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Le bloc notes de la rédaction

Rencontre du 3ème type avec les mangakas marocains

10.08.2016 à 19 H 47 • Mis à jour le 10.08.2016 à 19 H 47
Par
Le manga, soft power culturel japonais, fait de plus en plus d’émules au Maroc. Le Desk les a rencontrés lors d’une Manga Afternoon au Morocco Mall de Casablanca. Ambiance.

Depuis quelques années, la culture manga est de plus en plus ancrée dans l’univers culturel marocain, notamment au travers des animés (dessins animés nippons souvent inspirés des mangas) qui ont ouvert la porte à toute la culture des mangas japonaise dès le début des années 2000.



Les animés diffusés en darija à la télévision permettent de s’y familiariser dès le plus jeune âge, que ce soit pour les garçons (shônen) ou filles (shôjo) comme par exemple, Yu-Gi-Oh, Dragon Ball Z, ou encore Sailor Moon. On les retrouve aussi en produits dérivés, notamment en jeux de société, que ce soit les cartes Yu-Gi-Oh, ou encore les toupies Bayblade.



L’univers manga se traduit par des évènements spécifiques qui apparaissent comme des conventions incluant de nombreuses références, non seulement japonaises mais également américaines.



Hind (23 ans) et Yassine (20 ans), deux mangakas présents à la Manga &  Gaming Expo 2016 (4-7 août 2016) au Morocco Mall de Casablanca. Etudiants aux Beaux Arts de Tétouan, qui offre d’ailleurs une option BD en deuxième année, ils ont commencé à visionner des animés à l’âge de 10 ans avant de se mettre à la lecture des mangas.


Les éditeurs marocains sont réticents à produire des mangas à cause d’un marché encore exigu et encore considérés comme des produits pour enfants.



Néanmoins le tendance évolue : les conventions comme la Manga Afternoon ont de plus en plus de visiteurs et les amateurs d’animés sont toujours plus nombreux.



Certains mangakas produisent de leurs propres mangas à compte d’auteur. Hind a réussi a obtenir 500 dirhams de la part d’un éditeur pour placer son logo sur la couverture de son premier opus, Love Game, qu’elle a mis deux ans à écrire.



Les events comptent aujourd’hui plusieurs milliers d’adeptes. Ils étaient pas moins de 30 000 visiteurs au Morocco Mall alors qu’ils n’étaient qu’une centaine il y a encore quelques années.



Par effet de massification, le niveau de connaissance sur les spécificités du manga s’affaiblit. Jusqu’à une époque relativement récente, aimer le manga au Maroc impliquait une réelle passion et un niveau de maîtrise du sujet caractéristique aux groupes culturels marginaux, capables de se constituer grâce à une identité forte. Le succès de masse du manga, qui a parallèlement ouvert la porte à sa commercialisation, tend à en faire un effet de mode, facile d’accès et simplifié pour un public de plus en plus large.



La vente d’accessoires, de produits dérivés (figurines, vêtements, accessoires, jouets) qui remplissent les stands et les jeux vidéo inspirés de ces mangas , tendent à devenir plus important que le manga en lui-même.



De manière surprenante, cette marchandisation du manga, qui facilite la transmission des œuvres des jeunes producteurs , n’est pas vue de manière totalement positive par les auteurs interrogés, car elle s’oppose en partie à l’aspect avant-gardiste propre à la culture manga au Maroc. Cela s’explique par le fait qu’à une époque où un marché du manga n’existait pas, les gens qui dessinaient le faisaient pour la dimension artistique et non pécuniaire, les débouchés commerciaux étant inexistants.



Yassine et Hind n’envisagent pas pour l’instant de faire une carrière de mangakas professionnels, mais l’évolution du marché de la bande dessinée dans les années à venir, pourrait donner la possibilité à ces auteurs de monétiser leurs oeuvres. L’influence culturelle française –  le pays est le deuxième marché mondial du manga- ouvre aussi des perspectives aux auteurs francophones marocains.


Les mangakas locaux essaient d’insuffler une dimension marocaine à leurs œuvres ,tout en respectant les codes internationaux du manga. Le dernier manga de Hind se déroule au Maroc et mélange les codes classiques du manga à ceux de la culture marocaine.

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Le Desk Culture