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Gouvernance
Marchés de la Santé : l’audit qui n’en finit pas d’être repoussé

29.01.2026 à 13 H 18 • Mis à jour le 29.01.2026 à 13 H 33 • Temps de lecture : 3 minutes
Par Soufiane Sbiti
Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale.

Annoncé comme un jalon important en matière de transparence et de gouvernance, l’audit de marchés publics stratégiques du ministère de la Santé et de la Protection sociale se fait toujours attendre. Lancé en août 2025, le marché relatif à la réalisation de prestations d’audit n’a, à ce jour, pas été attribué, malgré une succession de reports qui interroge.


Selon les éléments recueillis par Le Desk, dix reports ont déjà été enregistrés depuis le lancement de la procédure, un niveau inhabituel pour un marché de ce genre. D'autant plus, que selon les constatations faites, aucune modification au niveau du cahier de prescriptions spéciales n'a été effectuée.


Initialement prévue dans les mois suivant le lancement de l’appel d’offres, l’ouverture des plis a été repoussée à plusieurs reprises. La dernière échéance désormais communiquée fixe cette étape à mars 2026, soit près de sept mois après le démarrage de la procédure. En pratique, cela signifie que l’audit, censé porter sur des exercices déjà clos, continue de glisser dans le temps, sans qu’aucune justification publique détaillée ne soit fournie sur ces reports successifs.


Pourtant, l’enjeu est loin d’être mineur. Le ministère entend auditer les marchés publics passés au cours des exercices 2023 et 2024, pour une enveloppe estimative de 4,8 millions de dirhams (MDH). Une enveloppe colossale pour ce type de prestations.


La mission doit porter sur environ 150 marchés, dont les montants s’échelonnent entre 3 et 461 MDH, couvrant ainsi une part significative de la commande publique du département. Ces marchés concernent des secteurs sensibles, notamment les équipements, la maintenance, l’approvisionnement en médicaments et produits de santé, ainsi que la gestion logistique.


Sur le fond, l’audit vise à examiner la conformité des procédures de passation et d’exécution des marchés à la réglementation en vigueur, à vérifier la réalité des prestations réalisées, à évaluer la régularité des liquidations et le respect des délais de paiement, mais aussi à identifier d’éventuels dysfonctionnements, litiges ou faiblesses structurelles dans la gestion des marchés publics. La mission doit également déboucher sur des recommandations destinées à améliorer l’ensemble du cycle de passation, de suivi et de liquidation des marchés.


La portée de l’opération est nationale. L’audit couvre à la fois l’administration centrale, notamment la Direction des équipements et de la maintenance, la Direction de l’approvisionnement en médicaments et produits de santé et la Division du parc automobile et des affaires générales, et l’ensemble des sous-ordonnateurs déconcentrés dans les 12 régions du Royaume, de Tanger-Tétouan-Al Hoceima à Dakhla-Oued Eddahab.


Un autre élément renforce la sensibilité du dossier : l’essentiel des marchés concernés a été passé durant le mandat de Khalid Aït Taleb, ancien ministre de la Santé. L'audit n'a, en théorie, pas vocation à cibler des responsabilités individuelles. Dans un contexte où la commande publique du secteur de la santé est régulièrement scrutée, comme l'indique l'épisode des contestations du mouvement GenZ212.

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Par @soufianesbiti