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Festival

FIFM: une 20ème édition pour célébrer le cinéma et réunir un monde « brisé »

25.11.2023 à 00 H 38 • Mis à jour le 25.11.2023 à 00 H 38 • Temps de lecture : 5 minutes
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Le rideau a été levé ce vendredi sur la vingtième édition du festival international du film de Marrakech (FIFM). Intervenant dans un contexte particulier, cette édition compense en force de messages pour ce qu’elle manque en festivités. Points marquant de la soirée d’ouverture

Chacun en sa langue, les membres du jury ont annoncé, ce vendredi au Palais des congrès de la ville ocre, l’ouverture de la 20ème édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM). Le coup d’envoi de cette messe cinématographique s’est fait en présence d’éminentes personnalités du monde du cinéma, de l’art, de la culture et des médias.


Bien que sans paillettes et sans les formes de festivité auxquelles s’est habitué le public, cette cérémonie d’ouverture a pu conserver l’esprit et l’essence de cette manifestation qui se veut un espace de rencontre entre les cultures et de célébration du septième art et de la culture de manière générale.


Un monde profondément partagé (ré)uni à Marrakech

Le maintien même de ce rendez-vous est resté entouré d’incertitude jusqu’aux dernières semaines précédant son lancement. « Jusqu’à il y a quelques semaines, nous n’étions pas sûrs si cette édition aura lieu comme prévu  », a fait savoir Jessica Chastain, présidente du jury du festival, dans son discours lors de la soirée d'ouverture du festival.


Si le contexte actuel favorisait l’incertitude, la tenue du festival, de l’autre côté, a fini pas constituer un message des plus fort. Car bien que « le monde que nous partageons soit brisé et dévoré », comme le souligne l’actrice américaine, « tout au long de l'histoire, l'art a été utilisé comme un outil de communication accessible, sensibilisant aux problèmes sociaux et favorisant un changement positif  ».


Ainsi, animés par leur forte volonté de promouvoir le cinéma et l'expression artistique, les organisateurs du FIFM, ainsi que les personnalités y participant ont réussi à réunir les artistes et cinéphiles des quatre coins du monde à Marrakech pour célébrer le septième art. Ce faisant, c’est également un message de résistance qu’envoient ceux-ci, dans un contexte de guerre entre Israël et le Hamas, mais aussi suite au tremblement de terre qui a frappé le Maroc il y a moins de trois mois.


Quatorze films en lice, quatorze histoires racontées

On l’aura compris : « l’art est un moyen de résistance », comme l’ont fait savoir les membres du jury et artistes présents à Marrakech ce soir. L’art est aussi « un moyen puissant d’influence et de changement », et c’est dans cet esprit que les quatorze films en lice dans cette compétition artistique mondiale ont été présentés : quatorze histoires, issues de treize pays et mettant en vedette des personnages de différentes cultures et différents milieux, mais surtout les vies, les luttes, les aspirations et les rêves de différents peuples.


Parmi les longs métrages en compétition d’ailleurs, on retrouve « Bye Bye Tibériade », qui voyage à travers quatre générations de femmes palestiniennes audacieuses qui préservent leur mémoire intime et collective par la force de leurs liens, malgré l’exil, la dépossession et les déchirements. On retrouve également le film « Banel et Adama », qui raconte l’histoire de deux jeunes amoureux vivant dans un petit village éloigné au Nord du Sénégal et du monde, ils ne connaissent que ça. Mais l’amour parfait qui les unit va être mis à rude épreuve par les conventions de la communauté. Car là où ils vivent, il n’y a pas de place pour les passions, et encore moins pour le chaos.


Outre ces deux exemples, concourent également à cette compétition, « The Mother of All Lies », à travers lequel  la réalisatrice marocaine Asmae El Moudir tente de démêler les mensonges qui se transmettent dans sa famille. Grâce à une maquette du quartier de son enfance et à des figurines de chacun de ses proches, elle rejoue sa propre histoire, et c'est alors que les blessures de tout un peuple émergent et que l’Histoire oubliée du Maroc se révèle. Une autre production signé par un réalisateur marocain, Kamal Lazraq, « Les Meutes » transporte les spectateurs à travers les bas-fonds de Casablanca et du monde du crime, lorsqu’un homme qu'Hassan et Issam, les protagonistes, devaient kidnapper meurt accidentellement dans leur voiture et qu’ils se retrouvent avec un cadavre à faire disparaître.


Les femmes en force

Cette édition du FIFM se démarque par le contexte particulier dans lequel elle intervient, ainsi que par les changements introduits au niveau de son organisation. Cependant, c’est par une autre particularité que les organisateurs souhaitent que cette édition marque l’histoire : une représentativité féminine forte et inédite.


Cette année, six des neuf membres du jury sont femmes. Une première dans l’histoire du festival. En plus de la présidente, Jessica Chastain, ce jury est composé de l’actrice, réalisatrice et productrice franco-iranienne, Zar Amir, l’actrice française Camille Cottin, la réalisatrice, scénariste et productrice britannique Joanna Hogg, la réalisatrice américaine Dee Rees et l’autrice franco-marocaine Leila Slimani.


De plus, plus de la moitié des films en compétition sont signés par des femmes. Sur les quatorze long métrages en lice lors de cette édition, huit ont été réalisés par des femmes.


Hommage à Mads Mikkelsen, hommage à Marrakech

Malgré les conditions particulières dans lesquelles se tient la vingtième édition, une tradition a toutefois été sauvegardée. Ainsi, lors de cette cérémonie, un hommage a été rendu à l’acteur danois à la carrière internationale Mads Mikkelsen. Ce dernier a reçu l’Étoile d’Or du Festival des mains du grand acteur américain Willem Dafoe.


Ce prix vient couronner une carrière unique, mariant avec succès des rôles dans les blockbusters hollywoodiens et le cinéma d’auteur européen. S'exprimant à cette occasion, le comédien danois a tenu à remercier les organisateurs de cet événement international pour cet hommage, se disant « très heureux de revenir à nouveau à Marrakech après s’y être rendu auparavant dans le cadre d’un hommage aux cinéastes scandinaves ».


Et d’ajouter : « C’est incroyable pour quelqu’un qui était jeune hier à Copenhague, qui ne rêvait pas d’être acteur, mais qui avait néanmoins des héros qui l’inspiraient dans le monde des histoires humaines de pouvoir rencontrer ces héros et de partager la scène avec eux ».

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