DiplomatieSahara: Rodríguez Mackay plaide pour un appui sans équivoque du Pérou au plan d’autonomie
Dans une tribune publiée dans le quotidien péruvien Diario Expreso, Miguel Ángel Rodríguez Mackay, ancien ministre des Affaires étrangères du Pérou et spécialiste des relations internationales, appelle Lima à soutenir la proposition d’autonomie marocaine pour le Sahara occidental, et à rompre définitivement avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
Ce n’est pas la première fois que l’ex-chef de la diplomatie péruvienne, qui avait déjà initié cette orientation diplomatique en 2022 sous le gouvernement de Pedro Castillo, plaide pour un alignement du Pérou sur la position de Rabat dans ce conflit opposant le Maroc au Front Polisario.
Dans sa tribune, Rodríguez Mackay se félicite du vote récent de la Commission des relations extérieures du Congrès péruvien (14 voix contre 2), en faveur de l’initiative marocaine d’autonomie présentée aux Nations Unies en 2007.
Cette initiative, qu’il qualifie de « sérieuse, réaliste et crédible », est selon lui de plus en plus soutenue à l’échelle internationale. Il plaide pour que le ministère péruvien des Affaires étrangères suive la décision du Congrès et enterre définitivement « le chapitre honteux de la diplomatie péruvienne » de la reconnaissance de la RASD.
Il accuse cette entité d’être liée au terrorisme international et soutenue par le Front Polisario et l’Algérie, « un duo qui, depuis cinquante ans, poursuit un plan sécessionniste visant à arracher le Sahara marocain du royaume alaouite ».
Dans sa charge contre les gouvernements précédents, Rodríguez Mackay revient sur sa propre démission, présentée comme un geste de rupture face à ce qu’il considère comme une erreur diplomatique et « une tache indélébile » dans l’histoire diplomatique du Pérou : le rétablissement par l’ancien président Pedro Castillo des relations avec la RASD en 2022.
Notons qu’une année plus tard, en septembre 2023, le Pérou choisit sous la présidence de Dina Boluarte de suspendre à nouveau les relations diplomatiques avec la « RASD ». Un communiqué du gouvernement péruvien annonçait cette décision, prise « conformément aux règles applicables du droit international », et précisait que le Pérou continuait à appuyer tous les efforts de travail aux Nations unies, visant à « garantir que les parties impliquées dans la question du Sahara occidental parviennent à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable ».
Enfin, pour appuyer son propos, l’ancien diplomate cite Javier Pérez de Cuéllar, ancien secrétaire général des Nations Unies et figure emblématique de la diplomatie péruvienne.
Dans ses mémoires, ce dernier exprimait déjà ses doutes quant à la pertinence d’une indépendance sahraouie et envisageait comme issue préférable une intégration du Sahara occidental en tant que région autonome du Maroc.
« Je n’ai jamais été convaincu que l’indépendance offrirait un avenir meilleur aux habitants du Sahara occidental. Une solution politique raisonnable, dans laquelle le Sahara serait intégré, en tant que région autonome, au Maroc, pourrait épargner de nombreuses vies, ainsi que d’importantes ressources financières », écrivait-il.
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