NuisibleCriquet pèlerin : le Maroc face à un risque de propagation au début de 2026, selon la FAO
La situation acridienne reste sous étroite surveillance en Afrique du Nord et de l’Ouest. Selon le dernier Desert Locust Bulletin publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les basses températures enregistrées en décembre 2025 ont temporairement freiné la dynamique de l’invasion acridienne dans la région occidentale, sans pour autant éliminer les risques d’une reprise au cours des prochaines semaines.
Au Maroc, des groupes d’adultes matures de criquets pèlerins ont été observés dans le sud du pays, notamment aux alentours de Tan-Tan. Ces foyers s’inscrivent dans un contexte régional marqué par une intensification de l’activité acridienne en Mauritanie et au Sahara où des groupes d’adultes immatures et de petits essaims se sont multipliés le long de la façade atlantique. Certains de ces essaims ont même atteint le nord du Sénégal, illustrant la capacité de dispersion rapide du ravageur.
Les conditions climatiques ont toutefois joué un rôle déterminant. La chute des températures, de l’ordre de 5 à 10 degrés entre mi-novembre et mi-décembre, a ralenti la maturation des populations acridiennes. Ce ralentissement a permis aux autorités nationales de déployer des opérations de lutte intensives avant l’installation d’une troisième génération de reproduction, redoutée pour son potentiel de dégâts agricoles majeurs. Au Maroc, près de 59 942 hectares ont ainsi été traités en décembre, dont une large part par voie aérienne, traduisant l’ampleur de la mobilisation.
La FAO met cependant en garde contre une accalmie trompeuse. Avec la remontée attendue des températures à partir de la seconde moitié de janvier 2026, une reprise de la reproduction demeure possible en Mauritanie et au Sahara occidental. Des groupes d’adultes et de petits essaims pourraient alors migrer vers le nord, atteignant de nouveau le Sud marocain. Le scénario envisagé inclut l’apparition de nouvelles bandes larvaires dès la fin janvier en Mauritanie, puis en février au Sahara occidental, ce qui renforcerait la pression sur l’ensemble du corridor saharo-atlantique.
Dans ce contexte, le Maroc reste classé dans une zone de « menace » nécessitant une vigilance élevée. Les autorités sont appelées à maintenir des opérations de prospection et de lutte à haute intensité, en particulier dans les régions méridionales et présahariennes, afin de prévenir toute extension vers les zones agricoles plus sensibles du centre et du nord du pays. La FAO insiste sur l’importance d’un suivi continu, appuyé par des outils de surveillance satellitaire et des données de terrain en temps réel, pour anticiper les déplacements des essaims et limiter leur impact sur la sécurité alimentaire régionale.
À l’échelle régionale, la situation demeure plus calme en Afrique de l’Est et en Asie du Sud-Ouest, où aucune évolution significative n’est signalée à ce stade. Cette relative stabilité contraste avec la fragilité persistante du front ouest, qui place le Maroc, aux côtés de la Mauritanie et de l’Algérie méridionale, au cœur du dispositif de prévention contre l’un des ravageurs migrateurs les plus destructeurs au monde.
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