S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
En continu

Exploration
Gaz de Guercif : Predator écarte une dilution prématurée de MOU-6 et mise sur sa trésorerie de Trinidad pour financer le forage

11.06.2026 à 12 H 31 • Mis à jour le 11.06.2026 à 12 H 31 • Temps de lecture : 4 minutes
Par
Predator Oil & Gas Holdings Plc

Predator Oil &  Gas Holdings, société basée à Jersey et cotée à Londres, a publié son rapport indépendant de ressources (Independent Technical Resources Report, ITR) consacré au puits MOU-6, prévu sur son permis onshore de Guercif, dans l'Oriental. Dans une mise à jour opérationnelle diffusée le 11 juin, le groupe indique que ce document le conduit à réviser sa stratégie de développement au Maroc : il juge désormais qu'un partenariat assorti d'une dilution capitalistique significative dans le projet MOU-6 n'est « plus commercialement attractif », au motif d'une réévaluation à la hausse du rapport risque/rendement.


Ce repositionnement marque une inflexion par rapport au discours antérieur de la société, qui sollicitait jusqu'ici des propositions de financement intégral couvrant le forage et le développement, en contrepartie d'une vente du gaz à la tête de puits et du remboursement des coûts historiques. Selon Predator, l'ITR améliore les métriques du projet en partant du principe que les difficultés de forage et de test rencontrées précédemment (les dommages de formation qui avaient bridé les essais du puits MOU-3) sont traitées par une nouvelle conception de puits, une stratégie de densité de boue revue, une chimie des fluides de forage adaptée et le recours à des canons de perforation de plus grand diamètre importés. La société affirme vouloir, sur cette base, éviter une dilution jugée « prématurée ».


Pour financer le forage sans céder de parts, le groupe avance désormais une autre voie : la trésorerie générée par ses activités à Trinité-et-Tobago. Predator estime que la mise en production du puits Snowcap-3 pourrait soutenir un financement adossé aux réserves (reserves-based lending) destiné à MOU-6, sous réserve d'un test de puits concluant et d'une déclaration de commercialité. La société souligne par ailleurs qu'un quantum de capital « relativement faible » suffirait à un premier développement pilote en gaz naturel comprimé (CNG) et/ou micro-GNL à vocation de « démonstration de concept », tout en précisant que les valorisations restent suspendues au succès du forage, aux résultats des tests, à l'évaluation de la commercialité, aux autorisations réglementaires et aux conditions de marché.


Sur le calendrier marocain, Predator indique que la constitution du stock de matériel à long délai d'approvisionnement pour MOU-6 sera achevée début août, que l'approbation de l'étude d'impact environnemental est attendue en juillet, et que le puits sera foré à environ 950 mètres. La cible se situe dans le prolongement des travaux menés depuis 2021 sur le permis, où le groupe a déjà foré les puits MOU-1, MOU-3 et MOU-5. MOU-6 doit confirmer et valoriser le potentiel gazier identifié, en vue d'une demande ultérieure de concession d'exploitation.


Le volet trinidadien constitue le cœur opérationnel de la mise à jour. Predator y prépare le forage de Snowcap-3, sur la licence d'exploration et de production Cory Moruga, une concession directement attribuée par le ministère. La société vise un démarrage de production sur le réservoir Herrera #8 Sand, avec un débit stabilisé estimé, avant forage, à 500 barils par jour, pour une production initiale projetée de 6 000 barils par mois. Elle chiffre le net-back opérationnel pré-forage à 52 dollars le baril, contre 31,9 dollars pour ses ventes d'avril, et déplace trois réservoirs de stockage d'une capacité cumulée de 1 200 barils vers le site afin d'accélérer le démarrage. Ces chiffres relèvent d'estimations établies avant forage et demeurent, de l'aveu de la société, susceptibles de révision.


En Irlande, enfin, le groupe concentre ses efforts sur l'option de licence Corrib South, présentée comme un actif « à fort impact » adjacent au champ gazier de Corrib et potentiellement utile au stockage de gaz pour la sécurité énergétique du pays. La société dit travailler à satisfaire, d'ici le 30 septembre 2026, les exigences financières posées par les autorités de régulation pour qu'une recommandation puisse être formulée sur l'octroi d'une autorisation successeur.


Dans un commentaire accompagnant la publication, le directeur général Paul Griffiths estime que le retour des préoccupations de sécurité énergétique et de coût de la vie, qu'il attribue principalement aux conflits au Moyen-Orient, a fait évoluer le climat politique, financier et réglementaire en faveur des hydrocarbures, après une période qu'il décrit comme défavorable aux petits indépendants du secteur. Il y voit une fenêtre d'opportunité que la société entend exploiter avant un éventuel retournement de tendance. Ces appréciations engagent la direction de Predator.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Par
Le Desk En continu