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Fête du travailA Rabat, les principaux syndicats « vigilants dans la poursuite du dialogue social »

01.05.2017 à 17 H 56 • Mis à jour le 01.05.2017 à 17 H 56
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La marche de Rabat a été marquée par le boycott de l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) des festivités du 1er mai, en signe de protestation contre la non-exécution des engagements de l'accord du 26 avril 2011

La classe ouvrière a célébré, lundi à Rabat, la fête du travail par des meetings et des défilés durant lesquels les ouvriers affiliés aux différentes centrales syndicales ont réitéré leurs revendications sociales et matérielles pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, la préservation de leur dignité et de leurs acquis et le renforcement de la justice sociale.


Les représentants des principales centrales syndicales ont tenu, à cette occasion, plusieurs meetings avant d’organiser les traditionnels défilés sur les principales avenues de la capitale, au cours desquelles les militants ont brandi des banderoles et scandé des slogans appelant à l’augmentation des salaires, à la poursuite du dialogue social avec le gouvernement, à la garantie des libertés syndicales, à la baisse des prix des produits de base et à l’accès gratuit aux soins.


Les travailleurs UNTM de Pizzorno, société délégataire de la gestion des déchets contre la privatisation des services publics. AIC PRESS


Les militants ont, par ailleurs, été unanimes sur certaines revendications, lors de ce défilé, relatives à la justice sociale et fiscale, la répartition équitable des richesses, la garantie du droit d’un travail décent, du droit à la santé, à l’enseignement et à la culture et du droit à la grève.


Des travailleurs d'origine subsaharienne manifestant contre les conditions inhumaines dans l'exercice de leurs emplois. AIC PRESS


Cette marche a été marquée par le boycott de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) des festivités du 1er mai, en signe de protestation contre la non-exécution des engagements de l’accord du 26 avril 2011 et de tous autres accords sectoriels, le gel forcé du dialogue social pendant 5 ans, la violation des acquis de la classe ouvrière notamment en matière de retraite et la restriction de l’exercice du droit syndical.


Des employés de la société royale SOREC dénoncent les conditions de leur travail. AIC PRESS


Dans des communiqués distribués lors du défilé, les centrales syndicales ont plaidé en faveur de l’amélioration des salaires et des revenus, l’augmentation des allocations familiales et l’augmentation du SMIG et son unification, l’annulation de la réforme du régime de retraite, la protection des libertés syndicales, l’institutionnalisation des négociations collectives et la généralisation de la couverture médicale.


Des employés d'origine asiatique, notamment philippins dénoncent les abus dont ils font l'objet. AIC PRESS


Elles ont, également, appelé à la satisfaction immédiate des revendications légitimes de l’ensemble des salariés du secteur privé et des fonctionnaires du secteur public, des collectivités territoriales et des chambres professionnelles.


Défilé de majorettes sur l'avenue Mohammed V de Rabat. AIC PRESS


Dans une déclaration à la MAP, le secrétaire de la section locale de l’Organisation démocratique du travail (ODT) (Union des syndicats de Rabat-Salé-Kénitra), Hassan El Khabouti, a souligné que la célébration de la Journée mondiale du Travail constitue une occasion pour mettre la lumière sur la détérioration des conditions de la classe ouvrière suite aux décisions du gouvernement précédent relatives à la hausse des prix des produits de base et au gel des salaires.


Sit-in des travailleurs d'origine subsaharienne affiliés à l'ODT. AIC PRESS


Il a relevé que l’Organisation, qui célèbre la fête du travail sous le signe Justice sociale et démocratique, considère que la déclaration gouvernementale de l’Exécutif conduit par Saadeddine El Otmani, n’est que la continuité de l’ancien gouvernement, appelant l’arrêt immédiat de la mise en œuvre de la réforme paramétrique des régimes de retraite.


Des employées d'une société de sécurité manifestant dans une artère du centre-ville de Rabat. AIC PRESS


De son côté, Rachid El Meniari, Secrétaire général régional de l’UMT (union des syndicats de Rabat-Salé-Kénitra), a affirmé que la célébration de cette fête internationale intervient dans une conjoncture spéciale « marquée par un blocage politique ayant duré près de 6 mois », exprimant la déception de sa centrale du contenu du programme gouvernemental qui a « aggravé la situation héritée de l’ancien Exécutif ».


Concernant les principales revendications de l’UMT, qui célèbre ce 1er mai sous le signe « Nous restons engagés en faveur des causes de la classe ouvrière marocaine et mobilisés pour la défense de ses revendications et droits », El Meniari a indiqué qu’elles ont fait l’objet de mémorandums adressés à l’ancien gouvernement et réaffirmés lors de la réunion avec le nouveau Chef du gouvernement, tenue récemment.


La corporation des taxis de Rabat dénonce les contraintes réglementaires des chauffeurs professionnels. AIC PRESS


Pour sa part, le secrétaire général de la section de Rabat de la Confédération démocratique du travail (CDT), Othmane Baka, a souligné que le blocage de la formation du gouvernement pour 6 mois a eu « un impact négatif sur les conditions des salariés, notamment dans les secteurs liés au budget public ».


La question palestinienne omniprésente dans les revendications de la classe ouvrière, par solidarité. AIC PRESS


Après avoir critiqué « les politiques impopulaires du gouvernement sortant », il a indiqué que la réunion de la CDT avec le Chef du gouvernement « n’a rien apporté de nouveau », appelant le gouvernement à se pencher rapidement sur le règlement des problèmes pour éviter « tout dérapage social ».


De son côté, Abdelmjid Jaâit, de l’Union nationale du Travail au Maroc (UNTM), a insisté sur la légitimité des revendications de la classe ouvrière marocaine, qui se résument essentiellement en l’augmentation des salaires, l’amélioration du pouvoir d’achat et l’égalité entre les sexes.


Jaâit, qui est secrétaire général du secteur de Maroc Telecom au sein de la fédération marocaine des télécommunications, a relevé que l’attaque des libertés syndicales dans les différents secteurs « n’est plus acceptable aujourd’hui », appelant les salariés à la solidarité et au resserrement des rangs pour obtenir satisfaction de leurs revendications.

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