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HirakNasser Zafzafi placé en détention préventive à Oukacha « pour de lourdes accusations »

06.06.2017 à 02 H 45 • Mis à jour le 06.06.2017 à 16 H 53
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Nasser Zafzafi et six autres détenus du mouvement contestataire rifain ont été entendus par le juge d’instruction Abdelouahed Majidi à la Cour d’Appel de Casablanca à une heure avancée de la nuit. Ce dernier a finalement décidé de les placer en détention préventive à la prison civile de Oukacha dans l'attente d'un complément d'enquête "pour de lourdes accusations"

A Casablanca, avocats, journalistes, activistes et membres des familles de détenus ont attendu jusqu’à une heure très avancée de la nuit, que le chef du mouvement et six autres prévenus soient entendus par le juge d’instruction Abdelouahed Majidi. Selon la défense de Zafzafi, celui-ci a décidé de les placer en détention préventive à la prison civile de Oukacha dans l’attente d’un approfondissement de l’enquête.


De très lourdes accusations selon la défense

Me Abdessadek El Bouchattaoui a indiqué à la sortie du tribunal que l’audience débutée vers 11 heures su soir avait été particulièrement mouvementée. Il a insisté pour dire que Nasser Zafzafi, en particulier, devra faire face à “de très lourdes et nombreuses accusations” , sans pour autant en livrer les contours, raison pour laquelle, a-t-il déclaré, le juge a estimé nécessaire que l’enquête se poursuive par de nouvelles confrontations.



Mise à jour du 6 juin à 15h50 :

Pourtant le juge avait fait montre d’un geste d’apaisement durant l’audience, celui-ci avait autorisé Zafzafi d’être assisté par ses proches parents. Vers deux heures du matin, un cortège de fourgons et de voitures de police encadrés de motards ont quitté le tribunal avec à leur bord les détenus.



Cette décision intervient dans un contexte de manoeuvres politiques. Il y a eu d’abord cette étrange convocation de certains chefs de partis politiques par le Palais qui a été démentie à mots couverts, puis la révélation d’une consultation inattendue entre l’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane et le conseiller royal Fouad Ali El Himma il y a une semaine pour « discuter des moyens de mettre fin aux tensions dans le Rif », selon Al Yaoum24.


Une ultime médiation de Benkirane ?

Enfin, aujourd’hui, Le360 et Barlamane révélaient une rencontre entre le même Benkirane et les parents de Nasser Zafzafi au domicile du premier à Rabat, à laquelle a participé l’avocat Mohamed Ziane, du Parti marocain libéral. Une enfilade de tâtonnements pour trouver une issue à la crise dont l’ampleur s’est accentuée depuis que le hirak, malgré la purge de ses figures emblématiques incarcérés un à un, n’a pas pour autant faibli d’intensité. Des manoeuvres politiques souterraines en somme. Il est piquant de constater que le Palais soit poussé à recourir à celui qu’il a poussé du carrosse pour tenter une médiation de la dernière heure, au moment où l’on attendait une initiative royale.



Chaque soir, après 22 heures, hommes et femmes d’Al Hoceima se retrouvent dans la rue pour une veillée contestataire devenue depuis plus d’une dizaine de jours, un rituel nocturne de ce mois de Ramadan. Bien qu’éparses, des répliques de sit-in sont enregistrées dans d’autres villes et localités, retransmises en direct via Facebook Live  et Twitter par autant de militants et de journalistes.



La presse internationale suit désormais pas à pas la fronde rifaine, alors que la propagande au Maroc tente de prendre en otage l’opinion publique par la diffusion de messages alarmistes sur les desseins présumés du mouvement. Un palier a été franchi hier par Assabah, qui sans preuve, ni source identifiée concluait à un complot des irrédentistes rifains en cheville avec le Front Polisario.


Mardi 6 juin au soir, alors qu’à Al Hoceima, et selon des témoignages recueillis sur place auprès de journalistes qui couvrent les événements, la fébrilité des forces de l’ordre avait atteint son paroxysme. Photographes et vidéastes ont été empêchés d’approcher le cœur des manifestations, où familles de détenus et activistes rivalisaient de slogans pour réclamer la libération de Zafzafi et des 85 autres personnes privées de liberté, selon le dernier décompte des ONG. Hier matin encore, deux figures de proue du mouvement, le lieutenant de Zafzafi et une artiste-militante ont été interpellés aux premières lueurs du jour. Au final, la manifestation s’est dispersée dans le calme.

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Le Desk Newsroom