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Energie
Gazoduc Nigeria-Maroc : réunion à Rabat des comités techniques et de pilotage

12.07.2025 à 12 H 17 • Mis à jour le 12.07.2025 à 13 H 30 • Temps de lecture : 3 minutes
Par
Amina Benkhadra, directrice générale de l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM).

Les 10 et 11 juillet, Rabat a accueilli les réunions du comité technique et du comité de pilotage du projet de Gazoduc Africain Atlantique (GAA), à l’initiative conjointe du Maroc et du Nigeria. Ces rencontres entrent dans le cadre de la gouvernance convenue par les protocoles d’accord signés entre les compagnies pétrolières nationales des pays concernés, les institutions régionales de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les agences marocaines impliquées, notamment l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), l’Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) et l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen).


Les travaux ont permis de dresser un état d’avancement détaillé du projet. Les études d’ingénierie détaillées (Front-End Engineering Design – FEED) ont été finalisées en 2024. Les études topographiques et environnementales (Survey et Étude d’impact environnemental et social – ESIA) du tronçon nord, entre la Mauritanie et le Maroc, sont terminées. Celles du tronçon sud, s’étendant du Nigeria au Sénégal, sont en cours d’achèvement. Le gazoduc est dimensionné pour transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, selon une approche modulaire et progressive.


La gouvernance du projet repose sur la création d’une société holding de projet (Project Holding Company), chargée de superviser le financement et la construction. Trois entités juridiques dédiées (Special Purpose Vehicles - SPV) seront mises en place pour gérer chacun des segments du tracé.


Sur le plan institutionnel, une avancée majeure a été actée avec l’adoption de l’Accord intergouvernemental (Inter-Governmental Agreement - IGA) lors du 66e sommet de la CEDEAO en décembre 2024. Ce texte encadre les obligations et droits des États traversés, ainsi que les règles relatives au transit, à la fiscalité et à la sécurité de l’ouvrage.


En marge des travaux, un nouveau mémorandum d’entente a été signé à Rabat entre la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC), l’ONHYM et la Société togolaise de gaz (Sotogaz), officialisant l’adhésion de cette dernière au projet. Le document, d’abord signé à Abuja par Bashir Bayo Ojulari, président exécutif de la NNPC, a été paraphé lors de la session en présence d’Olalekan Ogunleye, vice-président exécutif Gas, Power &  New Energy de la société nigériane.


Le tracé du gazoduc, long de plusieurs milliers de kilomètres, reliera le Nigeria au Maroc en longeant la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest. Il traversera 13 pays : le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal et la Mauritanie. Il sera connecté au Gazoduc Maghreb-Europe (GME) et au réseau gazier européen. Des extensions sont également prévues vers le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

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