en somme, menée dans ce monde de brutes qu’est la course aux vaccins anti-Covid.


Depuis Séoul où il réside, Samir Machhour, le « négociateur du Maroc » déclare dans ses interviews, comme par exemple ici au micro de Chada TV (12 :30) « avoir travaillé avec l’État depuis le début, avec les ministères de la Santé, de l’Intérieur et d’autres départements ». Le 18 septembre dernier, il est bien présent à la signature par visioconférence du mémorandum d’entente avec le laboratoire russe R-Pharm, sous licence AstraZeneca. Sa participation n’avait pas été mentionnée par la dépêche de la MAP consacrée à l’événement, mais lui le dira abondamment dans la presse ajoutant : « Je suis prêt à aider mon pays si on me sollicite »… L’accord avec les Russes tombera à l’eau au profit des Indiens sans que l’État n’explique quoique ce soit de tangible sur ce changement, ni lui d’ailleurs. En catimini, R-Pharm viendra pourtant établir une tête de pont au Maroc, comme Le Desk l’avait révélé.


Samir Machour assistait à la signature de l'accord entre le Maroc et R-Pharma.


Un CV surfait et émaillé de zones d’ombres

Pourquoi douter de l’homme, de son patriotisme et de ses compétences, lance-t-on, dès que son rôle est questionné. Il faut dire que le parcours d’immigré arrivé au firmament de sa carrière en jette : Natif de Rabat, ce fils de fonctionnaire de police et d’une mère originaire d’Erfoud, décrit lui-même son histoire comme la success story d’un Marocain qui a réussi à l’étranger. On retiendra, au fil de ses sorties médiatiques, que le jeune Samir a eu une jeunesse vagabonde : d’une école salésienne à Kénitra à des études secondaires à Rabat et Azrou, il s’envole pour le Canada au tournant des années 80, après une année à la fac de sciences, où il dit « ne pas avoir trouvé beaucoup de pratique dans les universités marocaines ». Il intègre l’Université de Montréal avant de décrocher en 1988 un master en physique –  « nucléaire », martèle-t-il -, à Concordia. De là, il s’engage dans la vie professionnelle, enchaine les postes dans divers laboratoires pharmaceutiques et passe de l’Amérique au Vieux continent…


Capture de la page Linkedin de Samir Machhour


Intervention de Samir Machhour sur CHADA TV.

Ce storytelling devient soudainement incertain lorsqu’on scrute son CV, émaillé de zones d’ombres et chose étrange, sur son LinkedIn, réseau social pourtant professionnel, il évite d’afficher sa photo et ne décline pas toute son identité réduite à « Sam. M ». Que craint-il, lui qui dévoile sa vie privée sur Facebook ? À y voir de plus près, il apparaît que ses biographies disséminées ça et là sur la Toile ne sont pas toutes concordantes, autant sur les dates que sur les lieux, niveaux d’études ou de travail.


Et quand la presse l’affuble des titres de « professeur », comme ici chez Médias24, ou de « docteur », cela ne le gène pas outre mesure, même s’il n’a ni PhD, ni doctorat, ni jamais étudié la médecine ou enseigné… « Si j’avais fait un doctorat en physique, je n’allais rien faire d’autre, sauf enseigner et travailler avec l’État. Je voulais rentrer dans l’industrie (…) », a-t-il prévenu pour justifier un parcours d’étude sans fard qu’il maquille d’une épaisse couche de « diplômes exécutifs » d’Harvard pour briller à chacune de ses interventions, la seule évocation de la prestigieuse université de Boston, étant soigneusement mise en avant.


En 30 ans de carrière, Samir Machour a roulé sa bosse dans une dizaine de laboratoires, dont des Big Pharma, avant d’atterrir chez Samsung Biologics. « J’étais en Suisse vice-président de Lonza, Samsung m’a appelé, après avoir essayé pendant un an de me convaincre », précise-t-il aux médias. Un fil conducteur de son parcours : il s’est spécialisé dans le contrôle qualité, un secteur certes important dans l’industrie pharmaceutique, mais qui n’est pas pour autant au cœur de la recherche scientifique fondamentale.


C’est donc à Incheon, ville portuaire satellite de la capitale Séoul, chez le géant Samsung qui y a installé sa division biotech, que Samir Machour a posé ses valises à l’été 2019. De création plutôt récente, en 2011, la filiale de la firme sud-coréenne a investi un créneau bien particulier, le CMO, comprendre la fabrication sous contrat de médicaments pour le compte d’autres entreprises plus pointues dans le domaine. Le leader mondial du CMO est le groupe rhénano-valaisan Lonza, et on comprend ainsi pourquoi le transfuge marocain en a été débauché par les challengers sud-coréens : il y a officié au cœur des process de qualité durant plus de trois ans, emportant avec lui un savoir-faire certainement prisé par ses nouveaux employeurs asiatiques… Chez Lonza, Machour prétend dans la presse avoir participé aux négociations de rachat de l’Américain Capsugel, un deal à 5,5 milliards de dollars noué en 2016. Interrogée à son sujet par Le Desk, Lonza a confirmé qu’il ne faisait pas partie de son comité exécutif…


Machour n’en est pas à un enjolivement près. C’est aussi son identité qu’il transforme au gré de ses pérégrinations. Né Samir Machhour, –  selon son état civil qui colle à la phonétique arabe -, il fait tomber un « h » pour Machour, mais aussi dans son univers professionnel anglophone, ose même réduire son prénom à Sam et customiser son nom en un improbable MacHour à l’intonation écossaise. « I am Sam MacHour », a-t-il par exemple lancé à un parterre d’étudiants de l’Université George Mason en Corée du Sud où son pedigree lui a permis d’être adoubé membre du board des conseillers…


Butinant de poste en poste, de pays en pays, l’homme finit ainsi par apparaitre sur les radars de Rabat, les « Marocains du Monde » étant souvent sollicités quand ils percent à l’étranger pour aider, soutenir et représenter leur pays d’origine. Le contexte de mobilisation face à la pandémie du Covid-19 a fait qu’il se retrouve catapulté au Maroc dans le saint des saints de la gestion de crise, notamment lorsqu’il a fallu jouer des coudes à l’international pour s’assurer de l’approvisionnement en vaccins, côtoyant ainsi, à diverses occasions, Khalid Aït Taleb, le ministre de la Santé qui l’aurait missionné « par lettre datée du 18 août » dans ce rôle selon Le360, mais aussi les sécuritaires Abdelouafi Laftit et Noureddine Boutayeb, l’argentier du royaume, Mohamed Benchaâboun, ou encore le diplomate en chef, Nasser Bourita.


Une affaire de gros sous à ce point gênante ?

Mais lorsque Le Desk a révélé le 6 mai qu’il s’est discrètement associé à l’homme d’affaires Rahal Boulgoute dans la création de MarocVax, une entreprise domiciliée à Rabat au siège de Marita Group, la holding de ce dernier, et dotée d’un capital social conséquent de 44,5 millions de dirhams, « Dr. Machour » est sorti de ses gonds.


S’adressant via Facebook à un membre de la rédaction l’ayant contacté, celui-ci reproche au Desk « sa manière de faire le journalisme », nous accusant gravement de mettre « en péril de par (nos) actions et par (nos) articles, l’approvisionnement du vaccin au Maroc » et « en mettant en danger des vies humaines et contre la volonté de Sa Majesté ». Ce qu’il juge comme étant « inacceptable ». Un ton condescendant et alarmiste qui nous a poussé à lui demander une explication officielle sur ce qu’il considère comme étant de « fausses informations » et sur nos « conclusions » (que nous ne faisons pas) qu’il estime « hâtives ». On retiendra la menace de Samir Machour de nous « reporter aux autorités localement d’ici demain lundi » si nous ne supprimons pas notre article… Nos demandes d’interview sont restées infructueuses, la fébrilité suspecte et le mécontentement de Machour restant à ce jour un insondable mystère.


Et pour cause, nos informations sur son association avec Marita Group émanent de sources officielles incontestables. Pour preuve : un document du Tribunal de commerce de Rabat (voir ci-dessous) atteste bien que Samir Machhour (de son vrai nom), né le 10 mars 1963, ayant pour résidence légale, selon sa carte d’identité nationale marocaine, l’Ontario (- il a travaillé chez GSK à Toronto, capitale de cette province canadienne), est effectivement gérant unique de MarocVax. Qu’à cela ne tienne, le V-P de Samsung Biologics fera paraître le 11 mai dans Challenge, un magazine qui lui avait déjà ostensiblement consacré sa une, un « démenti formel » qui insiste pour réfuter l’irréfutable… Pourquoi produire autant d’efforts pour nier ce qui est facilement vérifiable auprès de sources officielles ouvertes au public ? Pourquoi insister sur la suppression d’un article, quitte à menacer ses auteurs de les dénoncer aux autorités ?


Preuve de la gérance par Samir Machhour de la société MarocVax. / MONTAGE ©MOHAMED DRISSI K / LE DESK.



Selon les informations dont nous disposons, la mystérieuse MarocVax a signé en avril dernier un accord avec Yuxi Watson (via Walvax Biotech), un laboratoire chinois, pour l’importation, la distribution et la vente du vaccin conjugué anti-pneumococcique. Deux millions de doses de ce vaccin –  qui prévient une maladie qui tue environ un enfant sur 10 l’ayant contracté –  devraient être importées et écoulées annuellement sur le marché marocain par MarocVax.


Mais ce n’est pas tout, un autre accord a été signé entre les deux parties pour le transfert de la technologie du liquide « en vrac » du vaccin, ce qui sous-entend la possibilité pour MarocVax de réaliser le « fill and finish » du vaccin au Maroc.


Yuxi Watson explique également dans un de ses communiqués annonçant la signature de ces accords, que « le renforcement de l’image de marque de la société [Yuxi Watson, ndlr] aura un impact positif, et augmentera dans le même temps la possibilité que les produits de la société soient inclus dans le Programme d’immunisation marocain ».


Pour l’industrie pharmaceutique chinoise, la fabrication locale du vaccin conjugué anti-pneumococcique est une avancée considérable dans sa course au rattrapage de son retard sur les laboratoires occidentaux. Jusqu’ici, seule la firme américaine Pfizer proposait cette injection. Le Prevenar 13 (ou Prevnar 13) est le vaccin le plus lucratif de l’histoire. En 2020, il a généré 5,850 milliards de dollars en revenus pour Pfizer, qui développe actuellement un nouveau vaccin conjugué anti-pneumococcique, le 20vPnC, qui couvre les 13 sérotypes contenus dans le Prevenar 13, en plus de sept autres.


Au Maroc, le Prevenar 13 devait être introduit en 2010 par le ministère de la Santé dans son programme de vaccination contre les maladies à pneumocoques. Cependant, l’appel d’offres avait été annulé et remplacé par le Synflorix de GSK. Trois doses sont inoculées pour les enfants de moins de cinq ans, la première devant être préférablement administrée avant l’âge de deux mois. Une quatrième dose est conseillée pour les enfants prématurés ou à risque élevé d’infection invasive à pneumocoque. Ailleurs dans le monde, particulièrement aux Etats-Unis, le vaccin peut également être administré aux adultes de plus de 50 ans qui présentent des risques d’infections.


Distribué auparavant par le laboratoire Maphar, le Prevenar 13 est directement commercialisé par Pfizer qui le vend dans le privé. Son prix public de vente dans le royaume a été revu à la baisse en 2020, passant de 814 à 716 dirhams par dose, soit une seringue pré-remplie de 0,5 ml. Son prix à l’hôpital est quant à lui passé de 539 à 505 dirhams. D’après nos recherches, Yuxi Watson, qui se targue du prix de son vaccin, inférieur au Prevenar d’environ 100 yuans, est commercialisé à 625 yuans par injection, soit à peu près 854 dirhams. Ce tarif, multiplié par les 2 millions de doses que compte importer MarocVax résulte sur le chiffre vertigineux de 1,7 milliards de dirhams. Un montant qui explique naturellement le capital conséquent dont a été dotée l’entreprise à sa création, mais aussi la crainte des investisseurs de voir un média lever le lièvre sur cette manne considérable.


Un parfum de délit d’initiés…

Dans une réponse adressée à un investisseur à la bourse de Shanghai, Yuxi Watson précise que l’accord signé avec MarocVax stipule que celle-ci dispose de 18 mois afin de faire approuver le produit auprès des autorités sanitaires. « La procédure d’enregistrement dépendant de plusieurs facteurs, il est impossible de prédire effectivement le temps requis pour la compléter », indique-t-on.


Selon nos informations, les enregistrements de demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) auprès de la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP) sont suspendus depuis plusieurs mois et celle-ci ne délivre que les AMM d’urgence, tels que ceux accordés aux vaccins anti-Covid importés par le Maroc. La DMP vit par ailleurs depuis le début de l’année au rythme de scandales, impliquant sa patronne, Bouchra Meddah, accusée par les fonctionnaires syndiqués de « harcèlement moral » et d’« abus de pouvoir ».


Pourquoi Machour et Boulgoute ont signé un accord avec un laboratoire étranger pour l’importation et le transfert de technologie d’un vaccin alors que son enregistrement est encore hypothétique auprès de la DMP ? Et que les modalités d’octroi de ce futur marché ne sont pas encore établies. Machour et Boulgoute en savent-ils davantage que leurs concurrents potentiels ? Sommes-nous face à un cas de délit d’initiés sur marché public à plusieurs millions de dollars ?


À en croire Le360, Machhour a été missionné par Khalid Aït Taleb, pour identifier et négocier, au nom du Maroc, des opportunités de transfert de technologies dans la biotech. « Sa mission couvre toutes les opportunités de transfert de technologies bio-pharmaceutiques et biologiques, de développer des synergies et des relations d’affaires entre les industriels nationaux et internationaux. Machour agira en tant que facilitateur au service du transfert de technologies biologiques et bio-pharmaceutiques vers le Maroc », écrivait le média semi-officiel.


Cette mission publique menée dans le plus grand des secrets ne se télescope-t-elle pas avec son ambition de réaliser du transfert de technologie d’un vaccin chinois à travers sa propre entreprise privée ? Selon quels critères a-t-il été choisi par Aït Taleb, et celui-ci était-il à l’époque informé des ambitions privées de Machour ?


Autrement dit : le ministère de la Santé mandate Samir Machour pour faciliter le transfert de technologies au Maroc. En bon samaritain, il ne fait pas les choses à moitié et pense également à lui : il crée une société fortement capitalisée, dont il détient la moitié des actions et en assure la gérance…


Et ce n’est pas la seule fois où Samir Machour a été très proche du ministère de la Santé. En décembre 2020, le vice-président de Samsung Biologics se rend au Maroc. Le temps d’y rencontrer des journalistes pour soigner son image, quelques officiels à Fès, mais aussi … Aït Taleb, et Bouchra Meddah. On le voit notamment sur cette photo partagée par le frère de Machour sur les réseaux sociaux, en date du 23 décembre 2020.



Présent pour le deal avorté avec R-Pharm, s’affichant avec la commanderie de la Santé publique, on retrouve également Samir Machour comme invité de marque du Comité national de vaccination. Pour quelle raison, sachant que ce comité, constitué d’acteurs du secteur pharmaceutique marocain mais aussi de médecins et d’experts universitaires n’est pas impliqué dans l’acquisition des vaccins, mais plutôt dans le déploiement de la campagne de vaccination ? Pourtant, Samir Machour est tout sauf médecin ou qualifié en sciences médicales…



Une « opex des services » doublée d’une timbale ?

La présence du missi dominici des vaccins à ces collèges scientifiques stratégiques et dans l’entreprise MarocVax est-elle autorisée comme renvoi d’ascenseur pour services rendus ? Son alliance avec Rahal Boulgoute, ce businessman maroco-italien apparu sur le devant de la scène des affaires il y a quelques années à peine, et qui aligne les projets mort-nés, interroge : de celui de voitures électriques à une raffinerie de pétrole russe à Nador en passant par la Green Tech Valley, mis à l’arrêt suite à une colère royale, sans compter ses ambitions de posséder un club de football à Gênes


En outre, et c’est le plus significatif, Boulgoute est un habitué des cercles de pouvoir. Il est très prisé par la diplomatie dans ses discrètes activités à l’étranger, ce qui indiquerait que sa mise en relation avec Machour a pu être consentie, voire orchestrée par les hautes sphères diplomatico-sécuritaires. Une « opex des services » en somme qui permet de subvenir à un besoin national tout en rétribuant au passage ses acteurs mandatés ?


En décembre 2020, aux côtés d’Africa Intelligence, nous révélions le business juteux des marchés du ministère des Affaires étrangères, pour qui Boulgoute construit des bâtiments offerts aux Etats ayant accepté d’ouvrir des représentations consulaires à Laâyoune et à Dakhla. En Gambie et en Guinée-Bissau, Boulgoute fait bâtir les nouveaux sièges diplomatiques locaux. Aux Comores, Marita Group construit deux cités universitaires d’une capacité de 120 chambres. En Haïti, le groupe érige 500 logements sociaux, pour un investissement de 160 millions de dirhams. L’opération MarocVax est-elle de même nature, mais cette fois pour la Santé publique ?


Personnage insaisissable, Boulgoute fréquente assidument VIP et chancelleries étrangères, tels que le directeur général de la Banque islamique du développement (BID), le directeur exécutif de la commission nationale libérienne pour l’investissement. Il est même présenté par Abdoul Karim Bangoura, ex-international guinéen et par ailleurs ex-ministre des sports du Libéria – où l’homme d’affaires se charge de la construction d’une grande mosquée – comme étant « conseiller spécial de Sa Majesté le Roi Mohammed VI ».



D’autres questions demeurent en suspens : Samsung Biologics agit-elle d’une manière ou d’une autre par procuration à Samir Machour ? L’entreprise est-elle impliquée dans le deal marocain de son vice-président et dans ses accointances chinoises ? Interrogée par Le Desk, la firme sud-coréenne n’a pas répondu à nos sollicitations.



Preuve de la célérité des procédures engagées pour la création de MarocVax : son logo avait été commandé en avril dernier par un certain… Sam MacHour sur la plateforme DesignCrowd. « Le logo devrait suggérer quelque chose dans les produits pharmaceutiques. MarocVax sera impliqué dans la fabrication et la distribution de vaccins et de produits biologiques », précise-t-on dans le brief déniché sur internet, aujourd’hui disponible en cache. On insiste sur le délai pressant fixé à quelques jours. L’identité visuelle sera livrée le 19 avril par un infographiste indien…Ne restait plus qu’à décrocher le marché d’Etat et ramasser la timbale. De préférence loin des regards indiscrets…

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Par et @soufianesbiti
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