S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Newsroom

FootballLe Maroc séduit, la Norvège s’en sort

08.06.2026 à 00 H 31 • Mis à jour le 08.06.2026 à 00 H 31 • Temps de lecture : 5 minutes
Par
Maroc-Norvège: Brahim Diaz, homme du match.
Pour son dernier galop d'essai avant la Coupe du monde, le Maroc a livré une copie léchée face à la Norvège (1-1) au Sports Illustrated Stadium de Harrison. Mais entre une cascade de changements et deux blessures inquiétantes, les Lions de l'Atlas ont laissé filer une victoire qui leur tendait les bras. À une semaine du Brésil, le verre est à moitié plein

Il y a des matchs nuls qui ressemblent à des défaites, et d'autres qui sentent bon la victoire manquée. Celui-ci appartient clairement à la seconde catégorie. Dimanche soir dans le New Jersey, devant une marée rouge et verte qui a transformé l'enceinte de Harrison en succursale du Complexe Mohammed-V, le Maroc a dominé une Norvège pourtant venue avec ses gros bras : Haaland, Ødegaard, Sørloth, Nusa, tout le gratin. Et pourtant, au coup de sifflet final, le tableau d'affichage indiquait un 1-1 qui arrangeait surtout les Scandinaves.


Le festival Brahim Diaz

Tout avait pourtant commencé comme dans un rêve. Aligné en faux neuf, Ismael Saibari donnait le tempo pendant qu'Abde Ezzalzouli et Brahim Diaz s'amusaient sur les ailes. Dès la 8e minute, le Madrilène concluait une offensive limpide d'une frappe tendue, parfaitement servi par un centre d'Ezzalzouli côté gauche (1-0). Le ton était donné, et la Norvège n'a jamais vraiment réussi à le faire taire en première période.


Porté par des transitions éclairs et un pressing étouffant, le Maroc s'est procuré de quoi plier l'affaire avant la pause. Diaz (16e), Ezzalzouli (18e, 39e) et Achraf Hakimi (37e) ont tous eu la balle de break au bout du pied. À chaque fois, il a manqué ce petit supplément de réussite, ou de sang-froid, qui sépare une démonstration d'une correction.


Haaland et Sørloth, en visite guidée

En face, le spectacle valait surtout pour son comique de situation. Erling Haaland et Alexander Sørloth, deux des attaquants les plus redoutés du continent, ont passé une bonne heure à faire du tourisme sportif. Le premier a bien réclamé un penalty après une tête contrée par l'épaule d'Issa Diop (32e), mais l'arbitre, lui, n'a pas fait dans le sentiment. Yassine Bounou, de son côté, n'a eu qu'un seul vrai frisson à gérer avant l'heure de jeu : une superbe parade devant Schjelderup, entré à la place de Nusa, juste après la reprise (50e).


Bref, tant que les onze de départ étaient sur la pelouse, la sélection de Ståle Solbakken n'avait à peu près rien à se mettre sous la dent. Le problème, c'est que les onze de départ n'allaient pas y rester.


Sept d'un coup

À l'heure de jeu, Mohamed Ouahbi a sorti son joker de match amical : sept changements d'un seul coup. Un choix défendable sur le papier : une dernière répétition sert aussi à faire tourner et à observer du monde, dont le prometteur Ayyoub Bouaddi, lancé d'entrée au milieu, mais qui a cassé net le rythme et la cohérence d'un bloc jusque-là impérial. En voulant tout regarder, Ouahbi a fini par tout dérégler, et entrouvrir la porte à la Norvège.


La punition est tombée à la 75e. Sur une percée d'Oscar Bobb, qui a fait passer un sale quart d'heure à Belamri, Martin Ødegaard a surgi pour égaliser d'un plat du pied tranquille (1-1). Et les Scandinaves, requinqués, ont même frôlé le hold-up complet dans le money time (81e). De séduisant, le Maroc était devenu fébrile, victime de sa propre générosité dans les changements.


L'infirmerie avant le Brésil

Reste que le vrai bilan de la soirée ne se lit pas sur le tableau d'affichage, mais dans le carnet du médecin. Avant même de penser au résultat, Ouahbi a peut-être perdu deux titulaires sur blessure : Noussair Mazraoui, touché au bras après un choc dès la demi-heure de jeu, puis Abde Ezzalzouli, contraint de céder sa place juste avant la pause. À une semaine du Mondial, et alors que Nayef Aguerd et Chemsdine Talbi soignent déjà leurs pépins, l'addition commence à faire grincer des dents. « Le staff médical attend les résultats des examens  », a temporisé le sélectionneur, qui se veut par ailleurs rassurant sur Aguerd, dont le retour est géré sans précipitation : l'objectif n'est pas forcément le premier match, mais un défenseur à 100 % de ses moyens.


Pour le reste, le technicien assume son choix d'adversaire. « Nous avons choisi la Norvège pour disputer un match de ce calibre, face à une équipe dotée de grandes qualités techniques et athlétiques », a-t-il justifié, tout en reconnaissant qu'il aurait préféré boucler la préparation par un succès. « Nous avons encore des ajustements à effectuer pour être prêts le jour J. »


Un air de déjà-vu

Les amateurs d'histoire auront noté le clin d'œil : il y a 28 ans, à Montpellier, le Maroc et la Norvège s'étaient déjà quittés sur un nul en Coupe du monde (2-2), au terme d'un scénario où les Lions avaient là encore dominé sans conclure. Comparaison n'est pas raison, surtout entre un amical et un match couperet, mais la constante demeure : face aux Scandinaves, le Maroc charme et repart sans les trois points.


L'essentiel est ailleurs. Avec son onze au complet, cette équipe a montré qu'elle pouvait poser des problèmes à n'importe qui : un message envoyé à quelques jours d'un certain Brésil. Demi-finalistes surprise il y a quatre ans et premiers Africains à atteindre ce stade de la compétition, les Lions de l'Atlas lanceront leur Mondial dans la nuit du 13 au 14 juin (à minuit, heure marocaine) face à la Seleção, à New York, avant de défier l'Écosse (20 juin) puis Haïti (25 juin) dans le groupe C.


D'ici là, il faudra surtout espérer que l'infirmerie se vide plus vite qu'elle ne s'est remplie. Parce que face à Vinícius et consorts, le tourisme risque de changer de camp.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Par
Le Desk Newsroom