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Disparition
Décès de Moulay Zine Zahidi, ancien P-DG du CIH exilé en Espagne depuis 2001

01.01.2021 à 17 H 02 • Mis à jour le 01.01.2021 à 17 H 02
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L’ancien P-DG du CIH (aujourd’hui CIH Bank), exilé en Espagne et au Portugal depuis 2001 est décédé ce 1er janvier à l’âge de 85 ans.


Grand commis de l’Etat, ministre sous Hassan II du Travail et de la Promotion nationale (1983-1985), puis ministre délégué aux Affaires économiques (1985-1992), du Commerce, de l’Industrie et de la Privatisation en 1994, cet ingénieur de formation natif de Marrakech a aussi été le patron de la Cosumar.


Nommé à la tête du Crédit Immobilier et hôtelier (CIH) de 1994 à 1998, Moulay Zine Zahidi avait été au centre de la fameuse « Affaire CIH » au début des années 2000. Sa mission était alors de nettoyer les comptes de cet établissement qui croulait à l’époque sous le poids de plus de 14 milliards de dirhams de créances impayées, pour la plupart issues de prêts accordés à des entrepreneurs bien en cour engagés dans de nombreux projets touristiques dans le Nord du pays.


Un rapport parlementaire sur la gestion de la banque publique publié en janvier 2001 avait révélé de « graves irrégularités » portant sur ces crédits de plusieurs dizaines de milliards de dirhams


L’affaire, confiée à l’époque à la Cour spéciale de justice avait ordonné l’arrestation de Moulay Zine Zahidi, son prédécesseur Othman Slimani (1979-1993) et une vingtaine de cadres de la banque. Faisant l’objet d’un mandat de dépôt, le P-DG avait fui le Maroc vers l’Espagne d’où il avait fait en octobre 2002 des révélations fracassantes au Journal Hebdomadaire. Dans son interview fleuve, il avait apporté des éléments prouvant les interventions de ministres et de conseillers du roi dans les affaires incriminées.


Le banquier y accusait de hautes personnalités de l’appareil de l’Etat d’avoir fait pression sur le CIH pour faciliter des transactions immobilières illicites et entraver le recouvrement de créances de la banque publique auprès d’affairistes proches des premiers cercles du pouvoir.


L’ancien PDG du CIH en cavale y dénonçait aussi la Cour spéciale de justice qu’il jugeait « anticonstitutionnelle » et n’offrant « aucune garantie aux justiciables », selon lui. Cette juridiction avait été dissoute plus tard. Il affirmait aussi dans son interview au Journal Hebdomadaire que le rapport parlementaire sur le CIH avait été expurgé des références aux personnalités politiques qu’il avait citées lors de ses auditions en commission parlementaire et devant les enquêteurs.


La Cour d’appel de Casablanca avait en 2006 condamné par contumace Moulay Zine Zahidi, à 10 ans de prison ferme et à des peines allant de 5 ans de prison ferme à 1 an de prison avec sursis, 13 autres personnes poursuivies dans le cadre de l’affaire CIH pour « dilapidation de deniers publics et mauvaise gestion ».

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Le Desk En continu