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Déclarations

Affaire du jet algérien refoulé d’Espagne : Quand Ali Lmrabet part de nouveau en vrille

03.06.2021 à 12 H 17 • Mis à jour le 27.06.2021 à 22 H 14
Par
Le Desk a révélé certaines informations inédites sur le vol avorté d’un jet gouvernemental algérien parti au matin du 1er juin exfiltrer d’Espagne Brahim Ghali, le chef du Polisario. Un petit scoop qui a mis en émoi le journaliste de Zamane et de MEE, décidément obsédé par notre média au point de nous accuser d’être des « affabulateurs » tuyautés par les services marocains…
À l'origine
L’obsession de certains à voir dans Le Desk un média cornaqué par les services marocains atteint des sommets vertigineux. En témoigne encore, l’affaire du jet algérien qui a dû rebrousser chemin alors qu’il était parti d’Alger en direction de Logroño pour récupérer le chef du Polisario, Brahim Ghali. L’affaire suivie pas à pas par Le Desk lui a permis d’obtenir des informations de première main. Mais cette petite prouesse journalistique est rapidement devenue suspecte aux yeux de ses détracteurs habituels, dont le journaliste (caché) de Zamane et de Middle East Eye (MEE), Ali Lmrabet suivi dans ses délires par quelques aficionados zélés sur les réseaux sociaux.
Les détails
Le Desk a indiqué le 1er juin à 12h34 que le Gulfstream G-IV de la présidence algérienne immatriculé 7T-VPM (vieille connaissance que l'on traque sur les sites spécialisés de navigation aérienne, celui-ci ayant servi à évacuer Abdelaziz Bouteflika sous un faux nom en Suisse) avait avorté son vol à la verticale d’Ibiza. Une information qui n’était ni exclusive, ni un secret d’Etat, les journalistes qui suivent (vraiment) l’affaire Ghali ont gardé un œil sur l’appareil depuis le 18 avril, date de son vol Boufarik-Saragosse emmenant le chef du Polisario se faire soigner en catimini à Logroño.

A 14h32, Le Desk donnait de plus amples données sur ce vol avorté expliquant, selon des informations obtenues de sources aéroportuaires espagnoles, que l’appareil avait échoué à obtenir la permission de son plan de vol de la part du contrôle aérien. Nous précisions que l’avion qui avait déposé un plan de vol « non détaillé », avait entamé son parcours et qu’à mi-chemin, son plan de vol a été jugé « inapproprié » pour entrer dans l’espace aérien espagnol et pour atterrir sur un aéroport de la péninsule.

Nous ajoutions que le contrôle militaire aérien espagnol, toujours selon ces mêmes sources, avaient averti de l’intrusion de l’aéronef et demandé aux autorités civiles de le refouler.

Un internaute du nom de Youssef El Hireche a estimé que ces informations, à leur diffusion encore exclusives, sont impossibles à obtenir par un média (de surcroit marocain), sauf si ce dernier les reçoit d’une officine de renseignement comme monnaie d’échange à d’autres services (Lesquels ? Mystère et boule de gomme). Et dans son raisonnement qu’il étale sur Facebook non sans accuser Le Desk d’intelligence avec les services secrets marocains, celui-ci indique que le plan de vol d’un avion est un secret bien gardé que la presse est bien incapable de percer.

Capture écran Facebook de Youssef El Hireche


Déboule alors sur Twitter, le journaliste Ali Lmrabet qui fantasme encore sur Le Desk, - média à la solde la DST marocaine, dit-il à qui veut bien écouter ses sornettes -. Lmrabet traite dans un « thread instructif » l’article du Desk de « journalisme à la commande », se basant sur les dires de l’internaute « ingénieur d’aviation civile ».

Tweet de Lmrabet 1


Prenant les assertions d’El Hireche (« dont la famille est liée à l’aviation depuis toujours ») pour parole d’Evangile, Lmrabet expose sa conclusion : Le Desk et son directeur sont « des affabulateurs ou bien ils ont des relations directes avec les services de renseignement ». « A mon humble avis, les deux ! », conclut le journaliste chevronné de Zamane et de Middle East Eye.
Les faits réels
La vérité évidemment est toujours moins captivante que la plus stupide des théories du complot.

Avant toute chose, à aucun moment Le Desk n’a écrit être en possession du document de plan de vol de cet avion, mais qu’il était, selon nos informations (qui s’avéreront exactes), « non détaillé » et « inapproprié » pour permettre à l’avion de se poser en Espagne. Nous avions en revanche son trajet à son décollage, ce qui encore une fois, est un secret de polichinelle pour ceux qui connaissent un tant soit peu les astuces de recherche sur les plateformes spécialisées.

- Premièrement, nul besoin d’être James Bond pour traquer un aéronef dans le ciel. Des sites spécialisés comme Flight Radar permettent cela en deux clics. L’immatriculation du jet algérien en question est du domaine public (7T-VPM). Il fait partie de la flotte officielle algérienne gérée par le GLAM, le Groupe de liaisons aériennes ministérielles, dont la base d'attache se situe à Boufarik.

Depuis qu’il a servi à transporter le chef du Polisario en Espagne, Le Desk qui avait déjà eu par le passé à le pister, l’a mis sous surveillance, comme pour les trois autres appareils algériens du même type (7T-VPR, 7T-VPS, 7P-VPC) acquis entre 1996 et 2001. Et ce n’est pas si sorcier, d’autres médias ont dû faire de même, les internautes intéressés par les tribulations de Ghali ou simples amateurs passionnés d’aviation comme les planespotters. Lorsqu’il a décollé au petit matin du 1er juin, le jet a immanquablement été repéré par tous ses scrutateurs et sa boucle de retour après son refoulement constatée. Nous en avons publié, comme d’autres sur les réseaux sociaux, la capture écran.

Le trajet avorté du jet algérien destiné à rapatrier Ghali en Algérie. Le Desk


- Deuxièmement, à partir de ce constat, rien de plus facile que d’interroger le contrôle aérien espagnol (Enaire), qui comme tout service public (transparent et disponible) d’un pays développé et démocratique, répond aux questions de la presse. La cheffe de son pole de communication, Elena Perez, est joignable aux numéros suivants : +34 912 967 551, +34 912 967 553. Elle répond aussi par mail : [email protected].

- Troisièmement. Si Le Desk a fait, semble-t-il, le break sur cette info comme on dit dans le jargon journalistique pour parler de scoop, l’agence Reuters en a fait une dépêche à 15h59 le même jour. Et plus tard dans l’après-midi, la presse espagnole, dont El Mundo :

« La première tentative de retour, pour laquelle l'Algérie avait affrété un avion, s'est soldée par un échec. L'avion a été contraint de faire demi-tour à Formentera lorsque son pilote a été prévenu qu'il lui manquait quelques formalités préalables à l'atterrissage, qui n'avaient pas été accomplies, alors que l'avion est parti avec un plan de vol parfaitement approuvé par l'Algérie », confirmait ainsi le journal madrilène. Et d’ajouter : « Le gouvernement l'a expulsé de l'espace aérien après avoir compris, selon les mêmes sources, qu'il n'avait pas la permission d'y rester. La décision du juge Pedraz conditionnait l'atterrissage, c'est pourquoi l'avion, un Gulfstream G-IV, attendait de savoir si le leader du Polisario était libre de ses mouvements, comme cela s'est passé, ou si des mesures conservatoires lui étaient imposées ».

Après la diffusion de la dépêche Reuters et la publication d’articles dans la presse espagnole dont celui d’El Mundo, des médias marocains, par exemple Medias24, ont rebondi sur l’information en les citant (mais sans mentionner Le Desk, manifestement passé sous les radars).

Selon El Mundo, rapportait ainsi Medias24 à 16h20, (puis à 18h39, El Mundo ayant aussi rafraîchi ses informations dans l’intervalle) : « l’avion algérien n’avait pas le plan de vol approprié pour entrer dans l’espace aérien espagnol ou pour atterrir dans un aéroport de la péninsule, vraisemblablement à Logroño, la ville où Ghali est hospitalisé. Le contrôle aérien militaire a averti l’entrée de l’avion et a demandé aux autorités civiles de procéder à l’expulsion ».
Le verdict
Monté sur des ressorts, Ali Lmrabet a qualifié de mensonges nos informations supputant de plus qu’elles seraient le fruit d’une manipulation commandée par les services (la DGST, puisqu’il associe désormais ce service à notre média depuis qu’on a démonté ses dernières élucubrations à notre égard qu’il a tenté par la suite d’amalgamer avec Barlamane sous les acclamations d’autres journalistes prêts à le croire vaille qui vaille). Il a aussi mis en doute que l’avion était destiné à récupérer le chef du Polisario…

Sauf que toutes nos informations se sont révélées parfaitement exactes. Lmrabet et sa source - bien mal inspirée aussi spécialiste de l’aviation fusse-t-elle -, pourraient-ils affirmer que l’agence Reuters ou qu’El Mundo (pour qui Lmrabet a travaillé dans une autre vie) sont des « affabulateurs » à la solde du renseignement marocain (ou d'autres services) ? Permettez-nous d’en rire alors que des accusations similaires viennent empoisonner depuis des lustres la vie et le travail de journalistes accusés d'agents de la DGSE, de la CIA, du Mossad, du CNI, du MI-6 etc.

Lmrabet a aussi ajouté que Le Desk avait « rétropédalé » lorsque nous avions rapporté plus tard dans la nuit du 1er au 2 juin (encore une fois en avant-première dans la presse) l’identité du second appareil (cette fois français) qui a finalement été dépêché par l’Algérie (depuis Bordeaux) pour rapatrier Brahim Ghali. Encore un coup de canif porté à la vérité, notre information à ce sujet n’étant pas contradictoire avec la première (vol avorté), mais complémentaire (vol de remplacement).

Le vrai problème qu’illustre cette histoire, dépasse en réalité le seul aveuglement haineux, l'inculture crasse et l'incompétence d’un journaliste envers un média. Il renseigne sur la condescendance banalisée que des Marocains (journalistes ou pas) ont pour la presse de leur pays. Il serait ainsi ovniesque que Le Desk obtienne une information à caractère international avant qu’elle ne soit divulguée par la presse étrangère. Cela dépasse l’entendement de certains. C’est pourtant arrivé à quelques reprises, et même une fois pour une révélation relative à un fait de politique intérieure américaine. Fair play, la journaliste du New York Times qui enquêtait sur la même affaire, nous avait ré-attribué le pompon…

Tweet de Lisa Friedman New yYork Times dans l'affaire Scott Pruitt


Mais trop souvent, c’est le déni qui prime, doublé du mépris. Il y a quelques temps, une journaliste espagnole survoltée nous a ri au nez sur Twitter parce-que nous avions debunké ses fake news en les vérifiant auprès du Pentagone. Pour elle, un site d’information aux moyens très limités, basé à Casablanca, n’était pas apte à le faire…

Hier encore, nous attestions que les soldats américains n’allaient pas manœuvrer sur le territoire du Sahara Occidental lors des exercices African Lion ‘21 comme l’avaient prétendu des sources officielles marocaines, dont le chef du gouvernement, Saâdeddine El Otmani qui a fini par supprimer son tweet sans aucune explication. Notre source, citée dans l’article, était le porte-parole du SETAF-Africa de l’armée américaine. L’agence espagnole EFE publiait quasi-simultanément la même information, mais de source officielle différente. Nos confrères marocains ont préféré citer EFE, des internautes nous ont accusés sur Facebook d’avoir plagié EFE sans la citer… Et le média semi-officiel Le360 qui s’est invité sur le tard à la polémique, a saisi (trop facilement) l’occasion pour éreinter le patron du PJD et chef de l’Exécutif. Drôle et affligeant de voir se retrouver au final dans le même camp les récupérateurs et démolisseurs en tout genre…

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Par @MarocAmar
Le Desk Désintox