DrameMort d’Abderrahim Fakir : l’ambassade d’Italie à Rabat présente ses condoléances à la famille
Sur instruction du ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Antonio Tajani, l'ambassadeur d'Italie au Maroc, Pasquale Salzano, et le consul général d'Italie à Casablanca ont rencontré ce jeudi l'épouse d'Abderrahim Fakir pour lui présenter, au nom du gouvernement italien, leurs condoléances et lui exprimer la proximité des institutions italiennes avec la famille. Dans un communiqué, l'ambassade d'Italie à Rabat indique que ses représentants ont réaffirmé « la pleine disponibilité de l'ambassade et du consulat général à apporter à la famille toute l'assistance nécessaire dans les prochaines étapes de cette douloureuse épreuve ».
Cette démarche diplomatique intervient cinq jours après la mort d'Abderrahim Fakir, survenue le 19 juillet dans le quartier du Pilastro à Bologne, à l'issue d'une interpellation policière dont les circonstances continuent de susciter une vive controverse des deux côtés de la Méditerranée.
Marocain installé en Italie depuis l'âge de 7 ans, Abderrahim Fakir, 42 ans, avait fondé dans la région de Bologne une petite entreprise de déménagement, de nettoyage et de manutention. Ce dimanche-là, plusieurs appels avaient signalé un homme en état de forte agitation, qui aurait endommagé un véhicule. Les policiers dépêchés sur place l'auraient d'abord aspergé de spray au poivre avant de le plaquer au sol pour le menotter, selon la version rapportée par les autorités italiennes.
Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux montre une autre partie de la scène : Abderrahim Fakir allongé sur le ventre, maintenu au sol par deux policiers, appelant à l'aide et répétant « Basta » pour signifier qu'il ne résiste plus. Les agents poursuivent néanmoins son immobilisation. Sa voix faiblit progressivement jusqu'à ce qu'il cesse de réagir. Les images montrent également un troisième homme, en civil et non identifié officiellement, participant à l'immobilisation, ainsi que quatre secouristes qui n'interviennent qu'après l'arrêt de ses mouvements.
Le parquet de Bologne a ouvert une enquête pour homicide involontaire, dans laquelle deux policiers et quatre secouristes sont inscrits au registre des personnes visées par les investigations. Une autopsie a été ordonnée pour déterminer les causes exactes du décès.
L'affaire a pris une dimension diplomatique et politique. L'ambassadeur du Maroc en Italie, Youssef Balla, a appelé à faire toute la lumière sur les circonstances du drame « avec rigueur, impartialité et transparence ». La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a de son côté affirmé qu'il était « impératif que les éventuelles responsabilités soient établies avec la plus grande rigueur », tandis que le ministre de l'Intérieur, Matteo Piantedosi, a rappelé que « personne n'est au-dessus des lois ».
La mort d'Abderrahim Fakir a également déclenché plusieurs vagues de manifestations en Italie. Des rassemblements ont réuni des centaines puis des milliers de personnes à Bologne, où des affrontements avec les forces de l'ordre ont fait 64 blessés parmi les policiers et 11 parmi les manifestants. De nouveaux appels à manifester ont suivi à Milan, Florence et Naples. L'avocat de la famille, Fabio Anselmo, a pris ses distances avec ces débordements, rappelant que les proches réclamaient « la vérité et la justice », non la vengeance.
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