Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
Newsroom

PrécaritéLes futurs médecins et pharmaciens alertent sur leurs conditions sociales

10.05.2022 à 13 H 08 • Mis à jour le 10.05.2022 à 13 H 40
Par
La Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie (CNEMEP), a lancé une enquête afin d'évaluer la situation sociale et économique des étudiants. Dans son dernier rapport, la CNEMEP alerte sur les conditions précaires des étudiants. Les détails

La Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie (CNEMEP), tire la sonnette d’alarme en publiant son premier rapport sur les conditions financières et sociales des étudiants.


Pour la première fois, la CNEMEP enquête

Une enquête nationale des études médicales et pharmaceutiques au Maroc a été lancée par la CNEMEP, traitant ainsi les aspects relatifs à l’étudiant et à sa formation. Les conditions sociales, le statut juridique dans les hôpitaux, les droits et devoirs, l’évaluation de la formation théorique et pratique et le troisième cycle, sont tant de critères pris en compte par cette enquête.


L’enquête se focalise dans sa première phase sur les « conditions économiques et sociales des étudiants », afin d’analyser les difficultés subies et d’évaluer les mesures institutionnelles prises par les organismes de tutelle. Du 9 au 16 avril 2022, plus de 5 300 étudiants y ont participé. la CNEMEP rappelle que les étudiants investissent leur temps et leur argent car ils doivent prendre en compte les frais de déplacement, de logement, de nourriture, de traitement, d’outils à l’instar des stéthoscopes et des trousseaux dentaires, en plus des frais de polycopiés.


Les indemnités subissent des dysfonctionnements

Selon la CNEMEP, les étudiants des facultés publiques souffrent « de conditions sociales et économiques déplorables », ne leur permettant pas de suivre leurs formations dans de bonnes conditions. Les montants des indemnités seraient dérisoires et la CNEMEP déplore les dysfonctionnements de leur déblocage et versement.


L’étude a permis de démontrer que plus de 98,9 % des étudiants recensés se disent insatisfaits de la manière dont le gouvernement gère les dossiers. En effet, un accord signé le 28 avril 2019, entre la CNEMEP et les deux ministères de tutelles « reste en suspens, vu que le gouvernement a failli à ses promesses et engagements », selon les propos de la Commission.


Les indemnités des étudiants en médecine en 7ème année, ainsi que celles des étudiants en médecine dentaire et en pharmacie en 6ème année, n’ont toujours pas été augmenté de 500 dhs, alors que pour d’autres, la totalité du montant n’a pas été reçue. Le décret n°2.20.407 de juin 2020 relatif à l’augmentation des bourses des étudiants dans les cas précédemment cités, n’a toujours pas été appliqué malgré sa publication au Bulletin Officiel.


La CNEMEP assure que certaines de ces indemnités ont un retard de plus de 10 mois pour plusieurs étudiants dans différentes villes du Royaume et ne manque pas de rappeler que 60,1 % de ces étudiants se reposent entièrement sur ces aides pour couvrir leurs dépenses quotidiennes. En effet, l’enquête démontre que 60 % des étudiants se retrouvent à découvert, et sautent chaque semaine des repas afin d’éviter cette situation.


Ce que propose la CNEMEP

Les  étudiants estiment en moyenne que le montant minimal nécessaire est de 2 706,6 dhs par mois afin de couvrir les dépenses relatives au transport, au logement et à l’alimentation.


Pour l’heure, 96 % des étudiants affirment que les indemnités actuelles ne suffisent pas à avoir un mode de vie correct. Ainsi, les étudiants aimeraient voir leurs indemnisations passer de 600 à 800 dirhams pour la 1ère et 2ème année, de 1 000 à 1 200 DH pour la 3ème année, de 1 200 à 1 400 DH pour la 4ème année, de 1 400 à 1 600 DH pour la 5ème année, de 2 000 à 2 500 DH pour la 6ème année et de 2 500 à 3 000 DH pour la 7ème année.


Presque la totalité des étudiants (95,7 %) affirment la nécessité de rémunérer les gardes. La mise en place d’offres d’emploi à temps partiel adaptés aux profils et aux stages est également fortement demandée par 91,2 % des étudiants. L’accès à la restauration du CHU pour les externes représente un droit légitime selon 95,8 % des étudiants, face aux difficultés financières, « surtout que les étudiants ne reçoivent jamais de repas même au cours de leurs gardes », affirme la Commission.


De même, 97,2 % des étudiants demandent à ce que les buvettes et cafétérias au sein des facultés soient considérées comme des restaurants universitaires, avec des prix abordables.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite
Par
Le Desk Newsroom