FootballAchraf Hakimi, vers un Ballon d’Or africain ? La presse du continent se mobilise pour un sacre historique
Il n’est plus seulement le joyau du football marocain, mais un symbole continental. Alors que le Ballon d’Or 2025 approche, l’Afrique toute entière, de Bamako à Casablanca, en passant par Dakar, Kinshasa et Le Caire, se mobilise derrière la candidature d’Achraf Hakimi. Une campagne médiatique sans précédent prend forme pour porter le latéral du PSG jusqu’au sommet du football mondial, trente ans après George Weah.
Jamais l’Afrique n’a été aussi proche d’un second Ballon d’Or. Et c’est à travers le parcours exceptionnel d’Achraf Hakimi que cette ambition prend un corps crédible. Le capitaine des Lions de l’Atlas a livré une saison hors normes avec le Paris Saint-Germain, où il s’est imposé comme l’un des artisans majeurs du quadruplé historique du club (Ligue 1, Coupe de France, Coupe de la Ligue et Ligue des Champions). Un exploit auquel il a contribué avec des statistiques hallucinantes pour un défenseur : 11 buts et 15 passes décisives, dont plusieurs lors des matchs couperets de la campagne européenne, notamment en quart, demi et finale de la C1.
Plus encore, Hakimi a marqué les esprits lors du Mondial des Clubs, organisé pour la première fois dans un format élargi à 32 équipes. Malgré la défaite du PSG en finale face à Chelsea (3-0), il a été élu dans l’équipe type du tournoi, avec deux buts et deux passes décisives à son actif. Les données recueillies par l’unité d’analyse des performances de la FIFA sont formelles : Hakimi s’est classé premier du tournoi pour le nombre de ballons reçus suite à un appel dans le dos de la défense, révélant un positionnement offensif d’élite digne des meilleurs ailiers.
Mais ce qui impressionne autant que les chiffres, c’est la constance, la régularité et l’influence qu’il exerce sur le jeu parisien comme sur celui de la sélection marocaine. Omniprésent sur son couloir, à la fois en phase défensive et offensive, Hakimi a redéfini le rôle de latéral moderne. Il n’est plus seulement un relais : il est un détonateur. Et son leadership s’est encore affirmé sous le maillot national, où il incarne une génération ambitieuse, résolument tournée vers les sommets.
Cet alignement parfait entre performance individuelle et réussite collective coche toutes les cases du règlement du Ballon d’Or. Pourtant, un obstacle demeure : les habitudes de vote. Historiquement, les attaquants raflent les suffrages, au détriment des défenseurs. Et l’Afrique, malgré ses talents, n’a été qu’une fois consacrée, avec George Weah en 1995. Les candidatures de Samuel Eto’o, Didier Drogba ou Mohamed Salah ont échoué, souvent pour des raisons extrasportives ou des dynamiques médiatiques défavorables.
C’est pourquoi la presse africaine joue aujourd’hui un rôle crucial. De Sports Village Square au Bamako Matin, en passant par La Tribune du Continent, L’Infomètre, L’Encre Libre ou encore Vitrine Infos, les éditoriaux se succèdent pour défendre la candidature de Hakimi. Tous rappellent son fair-play exemplaire, son engagement social au Maroc, sa posture de capitaine irréprochable, sa capacité à inspirer la jeunesse africaine bien au-delà des pelouses européennes.
« Ce n’est pas qu’une question de football », écrit La Tribune du Continent, « c’est aussi une question de représentation. Le Ballon d’Or 2025 peut réparer une injustice structurelle : celle qui fait encore du football africain un éternel outsider dans l’imaginaire global ». Le journal malien appelle les votants du continent à assumer leur responsabilité historique, à parler d’une seule voix pour soutenir un joueur qui, par son profil et son palmarès, incarne mieux que quiconque le mérite d’un sacre planétaire.
En France, même les analystes les plus prudents ne jugent plus sa nomination improbable. À mesure que le 22 septembre approche, date de la cérémonie du Ballon d’Or, les regards se tournent vers Casablanca, là où tout a commencé. Là où un enfant devenu capitaine a peut-être accompli l’impossible : briser le plafond de verre que le football mondial impose encore aux joueurs africains.
Achraf Hakimi n’a pas attendu ce trophée pour être un modèle. Mais s’il venait à brandir le Ballon d’Or, il deviendrait l’icône que tout un continent attend depuis trois décennies.
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