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Festival

FIFM 2022: « l’art crée de l’empathie et humanise » (Nadine Labaki)

12.11.2022 à 13 H 52 • Mis à jour le 12.11.2022 à 13 H 52 • Temps de lecture : 4 minutes
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Le jury de cette 19ème édition du Festival International du Film de Marrakech, présidé par le réalisateur italien Paolo Sorrentino, a foulé le tapis rouge à la cérémonie d’ouverture, avant de venir à la rencontre de la presse et répondre à ses questions, ce samedi au Palais des Congrès. Les détails

Au lendemain de la cérémonie d'ouverture du Festival International du Film de Marrakech, le jury de cette 19ème édition s'est réuni ce samedi au Palais des Congrès.


Présidé par le réalisateur Paolo Sorentino, le jury de la compétition officielle est composé de l’actrice britannique Vanessa Kirby, l’actrice allemande Diane Kruger, le réalisateur australien Justin Kurzel, la réalisatrice et actrice libanaise Nadine Labaki, la réalisatrice marocaine Laïla Marrakchi et l’acteur français Tahar Rahim.


Cette édition marque le retour du Festival après une parenthèse de deux années, due à la pandémie du COVID-19. A cette occasion, Sorentino a déclaré « je suis ravi d'être là », soulignant que le COVID-19 est un « moment de confusion pour l'industrie du cinéma ». Le réalisateur de « La grande Belleza » a par ailleurs exprimé le plaisir qu'il éprouve à voir dans le cadre du Festival, qu'il y a un avenir pour le cinéma, porté par de jeunes réalisateurs en début de carrière.


Le cinéma comme vecteur d'engagement ?

Peut-on demander aux cinéastes et acteurs d'être des moralisateurs et pacificateurs sociaux et de faire preuve d'« engagement »  ?


A la question de savoir si le cinéma peut avoir un impact sur le conflit russo-ukrainien, Paolo Sorentino a répondu «  je ne pense pas que les réalisateurs puissent faire grand-chose par rapport au conflit », expliquant qu'iI est préférable que les films abordent des sujets historiques. Parler des faits au moment où ils se produisent n'est pas très intéressant, parce qu'il n'y a pas assez de recul pour ce faire, explique-t-il au public. Ainsi, « les films actuels ne sont pas très utiles », face à l'invasion russe et au décompte difficile des victimes civiles.


Pour sa part, Nadine Labaki a affirmé que « nous avons en tant que cinéastes une responsabilité face à des sujets aussi poignants que le conflit russo-ukrainien où il s'agit de meurtres et de massacres ». Elle s'attarde ensuite sur le rôle de l'art dans la visibilisation des problèmes sociaux :« je crois en la mission de l'art en général. L'art crée de l'empathie et humanise certains sujets que les gens pourraient ignorer ou auxquels ils ne se sentent pas liés. Nous levons le voile sur la lutte des autres êtres humains, et c'est dans ce sens que nous avons un rôle énorme à jouer dans les conflits ou sujets politiques ou sociaux actuels »


« Qu'il s'agisse d'un conflit ou de tout autre problème social, c'est nécessaire de s'engager mais difficile à une époque où tout doit être 'politiquement correct' », conclut Nadine Labaki.


L’actrice britannique Vanessa Kirby rebondit sur les paroles de la cinéaste libanaise, déclarant que « le meilleur cinéma est sans doute pour moi celui qui te pousse à avoir de l'empathie ou de dépasser les idées reçues sur les gens et les lieux, mais aussi d'aimer et comprendre les expériences des autres. Mon expérience avec le cinéma est marquée par ce désir de comprendre et découvrir les autres »


Une coexistence entre petits et grands écrans

Dans un contexte post COVID-19 marqué par un engouement pour les plateformes spécialisées dans la distribution et l'exploitation d'œuvres cinématographiques et télévisuelles, la baisse de la fréquentation des cinémas inquiète les professionnels du 7ème art. Dans ce sens, la réalisatrice marocaine Leila Marrakchi a annoncé que « ça fait toujours plaisir de voir des salles pleines ».


« C’est important de faire de bons films, c’est cela qui va attirer plus de monde en salle de cinéma.  L’émotion se partage, mais quand elle se partage derrière la télévision c’est parfois juste de la consommation », a-t-elle poursuivi.


Pour sa part, Sorentino affirme qu' « il serait judicieux de projeter des films au cinéma plutôt que d'encourager les productions des plateformes comme Netflix, dans un contexte où de plus en plus de salles de cinéma ferment leur portes ».


Tahar Rahim est pour sa part dans une toute autre optique. Selon l'acteur français, protagoniste du drame « Un Prophète », les plateformes de production et d'exploitation comme Netflic permettent de démocratiser l'accès au cinéma et par conséquent à la culture. « Une famille entière peut voir des centaines de films et séries avec un abonnement Netflix de 10 euros, l'équivalent du prix d'un ticket de cinéma en France », a-t-il déclaré.


Rappelons que ce jury d'exception aux multiples couleurs aura pour mission de visionner et juger les 14 films en compétition pour décrocher l'Étoile d’or qui sera décernée le 19 novembre. Le cinéma marocain sera représenté par « Le bleu du caftan » de Maryam Touzani, qui fait partie des six films en lice signés par des réalisatrices.


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