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SociétéA Casablanca, une radiologue refuse d’examiner un patient en raison du Ramadan

03.06.2017 à 18 H 43 • Mis à jour le 12.06.2017 à 12 H 22
Par Issam El Yadari
Un patient atteint d’un kyste au niveau de l’interfessier s’est vu refusé une prise en charge par une radiologue d’un des centres hospitaliers les plus modernes du Maroc. La raison : il est de sexe masculin et que nous sommes en plein Ramadan…

Une professeur en dermatologie de l’hôpital universitaire Cheikh Khalifa de Casablanca a diagnostiqué sur un de ses patients un kyste pilonidal (kyste qui se forme généralement à l’interfessier). Pour que le diagnostic soit le plus précis possible, elle lui prescrit une échographie.


Le patient est alors dirigé vers le service radiologie où il constate que le médecin radiologue, une femme voilée, fait les cent pas entre la chambre d’examen et le bureau de son assistante. Elle s’est ensuite cloîtrée dans son bureau alors que son assistante est venue lui parler à l’oreille.


« La situation était tellement improbable que je me suis demandé si c’était plus grave que le diagnostic initial. Mais quand j’ai appris pourquoi le radiologue a refusé de me faire l’échographie, je suis tombé des nues », relate le patient.


Le médecin, sensé soigner tout être humain, quel que soit son âge, son sexe, sa religion ou son milieu social, a refusé d’ausculter l’homme souffrant en raison du Ramadan alors que  la région de son corps à radiographier se situe au niveau de son bassin.


Le patient, choqué, décide de s’en remettre à la direction de l’établissement, mais il trouve encore une fois porte close. Il a alors sollicité à une seconde reprise la radiologue pudibonde pour lui expliquer l’urgence de son cas nécessitant une intervention chirurgicale urgente, mais celle-ci a de nouveau refusé de lui parler prétextant d’autres patients à traiter. Dépité, il est reparti sans être examiné.


DISCLAIMER :


Suite à la parution de cet article, nous avons reçu ces précisions de la part le l’hôpital universitaire Cheikh Khalifa :

« Le patient sujet de votre article s’est bien présenté samedi 3 juin au matin au niveau du service de radiologie de l’hôpital pour une échographie du pli inter fessier. Le médecin radiologue mis en cause dans l’article, présent à ce moment-là dans le service, a jugé que la prescription était inadéquate et qu’il n’y avait pas nécessité de réaliser une échographie, arguant qu’il ne s’agissait que d’une lésion cutanée. Ce même médecin a essayé de contacter sa consœur dermatologue pour discuter de la prescription, mais celle-ci n’était pas joignable à ce moment-là. Les propos rapportés dans l’article par le patient, qui prétend que le médecin a refusé de le prendre en charge, sont tout simplement inconcevables dans notre hôpital, et pour tout médecin exerçant ce noble métier qu’est la médecine. Pour enlever toute ambiguïté autour de cette accusation, nous tenons à porter à la connaissance du grand public que le 27 mai dernier, soit le 1er jour du Ramadan, Le médecin radiologue cité dans l’article, a effectué 3 échographies scrotales (pour des patients souffrant de douleurs testiculaires)  les dossiers correspondants, archivés à l’hôpital, en sont une preuve irréfutable . Ceci démontre donc que la raison évoquée dans l’article est erronée, et porte atteinte à l’image du médecin, qui s’en est offusqué et demande à la direction de l’hôpital d’user de tous les moyens légaux pour réparation de ce préjudice ».


Notre réponse : 

« La source auprès de laquelle nous avons recueilli le témoignage pas à pas lors de sa visite à l’hôpital universitaire Cheikh Khalifa maintient sa version des faits. Elle a déposé une réclamation auprès de l’administration de l’établissement et affirme attendre des réponses circonstanciées concernant la version du médecin radiologue, dont l’avis, présenté comme argument du refus de prise en charge, est donc contradictoire avec le diagnostic établi avec le professeur traitant. Ce patient a du consulter un second radiologue externe à l’hôpital qui a marqué son étonnement vis-à-vis de cet avis pris sans même l’ausculter. Le Desk a eu un entretien avec le porte-parole de l’hôpital avant réception de sa mise au point. Il était question d’une enquête interne destinée à faire toute la lumière sur les propos rapportés par l’assistante du médecin au patient. Nous constatons avec regret que ce volet de l’incident a tout simplement été évacué dans sa réponse ».

Par Issam El Yadari
Le Desk Newsroom