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Au Maroc, le secteur privé vulnérable et résigné face à la corruption

31.03.2024 à 01 H 24 • Mis à jour le 31.03.2024 à 01 H 27 • Temps de lecture : 3 minutes
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L’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) lève le voile sur les résultats de sa deuxième enquête nationale sur la corruption. L’étude révèle une perception négative persistante de la corruption parmi les entreprises au Maroc

Selon une enquête menée par la Banque mondiale en 2023, la corruption est classée 2ème parmi les principaux obstacles déclarés par les entreprises : 15,7 % des entreprises déclarent que la corruption est le principal obstacle à leurs activités.


De plus, 29,6 % des entreprises interviewées déclarent avoir reçu une demande de paiement de pots-de-vin dans le cadre de 6 transactions publiques traitant de l'accès aux services publics, des permis, des licences et des taxes.


« Les analyses des différents indicateurs en relation avec la corruption et la gouvernance et les sujets connexes ont montré que les résultats du Maroc au fil du temps ainsi que son positionnement sur le plan mondial et régional restent assez mitigés depuis deux décennies et généralement en deçà des attentes et des objectifs fixés par les autorités et institutions compétentes », relève ainsi l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) dans sa Lettre de la probité n°5 de mars 2024.


Dans cette même publication, l’INPPLC lève le voile sur les résultats de sa deuxième enquête nationale sur la corruption. Menée entre mai et août 2023, l’enquête révèle une perception négative persistante de la corruption parmi les entreprises marocaines.


L'INPPLC a réalisé cette enquête dans l’objectif de mesurer l’ampleur et de suivre l’évolution du fléau de la corruption au Maroc (auprès de 6 000 citoyens résidents et MRE d’une part et des entreprises d’autre part). Cette deuxième édition de l'enquête nationale sur la corruption, a ciblé environ 1 100 entreprises entre le 2 mai 2023 et le 3 août 2023, afin d’identifier les foyers de corruption auxquels les entreprises sont confrontées au Maroc, en vue de renforcer les politiques et mécanismes efficaces pour y faire face.


Les résultats de l’enquête ont confirmé la persistance, non seulement, d’une perception négative de la situation de la corruption au Maroc, mais aussi d’une déclaration d’exposition forte à des actes de corruption.


Une corruption jugée très répandue

Les secteurs des licences, des marchés publics et de l’emploi sont cités comme les plus vulnérables, tandis que la faible propension à dénoncer ces pratiques dévoile un sentiment d’impuissance et de résignation face à la corruption. Ce tableau sombre appelle à une mobilisation renforcée et à des politiques plus efficaces pour éradiquer ce mal qui entrave le développement économique et la justice sociale, estime l’instance qui souligne la nécessité de renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption, notamment en améliorant le cadre juridique et institutionnel, en sensibilisant les acteurs publics et privés et en encourageant les signalements.


L’obtention d’agréments, de licences et de permis exceptionnels, les marchés publics et l’emploi constituent ainsi les domaines les plus exposés à la corruption. L’étude, basée sur un échantillon de 1 100 entreprises, révèle que 57 % des cas de corruption concernent l’obtention d’autorisations, 51 % les marchés publics et 50 % l’embauche, la nomination et la promotion dans le secteur privé.


Près de 70 % des entreprises interrogées estiment que la corruption est répandue ou très répandue au Maroc tandis qu’une minorité de 8 % ne partage pas ce constat.


Les aides d’État aux entreprises et aux sociétés privées (42 %) et les achats et l’approvisionnement dans le secteur privé (28 %) sont perçus comme des sources de corruption.


Pour ce qui est de la perception de l’évolution de la corruption, 45 % des entreprises estiment qu’elle a augmenté au cours des deux dernières années, tandis que 27 % observent une tendance baissière.


L’étude pointe du doigt le faible taux de signalement des cas de corruption : 23 % des entreprises ont déclaré avoir été victimes de ce fléau au cours des 12 derniers mois précédant l’étude, alors que seulement 3 % d’entre elles l’ont signalée.


L’inefficacité du dépôt de plaintes, la sous-estimation de la gravité de la corruption et la peur des représailles sont les principales raisons évoquées pour expliquer ce mutisme.

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