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n°382.France-Maroc, une ligne à haute tension

18.11.2018 à 20 H 31 • Mis à jour le 18.11.2018 à 20 H 31 • Temps de lecture : 16 minutes
Par et
Le roi Mohammed VI et le président français Emmanuel Macron ont inauguré jeudi 15 novembre le premier TGV d’Afrique et du monde arabe qui relie en deux heures Tanger à Casablanca. Derrière cette inauguration, les liens sacrés entre la France et le Maroc qui ne doivent souffrir d’aucune tension sur la ligne ont été de nouveau célébrés

Onze ans après l’accord franco-marocain conclu sous l'égide de Nicolas Sarkozy, et huit ans après la signature définitive du contrat, le TGV marocain, le premier du genre sur le continent africain, a été inauguré à Tanger jeudi 15 novembre par Mohammed VI et Emmanuel Macron, venu pour une visite de travail de quelques heures. Un projet budgétivore (près de deux milliards d’euros, auquel la France a contribué pour moitié), dont la viabilité économique est contestée, mais voulu avant tout comme une nouvelle vitrine de l’axe Paris-Rabat et un argument pour l'industrie ferroviaire tricolore qui peine à trouver des débouchés à l'export.


Jusqu'à présent, il fallait près de cinq heures pour rallier en train la pointe nord du pays, Tanger, à la capitale économique au nord-ouest, Casablanca, sans compter les retards occasionnés par un fonctionnement en voie unique et d’incessantes pannes techniques souvent dénoncées par les usagers. Ce temps de parcours va être réduit à 2 h 10 grâce aux 200 kilomètres de ligne à grande vitesse construits entre Tanger et Kenitra, et au triplement des voies entre Kenitra et Casablanca pour améliorer la fluidité du trafic. Il sera désormais possible de faire l'aller-retour en une journée, ce qui n'était auparavant envisageable qu'en avion. La date du démarrage de l'exploitation commerciale est prévue fin novembre.


Sur la portion de voie dédiée, les douze rames construites par Alstom circuleront à grande vitesse. L’ONCF, l’office des chemins de fer marocain, prévoit une fréquence d'un train par heure, et dans un proche avenir, un train par demi-heure. L'objectif à terme est de 6 millions de passagers par an. Mais les interrogations demeurent autour de ce super TGV, notamment pour ce qui est de son accessibilité tarifaire dans un pays marqué par la pauvreté, les inégalités sociales et territoriales.


Le TGV Al Boraq avec à son bord Mohammed VI et Emmanuel Macron en gare de Tanger-Ville le 15 novembre 2018. LE DESK


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