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n°739.Le CESE dresse une liste de recommandations pour accélérer la digitalisation

19.01.2022 à 19 H 00 • Mis à jour le 19.01.2022 à 19 H 03
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Dans son dernier avis, le Conseil économique social et environnemental revient sur la digitalisation en cours au Maroc, en dressant une série de recommandations. Les détails

Lors d’une rencontre tenue en mode hybride, le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) a présenté, ce mercredi 19 janvier, son avis intitulé “Vers une transformation digitale responsable et inclusive” .


Cet avis du CESE, élaboré dans le cadre d’une auto-saisine, traite de la digitalisation de l’économie et de l’administration.


Lors de cette rencontre, Ahmed Réda Chami, président du CESE, a souligné l’importance de la transition numérique, et son rôle favorable dans l’amélioration de la qualité des interactions entre citoyens et administrations, l’augmentation de la productivité et de la compétitivité de l’économie, en plus de sa contribution à réduire les inégalités sociales et spatiales.


La digitalisation est un impératif urgent

« Il est important d’ériger l’IA en priorité nationale dans le chantier de la transformation digitale du pays eu égard à son importance capitale, aux plans stratégique et économique et aux réponses qu’elle apporterait aux besoins différenciés des citoyens », a souligné Ahmed Réda Chami.


Désormais incontournable de par le monde, la digitalisation est devenue un moteur de la globalisation des échanges de toute nature, voire un levier déterminant pour réussir toute transformation sociétale et économique dans un pays.


A ce propos, le président du CESE a mis en avant l’importance du digital comme pilier essentiel de transformation stratégique, au regard de son impact transversal sur la gouvernance, la transparence, le bon fonctionnement des services publics, l’inclusion de la population, ainsi que sur la dynamique économique.


État des lieux : entre réalisations et insuffisances

L’ancien ministre a commencé par dresser un état des lieux : « Conscient de l’importance de ce secteur créateur d’opportunités économiques et sociales majeures, notre pays a mis en œuvre, depuis des années, plusieurs stratégies et programmes en vue d’accélérer sa transformation digitale tels que Maroc numérique 2013 et Maroc digital 2020. », a rappelé le patron du CESE.


« Il s’est également doté d’arsenal juridique et d’instances spécialisées en la matière dont l’Agence du Développement du Digital (ADD), la Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données à Caractère Personnel (CNDP) et la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information (DGSSI) », a-t-il ajouté.


Ahmed Réda Chami a également mis l’accent sur les avancées réalisées dans ce sens, notamment en termes d’infrastructures d’accès assurant une bonne couverture Télécom et un accès généralisé à la téléphonie mobile, et en matière de digitalisation de l’administration et de certains secteurs. Il a cité comme exemples, les services bancaires numériques, le paiement des taxes et impôts en ligne, la dématérialisation des procédures douanières, le e- parapheurs, la plateforme “TELMIDTICE”  pour l’enseignement à distance, le bureau d’ordre digital, la mise en place de la plateforme Chikaya, le tribunal à distance pendant le confinement, etc… 


Cependant, les différents efforts fournis et initiatives lancées restent manifestement insuffisants pour assurer les prérequis d’une transformation digitale aboutie et résorber une fracture numérique patente que la crise de la Covid-19 n’a fait qu’exacerber, a fait observer le président du Conseil.


« Plusieurs faiblesses et fragilités peuvent expliquer cette situation notamment un retard accusé dans la mise en œuvre de politiques antérieures de transformation digitale au niveau de plusieurs secteurs tels que l’administration, la santé, l’éducation et l’industrie le caractère parcellaire et parfois inadapté du cadre législatif et réglementaire, notamment en matière de télétravail, une faible couverture géographique en infrastructures Internet haut débit et très haut débit », a-t-il précisé à cet effet.


« Il s’agit également du nombre insuffisant d’acteurs technologiques marocains, de la faible production du contenu digital, culturel et éducatif national, en plus de la feuille de route nationale en matière d’IA qui peine à voir le jour ou à se déployer », a-t-il estimé.


Comment réussir la transition numérique ?

Pour le président du CESE deux prérequis sont nécessaires pour réussir cette transition : « premièrement, assurer, dans un délai maximal de trois ans, un accès généralisé à l’Internet haut débit et très haut débit, à l’ensemble de la population, avec une qualité de service satisfaisante et un prix concurrentiel abordable et deuxièmement, moderniser, dans un délai maximal de trois ans, les services administratifs par la digitalisation de l’ensemble des procédures administratives », a fait savoir le président du CESE.


C’est donc sur la base de ce diagnostic que le CESE a formulé une série de 9 recommandations pour faire du digital un véritable levier de développement économique et social du pays :


  • Assurer, dans un délai maximal de trois ans, un accès généralisé à l’Internet haut débit et très haut débit, à l’ensemble de la population, avec une qualité de service satisfaisante et un prix concurrentiel abordable.
  • Moderniser, dans un délai maximal de trois ans, les services administratifs par la digitalisation de l’ensemble des procédures administratives.
  • Se doter d’un cadre réglementaire complet, adapté et en phase avec l’évolution de la digitalisation au niveau international.
  • Renforcer la cybersécurité et la souveraineté numérique.
  • Accélérer la transformation digitale des entreprises et dynamiser l’industrie du digital en s’appuyant sur des partenariats public-privé (PPP).
  • Promouvoir la recherche et développement en matière de transformation digitale.
  • Mettre en place une politique nationale dédiée à l’intelligence artificielle (IA) en lui accordant la priorité dans le chantier de la transformation digitale au vu de son importance capitale aux plans stratégique et économique.
  • Promouvoir les startups impliquées dans la création d’outils et d’applications numériques dédiés à la promotion du contenu culturel marocain.
  • Accélérer le déploiement du paiement mobile avec l’interopérabilité à l’échelle nationale pour rattraper le retard accusé en matière d’inclusion financière et diminuer l’usage du numéraire.

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