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Editorial
Quand le RNI veut expier ses péchés par deux tweets trompeurs

21.04.2020 à 10 H 01 • Mis à jour le 21.04.2020 à 10 H 16 • Temps de lecture : 4 minutes
Par Ali Amar

C’est par deux tweets enfouis et torsadés que le directeur de la communication du RNI et conseiller du président Akhannouch, a sournoisement tenté de dépêtrer son parti et son chef du scandale Al Mountada révélé par Le Desk.


Cette manière d’agir nous amène à faire quelques observations utiles :


Pris en défaut, le RNI, parti qui prétend vouloir gérer le pays, s'est montré incapable, malgré sa débauche de moyens, d’affronter l’opinion publique par ses canaux officiels.


Faire passer une « mise au point » (alors qu’il s’agit en réalité d’un semi mea-culpa) par le fil twitter personnel, et non identifié en tant que tel, de son porte-parole, n’est qu’une dérobade supplémentaire dans cette affaire.


La manœuvre, encore une, avait un double objectif : présenter de nécessaires et plates excuses à Edgar Morin et Rachid Benzine, deux personnalités publiques influentes entrainées malgré elles dans ce naufrage, mais surtout ne pas reconnaître que cette « vérification » est la conséquence de bien gênantes révélations de presse. On le sait, le « droit de savoir », pilier de toute démocratie, est insupportable à reconnaître de la part des mandarins du pouvoir.


Extrait du compte Twitter personnel et non officiel de Youssef Aït Akdim, directeur de la communication du RNI et conseiller de son président Aziz Akhannouch


Le « après vérification » laisse supposer qu’il n’y a pas eu manipulation à la base. Or, nous avions démontré que pour faire diversion à la compromission avec un animateur radio adepte de la fachosphère, le nom des deux penseurs ont été sciemment utilisés par ce même communicant pour banaliser et minimiser ce pacte faustien. Il savait que Benzine et Morin avaient « contribué » parmi 1 000 autres, mais ne sait plus ni par quel biais, ni quel était le contenu qui leur a été associé. C’est prendre les gens pour des imbéciles.


Et cette formulation est un condensé de mauvaise foi : « Les contributions attribuées à Edgar Morin et Rachid Benzine n’ont pas été publiées par leurs soins ». La vérité est qu’elles n’ont été ni écrites, ni transmises par eux, mais forgées par les bonimenteurs du RNI, avant même de parler de publication.


Le communicant promet, la main sur le coeur, qu’une enquête a été lancée « pour pointer les responsabilités ». On se croirait face à une organisation aux ramifications interminables nécessitant une investigation au long cours quand on sait que les personnes impliquées dans cette Berezina, se comptent sur les doigts de la main. Nous attendrons donc patiemment son rapport final, et la reddition des comptes qui va avec, on se suffira d'un tweet s’il le faut.


Utiliser le terme « support de presse » pour qualifier le média qu’on a voulu manipuler (celui qui a retiré in-extremis la fausse contribution de Benzine alors qu’on lui avait demandé de la publier dans le but inavoué de faire croire à son authenticité) est symptomatique du peu de considération portée par ce parti au rôle du journalisme (d'autant que son diseur est lui-même ex-journaliste) : un « support de presse », comme son nom l’indique, est le terme réservé dans le jargon de la communication pour désigner un vecteur matériel sur lequel on retrouve le message publicitaire à qui il a été passé commande. Et dans le cas d’espèce, la tribune contrefaite de Rachid Benzine n’avait en effet de raison d'être aux yeux de ses faussaires que celle de faire de la réclame pour le RNI et à son cache-misère, Al Mountada.


Que retenir de cette lamentable fumisterie ?


Deux choses ainsi confirmées qui relèvent de l'éthique et de la morale dont nos gouvernants sont trop souvent dénués : Que la chefferie de ce parti politique ne connaît de rapports avec la presse que celui de la vassalité et de la corruption des plumes. Que ce parti politique, traversé par des querelles intestines insondables, n’est pas dans ces dispositions à la hauteur de ses ambitions. Il s’est dévoilé et ridiculisé au pire moment, celui, comme le souligne avec clairvoyance l’éditorial de Yabiladi, où le pays, confronté à de nouveaux et impérieux défis, se doit de réfléchir à « maba3d-corona » en faisant justement table rase de ce genre d’errements et de tous ceux qui en sont les premiers responsables.

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Par @MarocAmar