TechGITEX Africa 2026 : Chakib Alj positionne le Maroc en locomotive de la transformation numérique africaine
Lors de la séance inaugurale de la 4e édition du GITEX Africa Morocco, Chakib Alj, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a dressé un tableau volontariste du positionnement marocain. Pour le patron des patrons, le Royaume dispose de tous les fondamentaux nécessaires pour servir de plateforme régionale au service de la transformation digitale africaine. Il a rappelé que le pays s'appuie sur des piliers solides : des infrastructures numériques en constante amélioration, une connectivité internationale de qualité et une stratégie énergétique résolument tournée vers les renouvelables.
Le président de la CGEM a notamment mis en avant la capacité électrique d'origine renouvelable, qui atteint désormais près de 45 % du total installé, avec un objectif porté à 52 %. Ce paramètre devient stratégique à l'heure où les centres de données – indispensables au développement de l'intelligence artificielle – consomment autant d'énergie qu'une ville de taille moyenne. Disposer d'une électricité abondante, stable et décarbonée constitue dès lors un argument d'attractivité majeur pour accueillir ces infrastructures critiques. À cela s'ajoutent des réseaux télécoms performants et une situation géographique unique, au carrefour de l'Europe et de l'Afrique, qui font du Maroc un candidat naturel au statut de hub régional pour les data centers et les services cloud.
Au-delà des atouts nationaux, Chakib Alj a inscrit son propos dans une lecture plus large des mutations continentales. Il a observé que l'Afrique connaît un basculement structurel : longtemps cantonnée au rôle de simple utilisatrice de solutions conçues ailleurs, elle se positionne progressivement comme un territoire de conception et de production technologique. Cette évolution ouvre des perspectives considérables pour des secteurs aussi variés que l'industrie, la finance ou l'agriculture.
Pour que cette transformation se concrétise, le président de la CGEM juge indispensable de miser sur la jeunesse africaine, dont le potentiel reste largement inexploité. Développer des écosystèmes d'innovation capables d'attirer les investissements et de stimuler l'émergence de solutions locales fait partie des conditions à réunir. Dans un monde où la compétition technologique se double d'une compétition d'investissements et de souveraineté scientifique, il a estimé que répondre à la demande mondiale de puissance de calcul nécessiterait environ 5 000 milliards de dollars (MM $) d'investissements dans les data centers d'ici 2030, faisant de ce sujet un enjeu de développement économique et social bien au-delà de la simple question technique.
Le discours de Chakib Alj ne s'est pas limité à une vision optimiste. Il a alerté sur plusieurs zones de vulnérabilité qui accompagnent inévitablement l'accélération numérique. La cybersécurité, l'éthique de l'IA et la montée en compétences figurent parmi les chantiers prioritaires qu'il a identifiés. Sur ce dernier point, il a plaidé pour un renforcement massif des investissements dans la formation, ainsi que pour une intensification de la coopération panafricaine afin d'accompagner cette transformation de manière inclusive.
Par ailleurs, Alj a salué les initiatives portées par des acteurs nationaux, comme l’entreprise marocaine ABA Technology, qui a lancé une plateforme d’IA développée au Maroc, incarnant ainsi le potentiel d’innovation du continent.
De son côté, Amine El Mezouaghi, directeur général de l'Agence de Développement du Digital (ADD), a souligné que le GITEX Africa dépasse désormais le cadre d'un simple salon pour devenir une véritable plateforme économique au service de l'écosystème numérique africain. Il a rappelé la trajectoire remarquable de l'événement en seulement quatre éditions : le nombre de visiteurs et d'exposants a enregistré une hausse de plus de 60 %, le nombre de startups présentes a quasiment doublé, et la participation d'investisseurs et de conférenciers ne cesse de croître.
Le directeur général de l'ADD a également replacé cet élan dans le contexte plus large de la stratégie numérique marocaine, amorcée dès la fin des années 1990. Cette succession de plans et de stratégies traduit, selon lui, une vision cohérente visant à faire du digital un levier central de transformation économique et sociale, conformément aux Hautes Orientations Royales appelant à ancrer une culture des résultats fondée sur les données et les technologies modernes. Le Maroc, a-t-il estimé, ne se contente plus d'accompagner la transformation numérique : il s'engage dans une logique de production et de création de valeur, en misant sur les partenariats, l'investissement et la coopération Sud-Sud pour bâtir un écosystème innovant à l'échelle continentale.
La séance inaugurale a rassemblé un parterre de personnalités de premier plan. Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a rappelé que le secteur numérique marocain est passé d'un budget d'investissement de 11 millions de dirhams (MDH) à plus de 1,7 milliard de dirhams (MMDFH) entre 2021 et 2024. Il a annoncé que le Maroc avait gagné 14 places dans l'indice de préparation gouvernementale à l'IA en 2025, et que le déploiement de la 5G visait une couverture de 45 % de la population d'ici fin 2026. Le pays compte désormais plus de 1,4 million d'abonnements en fibre optique à domicile et a accueilli son premier investissement majeur d'un hyperscaler cloud, générant plus de 700 emplois.
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