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SociétéAffaire Khadija: la version contradictoire des parents des accusés

27.08.2018 à 05 H 36 • Mis à jour le 27.08.2018 à 05 H 36
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Dans des déclarations face caméra, des parents de certains des mineurs accusés d’avoir participé à l’enlèvement, la séquestration, la mutilation et le viol de la jeune fille du douar de Oulad Ayed, apportent un témoignage contradictoire au récit qu’elle a fait à la presse. Pour eux, Khadija avait fugué du domicile familial et fréquentait assidument ses supposés agresseurs…

Alors que le public s’émeut du calvaire de la jeune Khadija, 17 ans, qui a témoigné à divers médias avoir été séquestrée, violée et torturée durant deux mois par un groupe d’adolescents dans le douar de Oulad Ayed de la province de Fquih Ben Salah, que des associations et des individualités au Maroc et à l’international se mobilisent pour lui porter assistance, une autre version, portée par les proches des accusés en garde à vue dans le cadre de l’enquête diligentée par les autorités, met en doute le récit de la jeune fille.


Le récit de l’enlèvement réfuté. Des tatouages antérieurs aux faits ?

La mère de deux des principaux accusés, eux aussi mineurs, prétend dans une déclaration filmée à Sultana.ma que Khadija fréquentait assidument ses supposés agresseurs et qu’il ne s’agit pas d’un enlèvement. Selon elle, l’adolescente avait coutume de s’automutiler à l’aide d’une lame ou par des brulures de cigarettes accusant régulièrement sa propre mère de la pousser à la prostitution. « Si cette fille était une victime et a véritablement été kidnappée, sur mon honneur, je la défendrais moi-même. J’aurais moi-même livré mon fils aux autorités  », a-t-elle répété. « Nous l’avons chassée à maintes reprises (…). Elle boit, elle fume, elle s’automutile, tout le monde à Oulad Ayad le sait ».


 

Autre fait troublant, Khadija aurait fugué depuis des mois au su de ses parents alors qu’elle prétend avoir été enlevée sur le palier du domicile d’un membre de sa famille « Elle venait à notre porte demander après notre fils, et maintenant elle affirme qu’il est son ravisseur, n’est-ce pas là une aberration ? », affirme la mère de deux des accusés.


Quant aux tatouages dont elle affirme dans ses multiples déclarations à la presse les avoir subis lors de sa séquestration, ils seraient, selon elle, antérieurs aux faits. « C’est elle qui demandait à ce qu’elle soit tatouée, d’ailleurs ses parents le savent parfaitement », a ajouté la même source.


Un autre proche des accusés abonde dans le même sens. « Elle connaît très bien la personne qui dispose de la machine à tatouer (…) qui lui a inscrit son nom (sur la nuque), et cela depuis fort longtemps ».


Les parents silencieux durant les deux mois du rapt… 

« Si cette fille avait disparu suite à un rapt depuis deux mois, pourquoi son père ne l’a pas déclaré aux autorités ? », s’interroge-t-il, accusant lui aussi sa propre famille de « l’avoir mise sur le trottoir pour de l’argent ». « Pendant tout ce temps, son père jouait dans un orchestre dans des mariages, ne s’est-il pas soucié du sort de sa fille ? Ce sont des gens pauvres, qui ont besoin d’argent et se sont adonnés à cela (la prostitution de leur fille) directement », accuse-t-il.


Ce n’est que lorsque une association locale s’est intéressée au cas de sa fille qu’il aurait commencé à se plaindre de son sort, insiste à dire ce témoin : « C’est lui qui aurait du alerter cette association et les autorités, les enquêteurs n’ont-ils pas les moyens de faire éclater toute la vérité ? ».


Dans une autre vidéo diffusée par Sultana.ma, la mère d’un autre accusé à peine majeur, affirme que Khadija n’est plus sous le contrôle de ses parents depuis trois ans. Un homme à ses côtés affirme qu’elle « fume du haschich, nage dans l’oued avec les garçons avec qui elle trainait régulièrement (…), elle n’a jamais été enlevée, sa mère témoignait qu’elle avait déserté le domicile familial (…). Nos enfants sont des mineurs, ce ne sont pas des ravisseurs », a-t-il affirmé.



Un autre témoin raconte avoir déjà croisé Khadija « rigolant avec de nombreux jeunes au milieu des oliviers, buvant de l’eau de vie et fumant des joints ». Il affirme avoir alerté son père sur ses fréquentations sans succès. « Ce sont trois de ces jeunes qui l’ont ramenée chez elle (…) Par la suite, on l’a vu déambuler dans les rues avec des gendarmes, pointant du doigt celui-ci et celui-là ».

 

Aucun commentaire officiel n’a encore été fait pour commenter le cas de la jeune fille.

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