Finances publiquesDéficit budgétaire, recettes fiscales, dépenses et financement : la situation des charges et ressources du Trésor au 1er semestre 2025
La situation des finances publiques à mi-parcours 2025 se caractérise par une dynamique favorable des recettes fiscales et non fiscales, contrastant avec une hausse marquée des dépenses, en particulier les charges de fonctionnement. Si le solde ordinaire reste excédentaire, le déficit budgétaire et le besoin de financement enregistrent une progression sensible, soulignant la nécessité pour les autorités de maintenir un équilibre entre relance de l’investissement, gestion prudente des dépenses et optimisation des ressources fiscales.
À fin juin 2025, le déficit budgétaire du Maroc s’est creusé à 31 milliards de dirhams (MMDH), contre 27,5 MMDH un an auparavant. Cette évolution ressort de la dernière publication mensuelle du ministère de l’Économie et des Finances sur la situation des charges et ressources du Trésor (SCRT), qui met en lumière les principales tendances des finances publiques au premier semestre de l’année. Si les recettes fiscales ont affiché une forte progression, les dépenses, notamment ordinaires, ont crû plus rapidement, contribuant à l’élargissement du besoin de financement.
Les recettes du Trésor, nettes des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, ont atteint un niveau équivalant à 49,4 % des prévisions de la loi de finances, enregistrant une hausse de 17,7 % par rapport à la même période de 2024, soit +29,3 milliards de dirhams (MMDH). Cette amélioration est portée principalement par les recettes fiscales, qui se sont élevées à 176,9 MMDH, en hausse de 16,6 %, avec un taux de réalisation de 55,3 %.
L’impôt sur les sociétés (IS) s’est distingué par une progression de 32,9 % à 52,8 MMDH, grâce à une augmentation exceptionnelle des recouvrements spontanés. Le complément de régularisation a atteint 6,8 MMDH et les deux premiers acomptes 7,3 MMDH. Les restitutions au titre de l’IS ont également augmenté à 3,1 MMDH. L’impôt sur le revenu (IR) a progressé de 6,7 MMDH (+22,7 %), à la faveur d’une régularisation volontaire opérée en janvier 2025 (3,8 MMDH) et d’un effort renforcé de l’administration fiscale (1,8 MMDH supplémentaires).
Les recettes de TVA ont affiché une hausse de 3,1 MMDH, portée par la TVA à l’importation (+2 MMDH) et la TVA à l’intérieur (+1,1 MMDH). Toutefois, les restitutions associées ont également augmenté à 7,3 MMDH. Les taxes intérieures de consommation (TIC) ont progressé de 2,2 MMDH (+13,8 %), principalement en raison de la révision des exonérations sur les produits énergétiques. En revanche, les droits de douane ont reculé de 979 millions de dirhams (-10,8 %), tandis que les droits d’enregistrement et de timbre ont gagné 563 millions (+4,9 %).
Par ailleurs, les recettes non fiscales ont connu une amélioration notable de 36 %, atteignant 16,1 MMDH. Bank Al-Maghrib y a contribué à hauteur de 3,9 MMDH, tandis que l’Agence nationale de la conservation foncière a versé 1,5 MMDH.
Les dépenses ordinaires se sont élevées à 177 MMDH, en hausse de 23,7 MMDH par rapport à fin juin 2024. Cette hausse provient essentiellement de l’accroissement des dépenses de biens et services (+25,2 MMDH), réparties entre les charges de personnel (+8,5 MMDH) et les autres biens et services (+16,7 MMDH), avec des taux de réalisation respectifs de 48,2 % et 52,5 %.
Les intérêts de la dette ont progressé de 2,5 MMDH, pour atteindre un taux de réalisation de 46,3 %. Cette hausse provient surtout de la dette intérieure (+2,7 MMDH), tandis que les intérêts sur la dette extérieure ont légèrement baissé (-180 MDH).
En revanche, les charges de compensation ont reculé de 4 MMDH, atteignant un total de 13 MMDH, avec un taux de réalisation de 61,8 %. Cette baisse est liée à la diminution des dépenses en gaz butane (8,3 MMDH, -1,4 MMDH), en sucre (3,5 MMDH, -820 MDH), en farine de blé tendre (1,2 MMDH, -276 MDH) et à la fin de la subvention aux transporteurs routiers (1,6 MMDH un an plus tôt).
Au total, les évolutions combinées des recettes et des dépenses ordinaires ont permis de dégager un solde ordinaire excédentaire de 18,2 MMDH, contre 12,6 MMDH un an auparavant.
Les dépenses d’investissement ont atteint 50,6 MMDH à fin juin 2025, en hausse de 2,4 MMDH par rapport à la même période de 2024. Le taux de réalisation s’établit à 47,9 %, traduisant une exécution conforme à la programmation budgétaire semestrielle.
Le solde des comptes spéciaux du Trésor (CST) s’est établi à un niveau excédentaire de 1,4 MMDH, en nette baisse par rapport aux 8,1 MMDH enregistrés à fin juin 2024. Ce recul reflète une moindre mobilisation des ressources affectées à ces comptes, ainsi qu’un rythme de dépenses plus soutenu en 2025.
Le besoin global de financement s’est accru à 46 MMDH à fin juin 2025, contre 30,5 MMDH un an auparavant. Pour le couvrir, le Trésor a mobilisé 11,7 MMDH sur le marché domestique net des remboursements et a eu recours à des emprunts extérieurs nets de 34,3 MMDH.
Dans le détail, le flux d’endettement intérieur s’élève à 80,2 MMDH en souscriptions, contre 61,6 MMDH en remboursements. À l’extérieur, les tirages atteignent 40 MMDH, dont 20,9 MMDH levés sur le marché financier international, contre 5,6 MMDH d’amortissements.
©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.
-
-
-
LE POINT A 13 H

