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SÉRIE EP. 1

Pas de visa pour Taza

19.07.2025 à 11 H 38 • Mis à jour le 18.08.2025 à 12 H 51 • Temps de lecture : 19 minutes
Par
SÉRIE D'ÉTÉ
Le Desk consacre sa série de l’été 2025 à des reportages dans ces villes oubliées qui, malgré leur potentiel évident, sont restées à la marge de l'essor touristique du Maroc. Le premier épisode nous emmène dans une balade désenchantée à Taza, poids lourd de l'Histoire du Royaume, aujourd'hui bien éloigné de son lustre d'antan

Depuis quelques mois, la formule « Taza avant Gaza » a fleuri et prospéré sur les réseaux sociaux marocains. Extrapolation bien locale de l’adage « charité bien ordonnée commence par soi-même  », elle sous-entend que les énergies de la nation devraient d'abord être consacrées aux cités du cru avant d'être déployées ailleurs, ici l'enclave martyre palestinienne. Elle laisse aussi penser, en filigrane, que la ville de l'Oriental a droit à tous les égards. Dans la réalité, il n’en est rien. C’est même le contraire : depuis plusieurs années déjà, Taza souffre d'un déclassement silencieux.


Un déclassement qui dure depuis plusieurs années, et qui s’est aggravé depuis 2015, lorsque le nouveau découpage territorial a décidé de son « déménagement » administratif. Alors que le nom figurait en tête de la région Taza-El Hoceima-Taounate, il a fini par disparaître dans celle de Fès-Meknès, tout comme la commune s’est fondue dans l’anonymat, coincée entre les deux principales attractions des circuits touristiques dans la zone.

La muraille almohade taguée, en haut du jardin Bab jemaa. Crédit : Sami Lakmahri / Le DeskLa muraille almohade, en haut du jardin Bab Jemaa, souillée de tags et d'inscriptions diverses. Crédit : Sami Lakmahri / Le Desk

D’ailleurs, comme un symbole, la capitale spirituelle est un passage obligé pour rallier Taza par l'Ouest, via l’autoroute A2. Telle une localité de passage, l'entrée de la ville est bordée de gargotes proposant les inévitables grillades et autres tajines à des prix défiant toute concurrence. Entre les nuages de fumées odorantes, deux jeunes Français, vêtements amples et dreadlocks blondes, s’affairent autour d'une assiette de kefta et son accompagnement de frites maison. 


Ils expliquent que leur présence dans la ville est une simple halte : « Après avoir fait le Rif, on prévoit de passer un peu de temps dans le Moyen Atlas, vers Ifrane et Azrou. On s’est arrêtés pour manger avant de repartir. Pourquoi ? Cela vaut le coup de rester là ? ». Sans vraiment attendre de réponse, les voilà qui hèlent le serveur pour régler l'addition et reprendre aussitôt leur route vers la montagne. Ils seront les seuls touristes étrangers croisés à Taza durant les trois jours passés sur place.

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