DiplomatieSahara : la Bolivie suspend sa reconnaissance de la RASD, entité du Polisario
La Bolivie a annoncé la suspension de sa reconnaissance de l’entité dénommée « République arabe sahraouie démocratique » (RASD), marquant un tournant diplomatique dans sa position sur la question du Sahara.
Cette décision a été rendue publique à l’issue d’un entretien téléphonique tenu le lundi 23 février entre Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, et son homologue bolivien, Fernando Aramayo, ministre des Affaires étrangères de l’État plurinational de Bolivie.
Dans un communiqué, le chef de la diplomatie bolivienne indique avoir procédé à « un réexamen souverain de sa politique étrangère », agissant « en pleine conformité avec la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité » et réaffirmant son soutien au processus politique mené sous les auspices des Nations unies. À l’issue de cet examen, la Bolivie a décidé de suspendre ses relations diplomatiques avec la RASD et de mettre fin à tout contact officiel avec cette entité, soulignant qu’elle n’est pas reconnue comme État membre de l’ONU.
Le communiqué précise que cette décision s’inscrit dans la volonté de la Bolivie de « contribuer de manière constructive aux efforts internationaux visant à parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique et durable, fondée sur le compromis », conformément aux paramètres établis par les Nations Unies.
Au-delà de la suspension de la reconnaissance de la RASD, les deux pays ont convenu de rétablir leurs relations diplomatiques et d’engager les procédures nécessaires à l’ouverture de missions diplomatiques résidentes à La Paz et à Rabat.
Cette évolution intervient dans un contexte politique interne marqué par un basculement majeur en Bolivie. Après près de 20 ans de domination de la gauche, le Mouvement vers le socialisme (MAS), parti d’Evo Morales et du président sortant Luis Arcea a perdu les dernières élections. C'est le candidat centriste, Rodrigo Paz, qui a remporté les élections.
Sous les gouvernements de gauche, La Paz avait maintenu un alignement constant avec le Front Polisario et reconnu la RASD, à l’exception d’une brève suspension en 2019 après la chute de Morales. L’émergence d’un exécutif de centre droit, à l’orientation plus pro-occidentale et moins idéologiquement attachée au front séparatiste, ouvre ainsi la voie à un repositionnement diplomatique durable, susceptible d’inscrire la Bolivie dans la dynamique observée ces derniers mois en Amérique latine, comme nous le décryptions précédemment.
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