S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Datadesk

Afrobarometer 2025 : le paradoxe de la participation politique au Maroc

15.07.2025 à 01 H 15 • Mis à jour le 15.07.2025 à 09 H 08 • Temps de lecture : 3 minutes
Par
Alors que l’engagement citoyen reste globalement dynamique sur le continent africain, le Maroc affiche un profil paradoxal : si l’identification partisane y demeure stable, la participation électorale et communautaire y est parmi les plus faibles. Le rapport African Insights 2025 d’Afrobarometer lève le voile sur une démocratie de loyauté silencieuse, où les citoyens se reconnaissent assez dans les partis, sans pour autant s’impliquer activement dans la vie publique

Voici l'ensemble des données relatives au Maroc extraites du rapport African Insights 2025 d’Afrobarometer :







Participation électorale




  • 51 % des Marocains interrogés déclarent avoir voté lors des dernières élections nationales.




  • Ce taux est inférieur à la moyenne africaine de 72 %.




  • Le Maroc figure parmi les pays les moins mobilisés électoralement du continent.








Identification partisane




  • 41 % des Marocains se disent proches d’un parti politique.




  • Ce chiffre correspond exactement à la moyenne continentale.




  • Le Maroc est le seul pays des 39 à ne pas enregistrer de déclin de cette identification au cours des dix dernières années.








Engagement communautaire




  • 14 % des Marocains déclarent avoir assisté à une réunion communautaire au cours des 12 derniers mois.




  • Ce taux est très inférieur à la moyenne africaine de 47 %.




  • Le Maroc se situe parmi les pays les moins engagés localement, avec la Tunisie (11 %) notamment.




  • À titre de comparaison, Madagascar atteint 85 %, la Tanzanie 79 %.








Action collective




  • 25 % des Marocains disent avoir « rejoint d’autres pour soulever un problème ».




  • Ce taux est inférieur à la moyenne continentale de 42 %.








Contacts avec les représentants




  • 13 % ont contacté un représentant d’un parti politique.




  • 14 % ont contacté un conseiller communal.




  • 11 % ont contacté un député.




  • 24 % ont sollicité un chef traditionnel, ce qui indique le poids persistant des figures coutumières dans l’intermédiation sociale et politique.








Participation à des protestations




  • 9 % des Marocains déclarent avoir participé à une manifestation au cours de l’année écoulée.




  • Ce chiffre est équivalent à la moyenne continentale.







Ces données montrent un paradoxe marocain : une fidélité déclarée aux partis, mais une faible traduction en engagement politique actif, tant électoral que communautaire ou institutionnel.

Le dernier rapport d’Afrobarometer, « African Insights 2025 », basé sur une enquête conduite dans 39 pays auprès de plus de 53 000 citoyens, éclaire d’un jour nouveau la participation citoyenne dans le continent. Si la moyenne africaine montre une certaine résilience des formes d’engagement politique, malgré un contexte marqué par le recul des libertés, le Maroc se singularise par un paradoxe : une identification partisane relativement stable, mais une mobilisation électorale et communautaire parmi les plus faibles d’Afrique.


Abonnez-vous pour continuer la lecture

à partir de 40 dh par mois

(facturé annuellement)

Choisir une offre
Par
Le Desk Datadesk