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ForexAbdellatif Jouahri tance les banques accusées de spéculer sur le dirham

20.06.2017 à 17 H 11 • Mis à jour le 20.06.2017 à 17 H 16
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Pour la première fois, le gouverneur de la Banque centrale a exprimé dans un langage cru et direct sa forte désapprobation envers les banques qui, à l’approche de la mise en route de la flexibilisation volontaire du dirham, se sont employées à encourager leurs clients à se couvrir face à une improbable dévaluation. Jouahri promet contrôles drastiques et évoque même des sanctions pour châtier les récalcitrants

C’est un gouverneur de la Banque centrale des mauvais jours qui s’est adressé à la presse ce 20 juin. Abdellatif Jouahri n’a pas en effet caché sa colère à l’endroit des banques à qui il a reproché dans un style direct de pousser leurs clients à spéculer sur la monnaie nationale, révélant que depuis plus d’un mois, le montant de devises ainsi mobilisées s’est élevé à l’équivalent de 1,2 milliards de dirhams par jour. Entre mai et juin, 44 milliards de réserves de change ont ainsi été consommées.


« Il n’y aura pas de dévaluation, nous ne sommes pas dans une situation de crise de changes, nous sommes devant une opération de flexibilisation volontaire », a-t-il martelé, exprimant son dépit de voir les institutions financières anticipant un mouvement de dévaluation du dirham qui n’aura pas lieu.


Jouahri en colère, se dit déçu par les banques

Bank al-Maghrib a d’ailleurs adressé une note circulaire aux banques pour leur demander de justifier les couvertures qu’elles ont commencé à proposer à leurs clients, provoquant une vague de fébrilité dans les salles de Forex et auprès des entreprises et des particuliers. Pour calmer la fièvre, Abdellatif Jouahri, a indiqué qu’il est disposé à recevoir les opérateurs économiques qui pourraient encore être dans l’expectative.


« Je suis déçu parce que nous les considérions comme les meilleurs porte-paroles de cette réforme », a dit sans gants, Jouahri, accusant les banquiers et leurs traders de faire « de mauvais calculs » et de susciter un flou intolérable pour la banque centrale qui s’estime touchée dans sa crédibilité. « Nous ne jouons pas ! », a-t-il tapé du poing sur la table.



« Il ne faut pas confondre taux de change et régime de change. Il n’y aura pas de dévaluation. Une Banque centrale qui ne tient pas ses engagements n’est pas crédible, ce n’est pas une banque centrale », a-t-il martelé, laissant même présager des sanctions « s’il le faut » contre les récalcitrants, accusés d’avoir « spéculé sur le dirham » et provoqué des tensions injustifiées sur le marché des changes.

 

Bank al-Maghrib va contrôler toutes les opérations de couverture

Dans ce sens, Bank al-Maghrib a demandé aux banques de justifier, opération par opération, les couvertures qu’elles ont proposées à leur clientèle ces derniers jours. « Il n’y aura pas de dévaluation du dirham » a insisté Jouahri. « Tous ceux qui anticipent un mouvement font un mauvais calcul sur les intentions des autorités monétaires ».

 

Le gouverneur a insisté pour dire qu’il a lui-même communiqué par téléphone sa désapprobation aux présidents des banques leur annonçant des missions de contrôle à venir. Un rappel à l’ordre exceptionnel, d’autant que ces mêmes intermédiaires avaient été suffisamment prévenus pour qu’ils servent de « canal d’explication à leur clientèle ».

 

Jouahri a rappelé à l’opinion publique qu’il ne s’agit en rien d’un diktat du Fonds monétaire international : « Le FMI ne nous a rien imposé ! », a-t-il répété. « Avons-nous la tête de personnes qui prennent des décisions sans réflexion préalable ? », s’est interrogé en substance le gouverneur


.« La date de la flexibilisation des changes sera annoncée fin juin », a-t-il enfin lâché. Une annonce solennelle qui se fera lors d’une conférence de presse dédiée à l’événement en présence de Mohamed Boussaid, ministre des Finances.

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Le Desk Newsroom