Energie verteFortescue projette un méga-« corridor vert » entre le Maroc et l’Europe
L’industriel australien Andrew Forrest patron de la holding Fortescue a fait état d’un ambitieux projet d’énergie verte. Objectif : transformer l’Afrique du Nord, à commencer par le Maroc, en pilier mondial de la transition énergétique. Son plan, révélé dans les colonnes du Telegraph, entend déployer jusqu’à 100 gigawatts de capacité solaire et éolienne sur le continent et connecter cette énergie verte à l’Europe via un câble sous-marin transméditerranéen pouvant transporter jusqu’à 500 Twh d’électricité par an, soit la consommation d’un pays comme l’Allemagne.
L'interconnexion serait renforcée par des batteries de stockage et potentiellement des centrales à hydrogène, garantissant ainsi une alimentation continue et un soutien potentiel à la stabilité du réseau.
Fortescue n'a pas encore confirmé le tracé de l'interconnexion, mais il semblerait que l'électricité destinée à la Grande-Bretagne soit acheminée via d'autres pays intermédiaires d'Europe occidentale.
L'année dernière, la société a signé un accord avec le fabricant belge de câbles offshore Jan de Nul afin d'étudier la possibilité d'usines de fabrication au Maroc.
Il s'agit de la dernière entreprise en date à envisager d'exploiter l'immense potentiel énergétique solaire du Maroc : un projet de 25 milliards de livres sterling (MM£) proposé par son concurrent Xlinks étant également en lice pour le soutien du gouvernement britannique.
Le projet envisagé par Fortescue, encore à ses débuts, pourrait s’étaler sur plusieurs décennies et représenter l’un des investissements privés les plus massifs jamais entrepris dans le domaine des énergies renouvelables en Afrique. Forrest a d’ores et déjà initié des échanges avec les autorités britanniques pour envisager une coopération technologique et logistique sur la future interconnexion électrique sous-marine.
En avril 2024, Fortescue Future Industries (FFI), filiale verte de Fortescue, a signé un partenariat stratégique avec le géant des phosphates OCP qui voit dans cette alliance l’opportunité d'accélérer la production locale d’ammoniac et d’engrais verts, à base d’hydrogène issu de l’énergie solaire. Le partenariat prévoit l’implantation d’un centre de recherche et développement dans la région de Marrakech, destiné à faire du royaume un hub technologique de la décarbonation industrielle.
Forrest ne cache pas son ambition : faire du Maroc le pilier d’un « corridor vert » qui reliera directement les centres de production d’énergie renouvelable à l’Europe, via une infrastructure électrique d’envergure. « C’est là que le soleil est, là où souffle le vent, et c’est là qu’il faut investir », a-t-il confié au Telegraph, en expliquant vouloir répliquer le modèle australien d'exploitation des ressources à très grande échelle.
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