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MigrantsUn quart de million de Marocains en situation irrégulière en Espagne

12.06.2018 à 10 H 27 • Mis à jour le 12.06.2018 à 10 H 27
Par Javier Otazu Agencia EFE
Ce chiffre représente un tiers des 773 478 Marocains enregistrés légalement à la fin du mois de décembre dernier. Il en résulte que le nombre total des Marocains dépasserait le million, ce qui en fait, de loin, la première communauté étrangère en Espagne

Près de 250 000 Marocains se trouvent en Espagne en situation irrégulière du fait de la crise mais aussi du rebond de l’arrivée des pateras depuis 2016, selon l’agence EFE qui cite des sources marocaines et espagnoles.


Ce chiffre représente un tiers des 773 478 Marocains enregistrés légalement à la fin du mois de décembre dernier. Il en résulte que le nombre total des Marocains dépasserait le million, ce qui en fait, de loin, la première communauté étrangère en Espagne.


Les sources qui ont collecté ces chiffres de divers ministères concernés (Intérieur, Affaires étrangères et ‘émigration) ont requis l’anonymat en raison de la sensibilité de l’affaire. Elles ont souligné que le problème a déjà été soulevé par Rabat au niveau bilatéral pour une recherche d’une solution, bien que le changement de gouvernement en Espagne ne présage pas d’une issue rapide à cette requête.


Dans le même temps, elles ont souligné qu’ « il n y aura pas des expulsions » de ces Marocains illégaux, sauf ceux qui sont impliqués dans des crimes, et en dépit du fait que la plupart des cas sont bien connus par la police espagnole et les consulats marocains.


Le plus grand nombre d’irréguliers est concentré en Catalogne –  en particulier à Barcelone et dans sa périphérie –  la région où les Marocains ont toujours été les plus abondants.


Il y a aussi de nombreux cas en Andalousie, où il y a des familles entières qui vivent dans les villes de l’intérieur du pays, en raison de la crise, après l’expiration de leur permis de séjour depuis des mois, voire des années.


L’expiration du permis de séjour entraîne la perte du permis de travail. Sans eux, il devient presque impossible de renouveler la résidence, devenant un problème circulaire. De plus, toute faute administrative (une contravention par exemple) rend impossible la revendication de la « résidence par enracinement » obtenue après trois ans à l’aide de tout support documentaire.


En général, il s’agit d’une population stabilisée en Espagne, dans de nombreux cas avec des enfants d’âge scolaire, enregistrés dans leurs différentes municipalités et avec des cartes de santé en vigueur. Le principal problème est d’avoir perdu son emploi à la suite de la crise, puis d’avoir vu son permis de séjour expiré après avoir épuisé les périodes de subventions et d’aide.


30 000 Marocains ont ralliés illégalement l’Espagne depuis 2016

Mais il y a aussi des Marocains arrivés en Espagne dans la vague de bateaux enregistrée depuis deux ans, après le changement des routes de migration. Les autorités espagnoles estiment qu’entre 2016 et le premier trimestre de cette année, plus de 30 000 Marocains sont arrivés en Espagne de cette manière et qui sont également dans l’illégalité.


Ces Marocains ont tendance à s’inscrire peu de temps après leur arrivée en Espagne, parfois collectivement. Beaucoup se rendent à un centre médical pour obtenir un document utilisé comme preuve de leur enracinement.


Les moyens de subsistance de chacun d’entre eux sont variés : pour la plupart, selon les sources, ils travaillent au noir dans trois secteurs principaux : le service domestique, l’agriculture et la construction.


Certains ont réagi différemment à la crise, soit en retournant au pays ou en se déplaçant à la recherche d’autres opportunités. Les Marocains sont cependant considérés comme une population très stable enracinée à son point de chute et dotée d’une grande capacité de résistance à l’adversité.


Comme a pu le constater EFE, il y a trois ou quatre ans, de nombreux chefs de famille marocaine qui avaient perdu leur emploi en Espagne sont revenus au Maroc pour travailler en tant que transporteurs, pêcheurs ou ouvriers, mais en laissant leur famille en Espagne, pour le projet à long terme de ne pas demeurer dans leur pays d’origine.


Des sources du ministère marocain de l’Intérieur démentent avoir demandé à l’Espagne une nouvelle modalité de régularisation des Marocains, affirmant que « c’est une décision souveraine espagnole », mais des sources espagnoles affirment qu’ils ont évoqué le problème lors de plusieurs réunions.


Les sources s’accordent également sur le fait qu’une opération de régularisation ne créera désormais qu’un « effet d’appel d’air » à un moment où l’immigration clandestine bascule de la Méditerranée centrale vers la zone du détroit de Gibraltar.


Au cours des six opérations de régularisation entreprises par l’Espagne dans le passé, les Marocains ont toujours été la première communauté bénéficiaire, à l’exception de la dernière, en 2005, avec 86 000 Marocains (sur un total de 690 000 régularisés), soit moins que les Roumains ou les Equatoriens.

Par Javier Otazu Agencia EFE
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