FinanceRevolut devra attendre : Jouahri invoque trois priorités stratégiques
Abdellatif Jouahri l'a confirmé lors de la conférence de presse tenue à l'issue du dernier Conseil de Bank Al-Maghrib : les dirigeants de Revolut, la néobanque britannique figurant parmi les fintechs les mieux valorisées au monde, ont récemment rencontré le gouverneur de la Banque centrale pour explorer les opportunités du marché marocain, comme nous le rapportions précédemment.
Jouahri a identifié trois priorités qui ne permettent pas, selon lui, de répondre favorablement à ce type de démarche. Le premier concerne les négociations encore en cours avec les partenaires européens sur le cadre réglementaire applicable aux transferts des Marocains résidant à l'étranger, un dossier qu'il a qualifié de loin d'être finalisé.
Le deuxième a trait aux évaluations internationales prévues d'ici la fin de l'année, notamment celles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Le troisième porte sur les exercices d'évaluation conduits avec le GAFI sur les dispositifs de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. « Nous avons aujourd'hui trois grands chantiers qui ne nous permettent pas de répondre favorablement à ce type de demande », a résumé le gouverneur.
Il a par ailleurs précisé que Revolut n'a formulé aucune demande formelle d'agrément bancaire ou de licence d'exercice au Maroc. La démarche relevait d'une prise de contact et d'une exploration du marché. Les représentants de la fintech auraient pris acte du contexte et indiqué qu'ils reviendraient à une date ultérieure.
Bank Al-Maghrib a en outre estimé que le segment visé par Revolut est déjà largement couvert par les acteurs locaux, banques comme établissements de paiement. « Cette clientèle est une clientèle où les acteurs marocains sont très engagés », a souligné Jouahri.
Simple, ou comment AWB a anticipé l'ouverture
Cette position de principe n'a pas empêché les banques marocaines de se mettre en ordre de marche bien avant que la question de l'agrément de Revolut ne se pose.
Le Desk avait révélé en exclusivité le projet Simple d'Attijariwafa Bank (AWB), une super-application financière positionnée directement sur le terrain des néobanques, avec ouverture de compte en ligne, carte bancaire physique ou virtuelle, paiement par QR code, virement instantané et épargne automatisée.
L'application, lancée au Morocco Gaming Expo en mai 2026 devant le prince héritier Moulay El Hassan, propose une architecture freemium à paliers, un modèle directement inspiré de celui que Revolut a popularisé en Europe. Le numéro un bancaire du Royaume, filiale de la holding Al Mada, dispose ainsi d'une avance structurelle sur tout concurrent international dont l'entrée sur le marché reste suspendue à l'issue des chantiers réglementaires en cours.
D'après nos sources, d'autres banques devraient emboiter le pas à AWB : c'est le cas notamment de Saham Bank ou encore la Banque centrale populaire qui préparent aussi une offre similaire, apprend-on.
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