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Emploi : la population active en croissance, l’informel toujours prédominant

06.06.2023 à 02 H 07 • Mis à jour le 06.06.2023 à 08 H 03 • Temps de lecture : 5 minutes
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Le marché de travail au Maroc a connu d’importantes mutation entre 2014 et 2019, ressort-il des données du Compte satellite de l’emploi (CSE) élaboré par le Haut-commissariat au plan (HCP). Voici ses principaux constats

Comment a évolué la création d'emploi au Maroc ? Quelle part occupe toujours l’informel ? Qu’en est-il de la rémunération salariale ou encore de la féminisation ? Et quels sont les secteurs les plus productifs ? Pour répondre à ces questions, le Haut-commissariat au plan (HCP) a construit le compte satellite de l’emploi (CSE), un outil qui vise, à travers la base de données qu’il offre, à apporter d’abord, un éclairage supplémentaire sur différents aspects relatifs au facteur travail engagé dans le processus de production, et ensuite d’analyser la problématique de l’emploi en la reliant au cadre central de la comptabilité nationale.


La tendance emploi salarié/non-salarié inversée

Selon le CSE, la population active occupée au Maroc a continué à croître, les effectifs passant de 9,97 millions à 10,47 millions, soit une croissance annuelle moyenne de 1 %. Cette augmentation générale, précise la même source a profité en particulier aux salariés, dont le nombre est passé, en cinq ans de 4,72 millions à 5,47 millions, soit une hausse annuelle de 3 % en moyenne. Cette évolution a ainsi permis d’inverser la tendance observée jusqu’en 2017, où l’emploi non salarié était prédominant au Maroc, portant la part du salariat à 52,3 %.


Par secteurs, la structure de l’emploi fait ressortir que le secteur tertiaire (services marchands et non marchands) est le principal pourvoyeur de l’emploi entre 2014 et 2019. En effet, ce secteur a continué d’accaparer la part la plus importante part dans l’emploi total, qui a augmenté de 44,2 % en 2014 à 48,1 % en 2019. Le secteur primaire (agriculture et pêche) arrive en deuxième position avec une part qui a oscillé de 35,7 % en 2014 à 30,4 % en 2019. La part du secteur secondaire (industrie et construction ), quant à elle, a légèrement progressé en passant de 20,1 % en 2014 à 21,5 % en 2019.


Durant la même période, note le CSE, le marché du travail a connu une migration de la main d’œuvre agricole vers les autres secteurs de l’économie, le secteur tertiaire était la principale destination de la main d’œuvre migrante, absorbant 4 % de cette main d’œuvre. L’industrie quant à elle n’a absorbé que 1,3 % de la main d’œuvre libérée par le secteur agricole.


67,6 % de l’emploi au Maroc est informel

Un autre fait saillant se dégage du rapport du CSE : l’emploi informel demeure prédominant au Maroc. Ce dernier représente 67,6 % de l’emploi total au Maroc. Par secteurs, ce taux est réparti comme suit : 56,2 % dans le secteur agricole, 41,2 % dans le secteur informel et 2,6 % est considéré comme un emploi informel dans le secteur formel. Il est à noter que 96 % de l’emploi dans le secteur agricole est informel, alors que ce taux se situe à 7,3 % au sein des entreprises formelles.


Compte satellite de l'emploi. Source: HCP. Infographie: Mohamed Mhannaoui / Le Desk


La répartition de l’emploi au sein du secteur informel par branche d’activité révèle que la branche du commerce commerce absorbe 47 % de l’emploi total du secteur informel, les autres branches absorbent les 53 % restants : 16,8 % dans l’industrie, 13,3 % dans les services marchands, 10,5 % dans le Bâtiment et les travaux publics, 6 % dans le transport, 5,5 % dans l’Hôtellerie et restauration et 0,9 % dans la pêche.


Il est aussi à noter que comparativement à leurs homologues du secteur formel, les travailleurs du secteur informel occupent des emplois moins qualifiés. En effet, 70 % des effectifs du secteur informel exercent des emplois peu qualifiés contre seulement 29 % des effectifs du secteur formel.


Féminisation … des taux toujours dérisoires

Au Maroc, la participation des femmes au marché du travail demeure limitée. Le taux d’activité estimé à 48 % au niveau global est particulièrement bas pour les femmes, se situant à 25,2 % (contre 72,4 % pour les hommes). Cet écart de plus de 47 points signifie que les trois quarts des femmes en âge de travailler sont exclus du marché du travail. Et le même constat peut être fait à propos du taux de féminisation de l’emploi qui affiche un pourcentage de 29,7 %. Ce taux, notons-le, varie selon le statut dans la profession, il atteint son plus haut niveau dans la catégorie des aides familiaux (58 %), contre un taux de 14 % parmi la catégorie des indépendants et employeurs.


Par branche d’activité, la Pêche et les activités extractives sont les moins féminisées, alors que l’emploi dans les branches « Fabrication de textiles, d’articles d’habillement, de cuir et d’articles de cuir », « Fabrication d’ordinateurs, d’articles électroniques et optiques » et « Éducation, santé humaine et activités d’action sociale » est réparti presque à égalité entre les hommes et les femmes.


Évolution globalement positive de la rémunération salariale

Sur la plan des salaires, l’évolution de la rémunération salariale moyenne au Maroc est passée par deux étapes sur la période 2014-2019. Elle a suivi une tendance baissière de 2014 à 2017, avant d’épouser une tendance plutôt haussière. Les rémunérations salariales distribuées dans l’économie sont essentiellement versées par les sociétés non financières et les administrations publiques, qui distribuent 87.6 % du total des rémunérations salariales de 2014. Dans le détail, le salaire moyen par employé est le plus élevé dans les sociétés financières et atteint 220,325 dirhams (DH)/heure, soit plus de 3 fois son équivalent dans les sociétés non financières. Le salaire moyen dans les administrations publiques arrive en deuxième position, se situant à 177,783, suivi des sociétés non financières avec un salaire moyen de 68,741 DH/h.


Dans le secteur informel, la rémunération salariale moyenne a baissé entre 2014 et 2019. Se situant à 18,79 DH/h, la rémunération de l’emploi salarié formel est au moins égale à 5 fois celle de son équivalent informel.


Productivité, le hic

Du point de vue productivité, c’est-à-dire la création de richesse en fonction des inputs, l’analyse du CSE relève qu’au Maroc, une poignée de branches ayant des productivités élevées opèrent à côté d’un grand nombre de branches d’activité ayant des productivités faibles. Et ce sont les branches à faible productivité qui concentrent des masses énormes de travailleurs à coté de quelques branches ayant une productivité élevée, à savoir la « Fabrication de produits chimiques », les « Activités financières et d’assurances », les « Activités extractives » et « Information et communication », mais contribuant très faiblement à l’emploi.


Le marché d’emploi marocain se caractérise ainsi par l’absence de branches ayant des productivités intermédiaires plus élevées dont la présence est caractéristique des pays développés ou/et émergents. De manière générale, la productivité moyenne dans le royaume est affectée négativement et tirée vers le bas, par le fait que les parts des branches dans l’emploi sont corrélées négativement avec leurs productivités.

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Le Desk Datadesk