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Diplomatie
Maroc-Israël : une visite du nouveau vice-ministre des Affaires étrangères en préparation

17.07.2026 à 15 H 58 • Mis à jour le 17.07.2026 à 15 H 58 • Temps de lecture : 4 minutes
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Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Michel Buskila. Crédit : Bureau du porte-parole de la Knesset

Le nouveau vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Michel Buskila, se préparerait à effectuer prochainement une visite officielle au Maroc, rapporte la chaîne israélienne I24NEWS, citant ses propres sources. Ce déplacement, qui n’a pour l’heure fait l’objet d’aucune annonce officielle, ni côté marocain ni côté israélien, serait le premier d’un responsable israélien de ce rang dans le Royaume depuis le déclenchement de la guerre à Gaza, en octobre 2023.


Michel Buskila a récemment été nommé adjoint du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, en remplacement de Sharren Haskel. Cette dernière a quitté ses fonctions pour protester contre un texte porté par la coalition gouvernementale sur les exemptions de service militaire accordées aux juifs ultraorthodoxes. Selon I24NEWS, la visite envisagée interviendrait sur fond de signes de reprise progressive des relations entre Rabat et Tel-Aviv, après une période marquée par la suspension des visites politiques de haut niveau.


Si les échanges diplomatiques et civils ont fortement ralenti depuis, la coopération sécuritaire et militaire entre les deux pays s’est, elle, poursuivie. Début janvier 2026, des responsables militaires marocains et israéliens réunis à Tel-Aviv dans le cadre de leur commission militaire conjointe avaient notamment adopté un plan de travail pour l’année 2026. Cette coopération a également pris une nouvelle dimension dans le dossier de l’après-guerre à Gaza.


Comme rapporté précédemment par Le Desk, un premier détachement des Forces armées royales a rejoint, le 23 juin, la base américaine de Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, qui abrite l’état-major de la Force internationale de stabilisation chapeautée par le Conseil de la paix. Le contingent marocain, composé dans un premier temps d’au moins quatre officiers, doit contribuer à la structuration de cette force et siéger au sein de son commandement conjoint. Le Maroc figure parmi les premiers pays à s’être engagés à fournir des personnels à cette force, aux côtés notamment de l’Indonésie, du Kazakhstan, du Kosovo et de l’Albanie. Sa contribution est à la fois opérationnelle et financière.


Au-delà du dossier gazaoui, les liens militaires bilatéraux ont continué à se consolider à travers plusieurs acquisitions d’équipements israéliens. Le Desk révélait récemment que le système sol-air Spyder, conçu par Rafael Advanced Defense Systems, était désormais opérationnel sur la base de Sidi Yahia El Gharb, où il complète les systèmes Barak MX acquis auprès d’Israel Aerospace Industries. Cette intégration illustre la place prise par les équipements israéliens dans la modernisation de la défense aérienne marocaine. Entre 2020 et 2024, Israël est devenu le troisième fournisseur d’armement du Royaume, selon les données du Stockholm International Peace Research Institute. Rabat a également conclu ces dernières années des contrats portant notamment sur des satellites d’observation et des projets de production locale dans l’industrie de défense.


Aucun élément rendu public ne permet toutefois d’établir que la coopération militaire, la Force internationale de stabilisation ou les projets d’armement figureront à l’ordre du jour de la visite annoncée de Michel Buskila. Il en va de même du projet, régulièrement évoqué depuis la reprise des relations, de transformer les bureaux de liaison de Rabat et Tel-Aviv en ambassades de plein exercice.


Pour rappel, le Maroc et Israël avaient annoncé, en décembre 2020, la reprise de leurs relations diplomatiques dans le cadre d’un accord tripartite conclu avec les États-Unis. Les deux pays avaient depuis développé leurs échanges dans les domaines économique, touristique, sécuritaire et militaire. Israël a par ailleurs reconnu, en juillet 2023, la souveraineté du Maroc sur le Sahara.Cette dynamique s’est sensiblement essoufflée avec l’offensive israélienne à Gaza. Le Maroc a depuis réaffirmé son soutien aux droits du peuple palestinien, appelé à la fin des hostilités et acheminé de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza, tandis que de nombreuses manifestations de solidarité avec les Palestiniens ont été organisées dans le Royaume.

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