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Conversation

Ali Hajji : le festival de Marrakech permet la rencontre des jeunes réalisateurs avec les grands talents du cinéma

20.11.2022 à 22 H 19 • Mis à jour le 20.11.2022 à 22 H 28 • Temps de lecture : 4 minutes
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Quelque peu avant l’annonce des prix du Jury, Ali Hajji, le coordinateur général du Festival International du Film de Marrakech a répondu aux questions du Desk et a partagé son retour sur une édition dont la programmation a conquis le public et les critiques

Ce samedi, le Jury de cette 19ème édition du Festival International du Film de Marrakech a décerné le Grand Prix “Etoile d’Or” au film Chevalier Noir (A Tale of Shemroon) de son réalisateur iranien Emad Aleebrahim Dehkordi. Bleu du caftan de Maryam Touzani a quant à lui reçu le prix du jury, ex-aequo avec le film de Cristèle Alves Meira, Alma Viva.


Quelques heures avant l’annonce des prix, Ali Hajji est revenu sur l’engouement du public du Festival envers les films marocains, arabes et du Sud, et nous explique ce qui démarque le Festival de Marrakech parmi les manifestations cinématographiques arabes et internationales.


Le Festival International du Film de Marrakech touche à fin, après neuf jours de projections magistrales, de débats et de conversations avec les grands noms du cinéma… Comment voyez-vous le succès des films du Sud, du monde arabe et du Maroc, cette année, auprès du public et des critiques ?

Le Festival de Marrakech a toujours proposé une sélection de cinémas du monde d’une grande diversité, avec un regard particulier sur les cinémas arabe et africain. Cette année, les films arabes et africains étaient présents dans toutes les sections du Festival. Ce qui les caractérise, c’est, d’une part, l’arrivée d’une nouvelle génération de cinéastes issus de la diaspora pour la plupart et dont plusieurs sont des femmes et, d’autre part, le fait qu’ils soient reconnus par la critique internationale et sélectionnés ou primés dans les plus grands festivals du monde (Cannes, Venise, Toronto, Locarno, etc).


C’est le cas notamment de « La Conspiration du Caire » de Tarik Saleh, un thriller passionnant qui se déroule dans la célèbre université Al Azhar du Caire et qui mêle politique et religion. Le film a reçu le prix du scénario au dernier Festival de Cannes et le public de Marrakech lui a fait un accueil triomphal.


Autre film qui a suscité l’enthousiasme du public et de la critique, « Mediterranean Fever » de la réalisatrice palestinienne Maha Haj, une comédie d’une grande subtilité, qui rappelle parfois Elia Suleiman, et qui est portée par un duo d’acteurs formidables.  « The Swimmers » de la réalisatrice d’origine égyptienne Sally El Hosaini a également reçu un très bel accueil. Cette production Netflix, inspirée d’une histoire vraie, relate l’épopée de deux sœurs syriennes qui ont fui la guerre pour participer aux jeux olympiques de Rio de 2016.


Le cinéma marocain était fortement présent cette année. Le film de Maryam Touzani, « Le Bleu du Caftan » a généré beaucoup de discussions et de débats et il a reçu le prix du jury. On a assisté à la naissance d’une nouvelle cinéaste, Yasmine Benkiran, dont le film « Reines » a suscité l’engouement du public. Le film a bénéficié à deux reprises du soutien des Ateliers de l’Atlas, le programme industrie du Festival qui accompagne les jeunes cinéastes marocains, arabes et africains qui font un premier, deuxième ou troisième long métrage.


« Jours d’été » de Faouzi Bensaïdi, qui était présenté en première mondiale, a également reçu un bel accueil de la critique et du public.


A chaque fois, on constate la même ferveur du public de Marrakech pour les films marocains et arabes. Les spectateurs sont avides de découvrir des histoires qui leur sont proches, avec des personnages qui leur ressemblent, une langue qu’ils connaissent et des contextes familiers. Plusieurs débats ont été organisés à l’issue des projections avec les réalisateurs et parfois leurs équipes, et les réactions du public étaient toujours passionnées et curieuses de découvrir ces films qui sont encore peu diffusés au Maroc.

  

Que trouvent les cinéphiles de particulier au Festival International du Film de Marrakech ? Qu’est ce qui fait la singularité de ce festival, au-delà de la programmation riche et variée et de la présence de grands noms du cinéma international et national ?

La vraie singularité du festival de Marrakech est que la compétition officielle est dédiée aux premiers et deuxièmes longs métrages. Cette dimension de découverte, on ne la retrouve pas dans les autres festivals dont la compétition est réservée aux grands réalisateurs internationaux. Là on est vraiment dans une logique de découverte. On est à la recherche des grands noms du cinéma mondial de demain.


Nous accueillons dans ce festival des cinéastes en devenir. Ce sont de jeunes réalisateurs, et il faut beaucoup le souligner parce qu’on ne s’en rend pas forcément bien compte mais le FIMF en termes de présence de grands noms n’a rien à envier aux grandes manifestations culturelles dans le monde. Par ailleurs, on a une série de conversations avec de grands noms du cinéma et des hommages, et le Festival permet la rencontre des jeunes réalisateurs avec les grands talents du cinéma. C’est ce qui fait la force et la crédibilité du Festival à l’international.

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