Finance verteCasablanca, futur hub africain du marché carbone avec le lancement du Green Assets Cluster
Le directeur général de Casablanca Finance City Authority (CFCA), Saïd Ibrahimi, a annoncé ce 8 juillet le lancement officiel du Green Assets Cluster, une initiative stratégique destinée à fédérer les acteurs publics et privés nationaux et internationaux opérant au Maroc autour des enjeux des marchés carbone.
Cette annonce a été faite à l’occasion de la deuxième édition de la conférence « Scaling up carbon market in Africa : Shaping fair and effective markets », un rendez-vous de haut niveau tenu à Casablanca en présence de Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, et de Patricia Llombart Cussac, ambassadrice de l’Union européenne au Maroc.
Porté par CFCA, en partenariat avec la CDG et d’autres institutions de premier plan, le Green Assets Cluster vise à structurer un écosystème autour du marché du carbone en Afrique. Il entend favoriser la génération d’opportunités économiques concrètes, encourager le dialogue politique et institutionnel, renforcer la coopération internationale, promouvoir les instruments de finance carbone et développer les compétences sur toute la chaîne de valeur.
« Notre ambition en la matière consiste à faire de CFC la plateforme de référence pour l'économie du carbone sur le continent, en créant de nouveaux segments de croissance alignés avec l'agenda climatique et le potentiel africain », a déclaré Saïd Ibrahimi. Cette orientation s’inscrit dans la volonté de faire émerger une place africaine de référence capable de structurer les échanges, de porter une voix commune dans les négociations globales sur le climat, et de catalyser les investissements dans les secteurs à fort potentiel de décarbonation.
Pour Khalid Safir, Directeur général du groupe CDG, le développement d’un marché volontaire du carbone intégré, crédible et équitable est aujourd’hui indispensable. « Il peut devenir un outil stratégique de financement climatique, en générant des flux financiers additionnels pour la transition énergétique, l’agriculture durable ou encore la reforestation », a-t-il affirmé.
Safir a rappelé que le marché du carbone a été mis à l’honneur lors de la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, récemment tenue à Séville, comme levier fondamental pour mobiliser les financements au service de la transition écologique. Dans cette perspective, la CDG se positionne comme un partenaire naturel pour structurer ce marché au Maroc, en conformité avec les principes de l’article 6 de l’Accord de Paris et les exigences du mécanisme CORSIA pour le transport aérien international.
Le groupe public entend jouer un rôle actif dans la coordination des parties prenantes, afin de soutenir la compétitivité des entreprises marocaines face au futur mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne, tout en accompagnant la réalisation des engagements climatiques du Royaume dans le cadre des Contributions déterminées au niveau national (CDN).
Au-delà de la volonté de structurer un marché marocain, l’ambition est bien continentale. « Ce que nous avons annoncé aujourd’hui est une première. Je suis convaincu qu’à travers des initiatives collectives de ce type, l’Afrique pourra faire entendre sa voix, non seulement dans les marchés carbone, mais aussi dans la gouvernance climatique mondiale », a souligné Saïd Ibrahimi.
Le soutien à l’émergence d’un marché carbone africain passe aussi par la mise en place d’infrastructures adéquates : plateformes d’échange, régulation, traçabilité, vérification et transparence des crédits. En devenant actionnaire de ce cluster, la CDG entend contribuer à la création de ces fondations, tout en finançant des projets concrets à faibles émissions.
« À travers CFCA, nous pourrons soutenir la création des infrastructures de marché, assurer la transparence, la liquidité et la fiabilité des échanges, et surtout, financer des projets bas carbone », a insisté Safir.
Organisée conjointement par CFCA et la CDG, avec l’appui de l’agence allemande de coopération internationale (GIZ), cette conférence a réuni des décideurs politiques, des investisseurs, des porteurs de projets et des représentants d’organisations internationales. Les débats ont permis de mettre en lumière les conditions nécessaires à l’émergence d’un marché carbone africain équitable : accès au financement, traçabilité des crédits, intégrité environnementale et ancrage territorial.
Les panels ont notamment abordé la question du développement de projets carbone sur le continent, les attentes des acheteurs internationaux, les opportunités pour les investisseurs et le rôle stratégique que peut jouer Casablanca en tant que futur hub régional du marché carbone.
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