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Maghreb« Non aux Africains en Algérie » : le racisme anti-migrants s’affiche sur les réseaux sociaux

21.06.2017 à 15 H 16 • Mis à jour le 21.06.2017 à 15 H 16
Par Zahra Rahmouni
Le 20 juin coïncidait aussi avec la Journée mondiale des réfugiés. Nous avons constaté que certaines personnes ont choisi ce jour-là pour mener une campagne raciste et choquante contre les Subsahariens, les Africains, les personnes de couleur », a regretté Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty Algérie, qui dénonce les appels à la violence relayés sur les réseaux sociaux

Les derniers réfugiés syriens bloqués à la frontière algéro-marocaine depuis le 17 avril dernier, ont pu entrer au Maroc après les directives données mardi par Mohammed VI.


« Dès hier soir, les personnes ont été prises en charge » et « les premiers soins médicaux ont été donnés. Aujourd’hui ils se dirigent vers la ville d’Oujda » afin que le processus juridique lié au statut de réfugiés soit appliqué, a expliqué Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie lors d’une conférence de presse tenue mercredi 21 juin, en présence de Said Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH).


Les 28 derniers réfugiés syriens ont donc pu entrer au Maroc après avoir enduré de dures conditions de vie à proximité de la ville frontalière de Figuig. « L’ensemble des réfugiés syriens doit accéder au statut de réfugiés soit au Maroc, soit dans un pays tiers. Il faut que le HCR fasse vraiment son travail pour qu’une solution soit trouvée pour chaque personne », a poursuivi Hassina Oussedik.


Projet de loi des autorités algériennes

Selon Amnesty Algérie et la LADDH, les États marocain et algérien se distinguent par leur manque de lois concernant les droits des migrants et des réfugiés. Les deux organisations sont revenues sur l’annonce récente « d’un nouveau projet de loi relatif à l’accueil des personnes en danger qui est en cours d’élaboration au ministère des Affaires étrangères ».


Si elles saluent cette décision, elles précisent néanmoins que les acteurs de la société civile n’ont pas été associés au projet annoncé lundi 19 juin par le ministre de l’Intérieur, Nouredine Bedoui. Selon les informations rapportées par l’agence officielle, le responsable avait expliqué qu’« un fichier national est en cours de préparation pour recenser les migrants africains » en Algérie.


Amnesty Algérie et la LADDH indiquent qu’elles suivront de près les mises en œuvre de cette mesure et espèrent que celle-ci pourra permettre de régulariser la situation des réfugiés et migrants en leur permettant d’avoir accès à la santé et à l’éducation ainsi qu’au droit au travail. De nombreux Subsahariens sont en effet employés sur les chantiers et vivent dans des conditions précaires et sans recours face à des employeurs qui peuvent abuser de leur précarité.


Racisme sur les réseaux sociaux

Le 20 juin coïncidait aussi avec la journée mondiale des réfugiés. « Nous avons constaté que certaines personnes ont choisi ce jour-là pour mener une campagne raciste et choquante contre les Subsahariens, les Africains, les personnes de couleur », a regretté Hassina Oussedik qui dénonce les appels à la violence relayés sur les réseaux sociaux.


Hier, le hastag #لا_للافارقه_في_الجزاير  « Non aux Africains en Algérie » était largement partagé sur Twitter et des internautes ont même appelé à « nettoyer les villes » algériennes.


« Nous devons réagir et montrer que les personnes qui tiennent ces propos ne reflètent pas l’ensemble de la société algérienne. Nous sommes un pays africain. Nous avons des compatriotes qui ont une couleur de peau plus foncée. Il important que nous travaillions sur la tolérance et l’acceptation de nos différences », a déclaré Oussedik qui appelle les autorités à prendre des mesures contre le racisme et les appels à la violence.

Par Zahra Rahmouni
En partenariat avec TSA
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