PolémiqueBiennale de Venise : le CRIF s’en prend à Yto Barrada, artiste choisie par la France
Le 24 mars, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) condamne la signature par Yto Barrada d'une lettre ouverte du collectif Art Not Genocide Alliance (ANGA), co-signée par quelque 200 artistes et professionnels, demandant l'exclusion du pavillon israélien de la Biennale de Venise. L'organisation estime que l'artiste, mandatée pour représenter la France, trahit ce mandat et invoque un devoir de réserve.
La réponse est nette. L'Institut français, organisateur du pavillon, confirme le maintien de l'exposition : les positions personnelles de l'artiste n'engagent pas le gouvernement. Selon le quotidien français Le Figaro, le Quai d'Orsay n'envisage aucune intervention. Dans Le Monde, Yto Barrada réplique sans nommer le CRIF : elle affirme avoir été choisie en toute connaissance de ses positions, et rappelle qu'il est bien plus difficile de se trouver au Sud-Liban ou à Ramallah que de subir des pressions sur ses opinions.
Artiste multidisciplinaire exposée au MoMA de New York, à la Tate Modern à Londres, et au Centre Pompidou à Paris, Yto Barrada, franco-marocaine née en 1971 à Paris, a été désignée en novembre 2024 pour le pavillon français à Venise, avec l'aval des ministres Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Rachida Dati (Culture).
Fille du journaliste Hamid Barrada, Yto Barrada est la cofondatrice de la Cinémathèque de Tanger en 2006 – premier centre cinématographique d'Afrique du Nord – et du centre de résidence The Mothership. Dans les années 1990, elle a aussi vécu à Jérusalem-Est, couvrant comme photographe le retour de Yasser Arafat à Gaza.
L'épisode rappelle la controverse de 2022 autour de Zineb Sedira, artiste franco-algérienne accusée de soutenir le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), avant de représenter la France à Venise. Son pavillon avait été maintenu et salué, malgré les pressions du lobby pro-israélien.
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